Les cuadrillas il y a 100 ans…

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A l’heure du mercato et de la recomposition des cuadrillas, un petit coup d’œil dans le rétroviseur pour voir quelle était la situation des cuadrillas au lendemain de la Grande Guerre.

La Tuile nous en fournit l’illustration. Elle nous présente les 3 grands chefs d’alors, 3 « rois de l’arène » d’avant-guerre :

1) Joseph Koran, qui dirigeait la cuadrilla attachée au nouveau ganadero d’Aignan Paul Ladouès ; on retrouvait à ses côtés Moreno, Suisse, Picard, Oscar, Bras-de-Fer, Candau et le cordier Eugène Kroumir, dit Flam ; il faut y rajouter le fameux Bamboula, chargé d’exécuter la suerte de Don Tancredo pendant les intermèdes ; Koran achètera des camarguaises à la fin de l’été et montera sa propre ganaderia en fin de cette saison 1920 ;

2) Giovanni l’Italien, attaché au grand ganadero Joseph Barrère qui réunira cette année-là son troupeau à celui de Portalier, avec Henry Meunier, Guichemerre, Montois, Mazzantini, Biscard, Despouys II et le sauteur Faber ; s’y rajoutera en cours de saison Lacoste II ;

3) et enfin l’écarteur de Villeneuve-de-Marsan Camille Couralet, attaché au nouveau ganadero d’Eauze Jean-Joseph Lafitte, avec Cantegrit, Lalanne, Minville, Morlaës, Sabon, le cordier Martial « plus deux éléments qui n’ont pas reparu depuis 1914″…

Voici la publicité du ganadero Lafitte à cette époque :

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La cuadrilla Passicos vers 1900

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Grâce à Gérard Laborde et à ses trésors, voici une des grandes cuadrillas d’avant la guerre de 1914. Il s’agit de celle attachée (au moins quelque temps) à la ganaderia qu’Edouard Passicos avait montée à partir de 1901. On sait qu’à cette époque, les écarteurs changeaient très régulièrement de cuadrilla car les ganaderos s’attachaient généralement les services de tel ou tel pour une année seulement. Je publierai dans des articles à venir quelques-uns des contrats que j’ai pu retrouver de cette époque.

L’intérêt de cette image est qu’elle comporte l’identification de certains des écarteurs formant cette cuadrilla. Au 1er rang, au centre, on trouve le cordier Hainx, avec à sa gauche Mouchès (ou Mouchez) dit Pelouï, puis Maxime et Picard; au 2e rang, au-dessus de ce dernier on reconnaît Giret.

Il est intéressant de noter ce que M. Passicos lui-même pensait de certains de ces hommes lors de leur première année de course, d’après ce qu’en rapporte Clic-Clac dans son Histoire des courses landaises :

« 1° Maxime.- Celui-ci, dit M. Passicos, je le prends pour le roi de l’époque tauromachique. Pour moi, il n’a pas de rival ; Maxime fait toujours un très joli travail ; il écarte toujours avec calcul et ne se dérange jamais. Il attaque indistinctement toutes les bêtes, et règle son travail selon ses aptitudes et les qualités de la vache. Son coup d’oeil est sûr et il est rarement pris.

2° Giret.- Je place au deuxième rang Giret, qui a un travail très suivi, quoique pas toujours parfait. (…)

7° Hainx.- Est devenu un très bon teneur de corde. Il a vite compris son métier. Tout en sauvegardant les hommes, il évite les coups de corde violents qui souvent troublent la beauté du jeu et faussent les vaches. »

La présentation des cuadrillas… en 1907

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C’était il y a exactement 110 ans, dans La Talanquère !!! Voici la belle présentation des 3 grandes cuadrillas qui allaient se livrer une lutte acharnée durant la temporada 1907 : Dubecq, Barrère et Portalier. Les hommes de Joseph Barrère étaient un peu les « Américains » de l’époque, avec les Giovanni, Fillang, Lafau, Darracq et pour teneur de corde Kroumir II, dit Flam, que l’on reconnaît en haut à gauche à sa superbe moustache.