Les premières femmes écarteurs

Au lendemain du 8 mars, mais toujours dans la semaine des droits de la femme, voici quelques éléments sur les toutes premières femmes écarteurs au 19e siècle.

D’après le Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde, c’est une certaine « Mariquita » qui, la première, va fouler le sol d’une plaza en course landaise, mais pas encore dans notre région. Cela se passait à Nîmes en 1875, et Mariquita faisait alors partie de la cuadrilla des frères Dufau. Mais nous n’avons pu trouver aucun autre élément sur sa carrière.

On connaît également très peu de choses sur celle qui fut la première femme écarteur de l’histoire de la course landaise à officier dans notre région. Son nom lui-même est n’est pas sûr, les uns l’écrivant « d’Arfeuil », et les autres « Darfeuille ». Voici tout ce qu’on pouvait lire dans La Course landaise en 1911 : « En 1898, le 1er mai, Liane d’Arfeuil débuta à Mont-de-Marsan. Plusieurs places landaises et gersoises ont vu travailler cette femme torera. » Gérard Laborde, de son côté, a trouvé une autre mention qu’outre ces prestations, « en 1898, à Bayonne, le 2 juin, Liane Darfeuil venue du Midi, devait exécuter 4 magnifiques écarts dignes de Hains, l’un des grands de l’époque, devant la terrible Curiosa de Bacarisse ».

Il semblerait donc qu’aussi bien Mariquita que Liane aient été des produits provençaux et non gascons… et que leur carrière à toutes les deux ait été très brève !

femme

Publicités

Mort pour la France : Dunoguié (Jean-Baptiste, dit Gustave), dit Beaufort

cel_poilu

Né à Pontonx-sur-l’Adour le 2 février 1879, ce domestique porte le n° 583 au recrutement à Mont-de-Marsan. Il effectue son service militaire normal entre 1900 et 1903, et participe notamment à des campagnes en Algérie en 1902-1903. Il en sort caporal et avec un certificat de bonne conduite.
Rappelé à l’activité en vertu du décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il arrive au corps le 4 août 1914, où il est affecté au 141e régiment d’infanterie. Passé au 113e en février 1918, puis au 9e bataillon de tirailleurs marocains en mai suivant, il décède à la suite de blessures par balle le 10 août 1918 à Berny-en-Santerre (Somme).
Il avait déjà été blessé une première fois par éclat d’obus le 31 janvier 1915, et avait eu à cette occasion une citation à l’ordre du régiment : « Excellent gradé très courageux, plein d’allant et de vaillance ; blessé en défendant le saillant de Cambrin le 30 janvier 1915 ; revenu au front quelques jours après ». Il avait été décoré de la croix de guerre. Il est enterré à la nécropole nationale de Montdidier (Somme), tombe n° 82.

Voici quelques éléments sur sa carrière :
« Bon écarteur du début du XXe siècle. Tout jeune, avec la cuadrilla de Joseph Hains, il participe à la course de bienfaisance donnée à Dax, le 17 octobre 1897, au profit des écarteurs Camiade dont la maison a brûlé. […] En 1901, pour les fêtes de la Saint Jean, à Saint-Sever, il empoche le 4e prix devant le redoutable bétail du ganadero Bacarisse, tout comme à Dax, le 12 octobre de l’année suivante. En 1904, alors qu’il est toujours une tête de la cuadrilla du ganadero de Cauna, on le retrouve à l’affiche de diverses places du Midi, dont Béziers, le 17 avil, notamment, avec le ganadero dacquois Passicos. Puis, il signe avec les ganaderos Dubecq et Portalier, en 1906, année où Beaufort obtient quelques bons résultats, notamment à Bayonne, le 17 avril, où, « ayant raisonnablement travaillé », il remporte le deuxième prix de 60F, tout comme celui de Rion-des-Landes. A signaler aussi ses bonnes prestations à Aire-sur-l’Adour, […] à Montfort-en-Chalosse, au Houga ou encore à Soustons. Cette même saison, il sera sélectionné pour participer, le 6 mai, à Mont-de-Marsan, au premier concours de l’histoire, face aux douze meilleures vaches des 3 ganaderos de formelle de l’époque ; et avec un premier prix, 4 deuxièmes prix et 1190F de gains pour 22 courses, Beaufort pointera à la 18e place au classement. L’année suivante, sa dernière, en formelle, il sera l’un des piliers de la cuadrilla Lalanne, toujours en contrat avec le ganadero d’Estibeaux  ».
Éléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Éditions Gascogne, 2008), p. 44 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Mort pour la France : Tailleur (Pierre)

