Une catastrophe à Bordeaux en 1870

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Parmi les dernières courses du Second Empire, il faut signaler celles qui étaient prévues à Bordeaux au mois de juillet 1870, mais qui, malheureusement, ne purent avoir lieu en raison d’une terrible catastrophe : l’écroulement des gradins.
Voici ce que nous en dit La Petite Gironde, dans son numéro du 20 juillet 1870 :

« CATASTROPHE A BORDEAUX. Voici quelques détails sur le lamentable événement que nous avons annoncé sommairement dans notre dépêche télégraphique d’hier. Des courses landaises étaient annoncées pour dimanche au Parc-Bordelais. Un cirque, entouré de balustrades, avait été disposé pour ce spectacle.
Les places étaient encombrées vers trois heures quand un mouvement d’oscillation, suivi d’un craquement, se fit entendre. Toute l’estrade des troisièmes et une partie des secondes s’affaissaient.
L’affaissement ne se fit pas perpendiculairement, ce qui aurait amené de bien plus grands malheurs encore. L’échafaudage s’écroula lentement par un mouvement en avant comme celui d’un navire que l’on lance, glissant sur sa cale.
En ce moment un cri immense déchira toutes les poitrines. Il faut renoncer à peindre l’effroyable confusion de cette scène déchirante. Les secours ne tardèrent pas à pouvoir être dirigés et quelques moments après la catastrophe, les trop nombreuses victimes étaient retirées des décombres et recevaient les premiers soins. Comment exprimer l’épouvante de la foule, son émotion et sa douleur ? Comment raconter les embrassements des parents, des amis se retrouvant sains et saufs après s’être cherché, en proie aux plus poignantes alarmes ? Comment dépeindre ces mères éplorées accourant par tous les chemins et interrogeant les flots presses de cette foule en deuil ?
On signale beaucoup d’actes de dévouement. Six morts sont déjà à la Morgue.
Le nombre des blessés est au moins de 120. M. Labbé, architecte du département, ajoute Le Courrier de la Gironde avait été appelé à examiner les baraques qui se sont effondrées, il aurait ordonné d’exécuter des travaux de soutènement qui n’ont point été faits. »

Le lendemain, Le Rappel précise que la tribune qui s’était effondrée était celle des places à 1 franc et qu’environ 700 personnes y avaient déjà pris place. Ce journal cite le nombre de 7 morts sur le coup, d’une centaine de blessés et de cinq personnes qui seraient décédées à leur domicile des suites de leurs blessures.

L’Echo Rochelais fournit le 23 juillet plusieurs renseignements supplémentaires:

« NOUVELLES DIVERSES. Terrible événement du Parc-Bordelais. Hier, à trois heures de l’après-midi, un événement terrible est venu jeter la consternation dans la foule immense et joyeuse qui se pressait au Parc pour jouir d’un spectacle nouveau, « les courses des vaches landaises ». Au moment où les écarteurs allaient accomplir leurs prouesses, une oscillation se produisit dans les tribunes des troisièmes ; un cri épouvantable se fit entendre, et 1.500 spectateurs environ furent précipités sur le sol, foulés, étouffés, meurtris, hachés.
Comme on le pense, l’émotion était à son comble, la terreur se répandait, horrible, dans la foule frémissante. Avec la rapidité de l’éclair, ces échafaudages furent enlevés, culbutés, et, spectacle affreux, on ne voyait qu’un horrible mélange
D’os et de chairs meurtries…
De lambeaux pleins de sang et de membres affreux.
Les parties voisines de l’arène étaient encombrées de blessés, de mourants et de morts. Deux cents personnes couraient affolées, contusionnées, et chaque pied d’arbre servait de lit de douleur à soixante personnes environ, plus grièvement blessées qqe les autres. Les secours ont été donnés avec plus de précipitation que de science. Toutes les voilures qui se trouvaient sur le lieu du sinistre ont été requises et utilisées, y compris celle de M. le préfet, qui l’a mise immédiatement à la disposition des blessés, en ordonnant de faire un service rapide et multiplié. Vers quatre heures, la foule a été admise à un spectacle navrant. Trois corps avaient été déposés dans une des salles de l’établissement de M. Jandin. Tristes, recueillis, tous sont passés dans celle chambre ardente sans reconnaître ni un parent, ni un ami, dans ces trois corps tout à l’heure encore remplis de vie. Après cette marche funèbre, les trois cadavres ont été transportés à la Morgue. Les causes de cet accident épouvantable seront débattues et découvertes dans l’enquête ouverte à cet effet. Dans tous les cas et d’avance, nous ne pouvons nous empêcher d’accuser d’incurie l’administration municipale, à qui incombe le soin de sauvegarder la sécurité publique. »

Comme quoi les commissions de sécurité ont toute leur légitimité à parfois être pointilleuses….

 

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Samadet… avant

A l’occasion des 3 jours coursayres de Samadet, ces deux cartes postales des anciennes arènes (non couvertes…), avec notamment un des rares clichés d’escalot à la fin de la course. Sur la première, on peut voir que les refuges étaient sommaires…

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Une course à Saint-Vincent-de-Tyrosse… en 1899 !

