Léonard Cantegrit, dit « Le Manchot »

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Il y a exactement 160 ans, le 29 août 1860, naissait à Amou Léonard Cantegrit. Il y décéda le 31 mars 1906. Voici quelques éléments de sa carrière.

« Dans sa jeunesse, à la suite de l’explosion d’une lampe, il perdit en grande partie l’usage de son bras gauche »
« A ses débuts en 1878, Le Manchot est une révélation. Chez lui, souplesse, ardeur, courage et vista sont innés. Dès ses premières courses, il fait preuve d’une maîtrise inégalable qui le propulse au premier rang, éclipsant même les ténors de l’époque. En 1883, année de son apogée, Le Manchot remporte 20 premiers prix et 2 seconds prix pour les 22 courses auxquelles il participe. Cette année-là, pour les fêtes d’Hagetmau, (…) Le Manchot va réaliser le lundi un exploit peu banal : sous une pluie diluvienne, pressé par les boulangers d’Amou, son village, il assure à lui tout seul la sortie de toutes les vaches. A la fin de la course, le grand maître Jean Chicoy, présent dans les gradins, lui donna l’accolade sous les vivats du public. Toujours la même année, à Plaisance-du-Gers, il renouvelle cet exploit, se permettant le luxe d’affronter dix fois « à monter-descendre » la terrible Caracola (…). Mais en 1884, chez lui, à Amou, Le Manchot est grièvement blessé par l’autre « monument » de l’époque, la non moins terrible Volontaria du ganadero Dubecq d’Estibeaux. (…) Une fois rétabli, il renonce au boléro, en 1885. »
Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 81 et 358-359 (avec l’aimable et amicale autorisation de son regretté auteur) ; photographie reproduite dans l’ouvrage du Centenaire de la Mutuelle des toreros landais.

Août 1894 : les courses à Maubourguet (65)

Parmi les trésors communiqués par un de mes correspondants de Maubourguet, se trouve cette superbe affiche historique. Elle donne le programme des fêtes des 18, 19 et 20 août 1894, marquées notamment par l’inauguration des nouvelles arènes. La grande course landaise du dimanche était assurée par le bétail de Barrère, qui était opposé à trois cuadrillas « composées de l’élite des écarteurs landais », sans plus de précision. Pour le lundi, on signalait simplement la reprise des courses « de taureaux » « avec un bétail entièrement renouvelé »… Deux autres animations à noter : la distribution de pain aux indigents du dimanche matin, et l’ascension de la montgolfière « La Walkyrie » en clôture du lundi soir. Quant à la petite gravure décorant l’angle supérieur de cette affiche, elle représente non pas un écart, mais le fameux « saut de la garrocha » réalisé par un acteur en habit de matador.

C’est, à ma connaissance, le plus ancien document concernant cette ville taurine des Hautes-Pyrénées.maubourguet_1891

Eugène SABON (Jean JAYMES, dit)

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Il y a près de 40 ans, décédait à Saint-Pierre-du-Mont, le 3 août 1982, l’écarteur « Eugène Sabon ». Il s’appelait en fait de son vrai nom Jean Jaymes et était né à Saint-Gor le 13 juillet 1894. Voici quelques éléments de sa biographie.

« Après ses débuts, le 15 août 1913, à Roquefort, devant les coursières de Duluc, le ganadero de seconde de Mant, Sabon s’illustre à Arboucave où il remporte le 1er prix de 50 fr. En 1914, on le retrouve dans les cuadrillas du Syndicat des toreros. Peu de courses formelles, mais 3 premiers prix (…). Après la grande guerre, de 1919 à 1921, Sabon « l’intrépide » est équipier chez le ganadero Lafitte et attire l’attention des aficionados avec ses 120 écarts pour une victoire sur deux jours à Nogaro, ses 73 à Condom puis ses 95 en un jour à Saint-Justin en 1920 ! Cette année-là, il décroche le premier prix de 600 fr. lors de l’inauguration des nouvelles arènes de Bordeaux, les 6 et 7 novembre. A noter en [19]21, ses 81 écarts le premier jour et 65 le deuxième aux fêtes d’Orthez et les 86 le dimanche et 64 le lundi à celles de Tartas. Ces dernières performances lui valent d’être engagé par Coran pour l’année suivante. Mais en [19]23, il le quitte pour rejoindre la cuadrilla de Joseph Barrère, le maître ganadero de l’époque (…). Même s’il n’est qu’un écarteur moyen et pas très élégant, Sabon se révèle plaisant et sympathique, faisant preuve souvent de pas mal de cran et de courage, travaillant durement pour remporter quelques premiers prix (…). Après un séjour d’une année chez Grit et Curon qui montent en formelle en [19]26,  il reviendra définitivement chez le ganadero de Buros où il terminera sa carrière en 1935.
Son meilleur souvenir : le premier prix à Eauze en 1914 devant le Suisse, doté de 220 fr-or, d’une palme et d’un louis de 20 fr., suivi du retour triomphal sur les épaules de ses admirateurs jusqu’à l’hôtel. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 495 (avec l’aimable et amicale autorisation de son regretté auteur)

C’était un 22 juillet, à Tyrosse… en 1929

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D’après les indications manuscrites sur l’image, cette photographie a été prise le 22 juillet 1929, dans les arènes (peu garnies…) de Saint-Vincent-de-Tyrosse. C’est toujours agréable d’avoir ces précisions de date et de lieu pour que les documents prennent toute leur valeur. D’après le dictionnaire de l’ami Gérard Laborde, le sauteur Jean-Pierre Darricau commençait à peine cette année-là ses débuts en formelle à l’âge de 28 ans!!!

Pub et Course landaise

Dans la première moitié du 20e siècle, de nombreuses images publicitaires circulaient sous forme de gravures, de « chromos » comme on les appelle. On se souvient de celles qu’on trouvait dans les tablettes de chocolat, mais avant, beaucoup de magasins ou de produits diffusaient leur publicité sous cette forme. Elles font aujourd’hui l’objet de collections par séries ou par marque. J’en ai trouvé 3 concernant la course landaise, et il est intéressant de voir comment notre sport était représenté par des gens qui, de toute évidence, n’en avaient qu’une connaissance sommaire.
Ce qui frappe tout d’abord, c’est que l’élément qui semble essentiel est la perche, la fameuse « garrocha », que nos sauteurs ont effectivement utilisée à l’occasion mais très rarement. C’était en revanche un instrument privilégié et incontournable dans les courses de type provençal.
Quant aux bérets de nos Landais, ils sont majoritairement rouges, à l’image du traditionnel couvre-chef des Basques… Jugez par vous-mêmes !

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