cel_poilu

Né le 3 février 1878 à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), ce menuisier de son état porte le n° 1367 au recrutement à Pau. Arrivé au corps le 4 août 1914, il est affecté au 143e régiment territorial d’infanterie et obtient le grade de sergent le 28 mai 1915. Passé au 31e bataillon de chasseurs à  pied le 1er juillet 1917, il est évacué le 28 novembre 1917 et décède le 30 novembre 1917 à l’hôpital complémentaire 81 de Coulommiers (Seine-et-Marne), à la suite d’une maladie contractée en service commandé. Il est inscrit sur le livre d’or d’Orthez et son nom figure sur le monument aux morts de cette ville. Il est inhumé au carré militaire du cimetière communal de Coulommiers (Seine-et-Marne).

Comme beaucoup de ses collègues écarteurs vaillants et courageux durant ce conflit, il avait été cité à l’ordre de la brigade, ordre n° 66 du 5 octobre 1916 : « Très courageux, très dévoué, toujours volontaire pour l’accomplissement des missions périlleuses, s’est distingué pendant les attaques du 7 au 19 septembre 1916 en accompagnant des corvées de ravitaillement sous de violents bombardements ». Il avait été décoré de la croix de guerre, étoile de bronze.

La Course Landaise, dans son numéro de mars 1918, écrit : « L’écarteur landais Tailleur, trois fois cité à l’ordre de l’armée, est mort pour la Patrie en novembre 1917. Originaire d’Orthez, il suivit autrefois les novilladas d’Arthez, Amou, Orthez, Hagetmau, et suivit le troupeau Dubecq en 1905. »

Voici quelques éléments sur sa courte vie d’écarteur :
« Participant à quelques courses formelles chaque saison, Tailleur apparaît au classement des écarteurs avec 88F de gains pour 6 courses. En 1909, 121F pour 8 courses et une 60e place sur 146 toréadors recensés cette saison-là et l’année suivante, Tailleur est encore 66e sur 141 ».
Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 510 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

 

Mort pour la France : Méro (René Bertrand Barrouillet, dit)

Il est né le 1er août 1887 à Coudures (Landes), et porte le n° matricule n° 906 au recrutement de la classe 1907 à Mont-de-Marsan. Il est alors sans profession déclarée.

Il avait fait son service normal du 7 octobre 1908 au 25 septembre 1910 au 133e RI avec certificat de bonne conduite, et il est rappelé à l’activité en vertu du décret du 1er août 1914 (mobilisation générale). Arrivé au corps le 4 août 1914 (123e RI), il passe au 144e RI le 29 août 1914 puis au 6e RI le 25 juillet 1916. Il est porté disparu le 20 août 1917 à Louvemont (Meuse), date à laquelle son décès est fixé par jugement déclaratif rendu par le tribunal de Bordeaux du 25 janvier 1922. Il a été inhumé dans la nécropole nationale de Bras-sur-Meuse (55) (tombe 2131).
Au début des années 1910, il avait quitté et les Landes et la course landaise pour s’installer à Bordeaux comme cafetier. C’est ce qui explique que son nom figure sur le mémorial des morts de la Grande Guerre de Bordeaux (place du 11 novembre), ainsi qu’au livre d’or de la ville, et que son village natal l’ait oublié : son nom n’est porté ni sur le livre d’or de Coudures, ni sur le monument aux morts, ni sur la plaque à l’intérieur de l’église.

Voici quelques éléments sur sa carrière d’écarteur.

« Méro, de Coudures, se révèle en 1910 dans la cuadrilla dirigée par Mazzantini attachée au troupeau du ganadero Portalier ; remportant un premier prix et 2 deuxièmes, (…) il pointe à une honorable 20e place au classement. Ce bon parcours lui vaudra d’être engagé parmi les têtes de la cuadrilla de chez Passicos la saison suivante. Malheureusement, il devait disparaître sur le front lors de la grande guerre. »
On connaît donc encore très peu de choses sur cet écarteur. Il nous reste cependant l’image de ce très bel écart réalisé dans les arènes de Mont-de-Marsan et immortalisé par Bernède.

