Une course à Saint-Vincent-de-Tyrosse… en 1899 !

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Il faut parfois se méfier de certains titres d’articles et ne pas hésiter à se plonger dans des articles anodins pour trouver des documents nouveaux. C’est le cas de ces clichés assez exceptionnels, en raison de leur ancienneté, qui sont parus dans un numéro de la revue Le Sport universel illustré daté du 8 avril 1899. L’auteur, un certain F. Révil, les a publiés à la fin de son article intitulé « Ferrade et muselade en Camargue », dans lequel il y avait effectivement peu de chances qu’on les y trouve. En réalité, il y fait une comparaison entre courses camarguaises et landaises et en profite pour montrer les clichés que lui-même a pris à « Saint-Vincent-de-Tiros » [sic]. C’était bien sûr avant la construction des arènes en ciment, et je vous montrerai bientôt d’autres photos prises dans ces anciennes arènes en bois. Si vous regardez bien, nos écarteurs ont revêtu des costumes typiques des courses provençalo-landaises ou lando-provençales… et si vous regardez encore mieux, notamment la première image ci-dessous, vous vous apercevrez que nos écarteurs affrontaient encore des vaches aux cornes nues et bien pointues !

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Une course à Saint-Vincent-de-Tyrosse à la fin du 19e siècle

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On trouve parfois des documents là où on ne s’y attendrait pas du tout. C’est le cas de ces clichés assez exceptionnels vus leur ancienneté qui sont parus dans un numéro de la revue Le Sport universel illustré daté du 8 avril 1899. L’auteur, un certain F. Révil, les a publiés à la fin de son article intitulé « Ferrade et muselade en Camargue », dans lequel effectivement il y avait peu de chances qu’on les y trouve. En fait, il y fait une comparaison entre courses camarguaises et landaises et en profite pour montrer les clichés que lui-même a pris à « Saint-Vincent-de-Tiros » [sic]. C’était bien sûr avant la construction des arènes en ciment, et nous reparlerons bientôt de ces anciennes arènes en bois. Si vous regardez bien, nos écarteurs ont revêtu des costumes typiques des courses hispano-landaises ou lando-provençales, et écartent des vaches aux cornes nues et pointues… On peut penser que ces images datent de l’année précédente et ont été prises à l’occasion des fêtes tyrossaises de 1898.

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A Vic-Fezensac en 1841 : mais que fait la police ?

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On peut lire dans le Journal de Toulouse du 1er octobre 1841 cette brève :

« Dimanche 26 [septembre], jour de la fête patronale à Vic-Fezensac, une course de taureaux avait été préparée pour le divertissement de la population indigène et des invités. L disposition du cirque, calquée sur les cirques antiques, était celle-ci : loges au rez-de-chaussée pour les taureaux ; galeries au-dessus pour les spectateurs.

Or pendant que le public battait des mains et que le taureau remplissait son rôle avec succès, les galeries supérieures se sont écroulées, et les spectateurs sont tombés dans les fosses des animaux.

La réalité sanglante aurait probablement succédé à l’innocente fiction, si les fosses n’eussent été vides. Heureusement les taureaux étaient absents, ce qui fait qu’il n’y a eu que quelques contusions à déplorer.

On nous assure qu’il y a aussi à Vic un commissaire de police ; il aurait bien dû s’assurer de la solidité des échafaudages. »

Quand les arènes de Mont-de-Marsan servaient de prison…

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C’était un 15 novembre et nous étions en 1914. Les premiers combats avaient déjà été meurtriers, mais nous n’étions pas encore entrés véritablement dans la guerre de tranchées. Des centaines de soldats avaient été faits prisonniers, et dans les deux camps.
Du côté français, il fallait d’une part les éloigner le plus du front et d’autre part les surveiller étroitement. Mais avant que l’on organise les choses, que l’on construise des camps ou que l’on trouve des baraquements adéquats, l’on dut parer au plus pressé. Ce fut le cas à Mont-de-Marsan, où plusieurs cartes postales de l’époque nous montrent ces prisonniers allemands parqués sous bonne garde dans les arènes désormais vides de tout spectacle taurin.
Le grand périodique illustré de l’époque, Le Miroir, s’en fait l’écho (un écho patriotique bien sûr) dans son numéro du 15 novembre 1914. Voici cette image, une image d’histoire, une histoire qu’on ne voudrait plus connaître…

Et voici quelques-unes des cartes postales dont je vous ai parlé et qui montrent un peu du quotidien de ces soldats qui passèrent la guerre à l’arrière et furent employés à des travaux d’intérêt général. Certaines existent avec le même cliché recadré plus serré.