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Il faut parfois se méfier de certains titres d’articles et ne pas hésiter à se plonger dans des articles anodins pour trouver des documents nouveaux. C’est le cas de ces clichés assez exceptionnels, en raison de leur ancienneté, qui sont parus dans un numéro de la revue Le Sport universel illustré daté du 8 avril 1899. L’auteur, un certain F. Révil, les a publiés à la fin de son article intitulé « Ferrade et muselade en Camargue », dans lequel il y avait effectivement peu de chances qu’on les y trouve. En réalité, il y fait une comparaison entre courses camarguaises et landaises et en profite pour montrer les clichés que lui-même a pris à « Saint-Vincent-de-Tiros » [sic]. C’était bien sûr avant la construction des arènes en ciment, et je vous montrerai bientôt d’autres photos prises dans ces anciennes arènes en bois. Si vous regardez bien, nos écarteurs ont revêtu des costumes typiques des courses provençalo-landaises ou lando-provençales… et si vous regardez encore mieux, notamment la première image ci-dessous, vous vous apercevrez que nos écarteurs affrontaient encore des vaches aux cornes nues et bien pointues !

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Une course à Saint-Vincent-de-Tyrosse à la fin du 19e siècle

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On trouve parfois des documents là où on ne s’y attendrait pas du tout. C’est le cas de ces clichés assez exceptionnels vus leur ancienneté qui sont parus dans un numéro de la revue Le Sport universel illustré daté du 8 avril 1899. L’auteur, un certain F. Révil, les a publiés à la fin de son article intitulé « Ferrade et muselade en Camargue », dans lequel effectivement il y avait peu de chances qu’on les y trouve. En fait, il y fait une comparaison entre courses camarguaises et landaises et en profite pour montrer les clichés que lui-même a pris à « Saint-Vincent-de-Tiros » [sic]. C’était bien sûr avant la construction des arènes en ciment, et nous reparlerons bientôt de ces anciennes arènes en bois. Si vous regardez bien, nos écarteurs ont revêtu des costumes typiques des courses hispano-landaises ou lando-provençales, et écartent des vaches aux cornes nues et pointues… On peut penser que ces images datent de l’année précédente et ont été prises à l’occasion des fêtes tyrossaises de 1898.

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A Vic-Fezensac en 1841 : mais que fait la police ?

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On peut lire dans le Journal de Toulouse du 1er octobre 1841 cette brève :

« Dimanche 26 [septembre], jour de la fête patronale à Vic-Fezensac, une course de taureaux avait été préparée pour le divertissement de la population indigène et des invités. La disposition du cirque, calquée sur les cirques antiques, était celle-ci : loges au rez-de-chaussée pour les taureaux ; galeries au-dessus pour les spectateurs.

Or pendant que le public battait des mains et que le taureau remplissait son rôle avec succès, les galeries supérieures se sont écroulées, et les spectateurs sont tombés dans les fosses des animaux.

La réalité sanglante aurait probablement succédé à l’innocente fiction, si les fosses n’eussent été vides. Heureusement les taureaux étaient absents, ce qui fait qu’il n’y a eu que quelques contusions à déplorer.

On nous assure qu’il y a aussi à Vic un commissaire de police ; il aurait bien dû s’assurer de la solidité des échafaudages. »

Quand les arènes de Mont-de-Marsan servaient de prison…

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C’était un 15 novembre et nous étions en 1914. Les premiers combats avaient déjà été meurtriers, mais nous n’étions pas encore entrés véritablement dans la guerre de tranchées. Des centaines de soldats avaient été faits prisonniers, et dans les deux camps.
Du côté français, il fallait d’une part les éloigner le plus du front et d’autre part les surveiller étroitement. Mais avant que l’on organise les choses, que l’on construise des camps ou que l’on trouve des baraquements adéquats, l’on dut parer au plus pressé. Ce fut le cas à Mont-de-Marsan, où plusieurs cartes postales de l’époque nous montrent ces prisonniers allemands parqués sous bonne garde dans les arènes désormais vides de tout spectacle taurin.
Le grand périodique illustré de l’époque, Le Miroir, s’en fait l’écho (un écho patriotique bien sûr) dans son numéro du 15 novembre 1914. Voici cette image, une image d’histoire, une histoire qu’on ne voudrait plus connaître…

Et voici quelques-unes des cartes postales dont je vous ai parlé et qui montrent un peu du quotidien de ces soldats qui passèrent la guerre à l’arrière et furent employés à des travaux d’intérêt général. Certaines existent avec le même cliché recadré plus serré.

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Arènes : Arzacq (64)

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Dimanche dernier, les arènes d’Arzacq (aujourd’hui Arzacq-Arraziguet) ont été le théâtre de la présentation de la nouvelle cuadrilla de la DAL. Comme cette carte ancienne le prouve, la passion taurine de ce village béarnais ne date pas d’hier, mais bien d’avant-hier… C’est d’ailleurs une des rares images des courses en Béarn, mis à part Orthez, que l’on connaisse. A l’époque, les arènes semblent rudimentaires, et elles ont la particularité (unique à ma connaissance) d’avoir un arbre intégré à la piste !!! Généralement, ils se contentent d’être dans la contre-piste comme à Nogaro ou à Marciac… Par la suite, des arènes en dur ont été construites et cette plaza a été complètement rénovée en 2005-2006. C’est la Communauté de communes qui a réalisé ces travaux de rénovation, de couverture et d’équipement des anciennes arènes d’Arzacq pour en faire un centre multi activités sportives et culturelles appelé « Arènes du Soubestre ».
Cet équipement est unique dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Pour plus de détails sur cette réalisation, voir le site :
http://www.archistructures.org/r_arzacq.htm

En prime, une deuxième très rare carte concernant l’histoire de la course landaise à Arzacq, avec un écart, semble-t-il, devant une vache nouvelle sans corde :

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et enfin une vue aérienne de ces arènes (Editions Lapie) avant qu’elles ne soient couvertes:

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