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 386 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

bernede_24

Palmarès du Championnat de France des écarteurs depuis 1956

1956.jpg

Le podium du 1er championnat de France en 1956:
de g. à dr. : Saint-Martin (3e), Forsans (2e) et Maxime (champion de France)

Année Champion de France Vice-champion
1956 MAXIME Robert FORSANS Marcel
1957 MAXIME Robert ATANO Jérôme
1958 MICHEL I FORSANS Marcel
1959 MICHEL I MAXIME Robert
1960 BARERE Jo
MAXIME Robert
1961 LEY Jean Claude FORSANS Marcel
1962 DARRACQ II DUFAU
1963 RAMUNCHO FORSANS Marcel
1964 LEY Jean Claude FORSANS Marcel
1965 RAMUNCHITO DARRACQ Christian
1966 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1967 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1968 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1969 RAMUNCHITO MARC-HENRI et DARRACQ
1970 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1971 RAMUNCHITO DUCAMP Michel
1972 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1973 RAMUNCHO RAMUNCHITO
1974 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1975 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1976 BERGEZ Michel RAMUNCHO
1977 RAMUNCHITO RAMUNCHO
1978 DUCASSOU Gilbert MARC-HENRI
1979 BORDES Didier DUCASSOU Gilbert
1980 LABORDE Jean Claude BORDES Didier
1981 LABORDE Jean Claude DESCAZAUX Philippe
1982 MARC-HENRI RAMUNCHO
1983 NOGUEZ Alain RAMUNCHITO
1984 LAPLACE Didier CASSIEDE
1985 BORDES Didier TRUCHAT Janick
1986 RACHOU LATAPY Didier
1987 RACHOU RAMUNCHO
1988 RACHOU GOEYTES Didier
1989 GOEYTES Didier RACHOU
1990 GOEYTES Didier BERGAMO Thierry
1991 DUSSAU Christophe BERGAMO Thierry
1992 BERGAMO Thierry JANICK
1993 BERGAMO Thierry JANICK
1994 DUSSAU Christophe JANICK
1995 BERGAMO Thierry DESCAZAUX Philippe
1996 LALANNE Jean-Marc DESCAZAUX Philippe
1997 DUSSAU Christophe LALANNE Jean-Marc
1998 DUSSAU Christophe BERGAMO Thierry
1999 GOEYTES Didier DUSSAU Christophe
2000 DUSSAU Christophe VIC Alexandre
2001 DUSSAU Christophe DUCASSE Jean Pierre
2002 DUSSAU Christophe DE ROVERE Benjamin
2003 DUSSAU Christophe LARRIEULE Olivier
2004 DE ROVERE Benjamin VERGONZEANNE Frédéric
2005 DE ROVERE Benjamin LAPOUDGE Loïc
2006 DE ROVERE Benjamin LAPOUDGE Loïc
2007 LAPOUDGE Loïc MALET Jean Christophe
2008 LAPOUDGE Loïc LAZARTIGUES Denis
2009 VINEY-THOMAS Hugo DE ROVERE Benjamín
2010 NOGUES Mathieu LAPOUDGE Loïc
2011 NOGUES Mathieu LAPOUDGE Loïc
2012 MUIRAS Vincent NOGUES Mathieu
2013 NOGUES Mathieu MUIRAS Vincent
2014 NOGUES Mathieu LAPOUDGE Loïc
2015 DUTHEN Alexandre MARTY Thomas
2016 LAPOUDGE Loïc MARTY Thomas
2017 LAPOUDGE Loïc NOGUES Mathieu
2018 LABEYRIE Gauthier NOGUES Mathieu

championnat-de-france     Photo Jean-Claude Dupouy/Pickwick – 2018

Le podium de 2018 :
à g., Mathieu Noguès (2e) ; au centre, Gauthier Labeyrie (champion) ; à dr., Loïc Lapoudge (3e)

Mort pour la France : Daudigeos (Louis)

archives_JCP_345_2
Archives Dubecq

Louis Daudigeos, cordonnier de son état, est né le 22 mars 1877 à Mont-de-Marsan. Il porte le n° 861 au recrutement de cette ville.