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Arènes : Arzacq (64)

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Dimanche dernier, les arènes d’Arzacq (aujourd’hui Arzacq-Arraziguet) ont été le théâtre de la présentation de la nouvelle cuadrilla de la DAL. Comme cette carte ancienne le prouve, la passion taurine de ce village béarnais ne date pas d’hier, mais bien d’avant-hier… C’est d’ailleurs une des rares images des courses en Béarn, mis à part Orthez, que l’on connaisse. A l’époque, les arènes semblent rudimentaires, et elles ont la particularité (unique à ma connaissance) d’avoir un arbre intégré à la piste !!! Généralement, ils se contentent d’être dans la contre-piste comme à Nogaro ou à Marciac… Par la suite, des arènes en dur ont été construites et cette plaza a été complètement rénovée en 2005-2006. C’est la Communauté de communes qui a réalisé ces travaux de rénovation, de couverture et d’équipement des anciennes arènes d’Arzacq pour en faire un centre multi activités sportives et culturelles appelé « Arènes du Soubestre ».
Cet équipement est unique dans le département des Pyrénées-Atlantiques. Pour plus de détails sur cette réalisation, voir le site :
http://www.archistructures.org/r_arzacq.htm

En prime, une deuxième très rare carte concernant l’histoire de la course landaise à Arzacq, avec un écart, semble-t-il, devant une vache nouvelle sans corde :

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et enfin une vue aérienne de ces arènes (Editions Lapie) avant qu’elles ne soient couvertes:

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Cassen (40) : tribunes et loges

C’est sur le superbe site réalisé par Hervé Coudroy et ses collaborateurs sur le pays d’Auribat que l’on trouve l’histoire des différents lieux (place, arènes) dédiés à la course landaise dans le petit village chalossais de Cassen (http://www.auribat.com/terre_histoire_commune.php). Voici ce qui en est dit:

« La place de course

De temps immémoriaux, la place de course du village était située dans un point où aboutissent six chemins vicinaux et ruraux, vraisemblablement entre les maisons Jouanlanne et Ceytère. En 1833, considérant que « la place de la course aux taureaux intercepte la voie publique et cause annuellement des dépenses de réparations et fourniture de bois extrêmement onéreuses », François Geoffroy décide d’établir cette place sur la lande dans un bas-fond situé devant le presbytère. En 1834, les jeunes gens de Cassen pressent le maire de précipiter les opérations, en vue de la fête patronale. « Je suis cuit, recuit, bouilli et rebouilli si je ne tiens pas la promesse que je leur ai faite. » avoue Geoffroy. Le 6 mai, ayant respecté les délais, le maire s’enorgueillit de « sa » nouvelle place de course. « J’ai placé le théâtre de ces plaisirs (« les bruyants plaisirs de la jeunesse ») sous l’œil scrutateur de notre curé. Non loin du presbytère, sont la place de course et la salle champêtre de danse. Point de folies, point de sottises diront les jeunes gens, Monsieur le Curé n’est pas loin, il peut nous voir. Cette pensée leur inspirera plus de crainte, plus de modération que la présence de deux brigades de gendarmerie.L’année suivante, il écrit de nouveau : « Je leur (mes étourdis de jeunes gens) fais faire des arènes. Nîmes, Vérone ne présentent rien d’aussi beau ».
Vers 1850, en dépit des dépenses importantes engagées quinze ans plus tôt, la place est reportée au lieu qu’elle occupait précédemment. En 1862, le terrain de la place de course construite sous Geoffroy père est concédé à la fabrique paroissiale. L’abbé Farbos évoque ce « carré de Lanot qui est devant la maison curiale et où jadis on donnait des amusements scandaleux pour faire niche aux curés ». En 1865, durant deux dimanches consécutifs, tous les jeunes de la commune se rendent en corps au domicile du Maire pour lui exprimer leur ardent désir et l’absolue nécessité d’une nouvelle place de course. Le bosquet communal, situé en face de la maison commune, offre un emplacement idéal. Malgré les réticences de plusieurs conseillers municipaux, le maire Geoffroy, allié de la jeunesse, emporte la décision finale et la troisième place de course du village est construite à l’emplacement approximatif du monument aux morts actuel. Les arènes se délabrent rapidement. Dès 1891, le conseil décide d’effectuer certaines réparations indispensables « pour que les jours de la fête locale, le public fût à l’abri de tout accident ».
L’année suivante, le conseil prend la décision de construire de nouvelles arènes pour répondre à une demande de « la population tout entière ». Cette quatrième place de course est édifiée en 1896 par le charpentier Lucien Molia, de Bélair. »

Il s’agissait en fait de simples tribunes sur loges, classiques dans les petits villages d’alors, mais dont beaucoup ont malheureusement disparu, comme d’ailleurs celles de Cassen… Il nous en reste cependant quelques images des années 1930 et 1950, que voici :

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Arènes : Campagne (40)

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Les anciennes arènes de Campagne (vers 1950)

Il semble que, dès le milieu du 19e siècle, des courses sont organisées au centre du village grâce à des structures éphémères. Des amphithéâtres plus permanents sont construits en 1905, ou du moins la partie loges et tribunes. En 1947, avec l’aide d’entreprises locales et de beaucoup de bénévoles, celle-ci sera étoffée de gradins permanents, puis couverte en 1949. Mais, à partir de 1993, en raison de la difficulté de leur entretien et des nouvelles normes de sécurité, la municipalité ne peut les sauvegarder et elles sont détruites en 1997.

Au début des années 2010, sous la houlette de son maire Christian Nolibois, le projet de construction d’une structure en dur repart, et grâce de nouveau au travail des bénévoles et de quelques mécènes, de nouvelles arènes voient le jour. Elles sont inaugurées le 31 mars 2013 par Alain Vidalies, alors ministre délégué chargé des relations avec le parlement, et prennent le nom de « Christian Nolibois », l’ancien maire décédé brutalement en 2011.