Il avait fait son service normal au 144e RI du 15 novembre 1898 au 14 septembre 1901, et en sort avec un certificat de bonne conduite. Il est réserviste à compter du 1er novembre 1901, et passe dans l’armée territoriale le 1er octobre 1911. Il est réformé par la commission spéciale de Mont-de-Marsan le 13 août 1914 pour cicatrice mal collée, mais classé service armé par le Conseil de Révision des Landes le 8 juin 1915 (loi du 6 avril 1915). Il passe au 12e RI, 6e Régiment du Génie. Il est au front à partir du 7 novembre 1915, et est tué à l’ennemi le 12 septembre 1916 à Belrupt (Verdun, Meuse), victime d’un obus près du « Cabaret rouge ».
Il est inscrit au Livre d’or de Mont-de-Marsan, et son nom figure sur le monument aux morts de Mont-de-Marsan et sur celui de Casteljaloux.

Voici ce que La Course landaise annonce alors que la nouvelle de son décès n’est pas encore connue (1er octobre 1916), et qui montre le courage de l’écarteur : « Daudigeos, après s’être courageusement comporté dans les environs de V… et avoir été reversé à l’arrière, a demandé à revenir à son ancien secteur. »

Et voici quelques extraits de la biographie de cet écarteur :

« Enfant, à l’école, il était le plus fort pour écarter un camarade qui, en guise de cornes, brandissait… deux couteaux ! Aussi, c’est très jeune qu’il va tourner son premier écart devant une coursière de Gaillat à Saint-Pierre-du-Mont. En 1894, il remporte son premier premier prix. En 1896, à tout juste 19 ans, Daudigeos dit Le Petit Montois est l’un des meilleurs éléments de la cuadrilla du célèbre Joseph Hains qui travaille surtout le bétail du ganadero Dubecq et de celle de Marin II qui suit celui de Félix Robert, et au concours de fin de saison de Bayonne, Daudigeos est annoncé parmi « les plus forts ». L’année suivante, il s’illustre à Bordeaux (…) le 27 juin, lors d’une course pendant laquelle Nassiet sautera les pieds joints dans son béret et où Marin Ier jouera avec une ombrelle devant les coursières de l’après-midi ! (…) Celui que l’on qualifie parfois sur les affiches de « torpille de l’arène » se signale en [18]98 à Pomarez, où les ganaderos Barrère et Robert présentent pas moins de 12 vaches nouvelles. (…) A partir de 1903, il va devenir une des têtes de la cuadrilla Giovanni que le maître de Buros s’est attachée par contrat. (…) [Il] signe, en 1907, avec les ganaderos Campan et Dupey (…). L’année suivante, il est tête de cuadrilla chez Portalier puis, en 1909, lorsque les fils Passicos remontent la ganaderia familiale, ils font appel à lui pour épauler Fillang et Lalanne. (…) Mais dès l’année suivante, Daudigeos revient chez le ganadero de Parentis toujours comme tête de cuadrilla et remporte 6 premiers prix et 5 deuxièmes sur 28 courses (…). [En 1913] Daudigeos se retrouve tête de cuadrilla chez Alexis Robert le ganadero de Meilhan et enrichit son palmarès d’un nouveau premier prix (…). En 1914, avec six de ses collègues parmi les meilleurs, Daudigeos fait partie de la cuadrilla de « l’Elite landaise » qui va travailler les quatre grands troupeaux de formelle. Joseph Daudigeos disparaîtra pendant la guerre, tombé au champ d’honneur. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 129-130 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Camiade (Bertrand) (suite et fin…)

camiade_1903_bordeaux_d.jpg

Hervé Coudroy a continué ses recherches sur l’ancien écarteur Bertrand Camiade, et il a trouvé son acte de décès. Nous ne savions pas, en effet, où et quand ce Chalossais était mort. C’est dans la capitale girondine, rue Kyrié, qu’il a poussé son dernier soupir, le 23 octobre 1903. C’est son fils, également prénommé Bertrand, qui l’a déclaré à l’état-civil le lendemain, comme le prouve l’acte provenant des Archives départementales de la Gironde transmis par Hervé Coudroy.