Les cuadrillas il y a 100 ans…

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A l’heure du mercato et de la recomposition des cuadrillas, un petit coup d’œil dans le rétroviseur pour voir quelle était la situation des cuadrillas au lendemain de la Grande Guerre.

La Tuile nous en fournit l’illustration. Elle nous présente les 3 grands chefs d’alors, 3 « rois de l’arène » d’avant-guerre :

1) Joseph Koran, qui dirigeait la cuadrilla attachée au nouveau ganadero d’Aignan Paul Ladouès ; on retrouvait à ses côtés Moreno, Suisse, Picard, Oscar, Bras-de-Fer, Candau et le cordier Eugène Kroumir, dit Flam ; il faut y rajouter le fameux Bamboula, chargé d’exécuter la suerte de Don Tancredo pendant les intermèdes ; Koran achètera des camarguaises à la fin de l’été et montera sa propre ganaderia en fin de cette saison 1920 ;

2) Giovanni l’Italien, attaché au grand ganadero Joseph Barrère qui réunira cette année-là son troupeau à celui de Portalier, avec Henry Meunier, Guichemerre, Montois, Mazzantini, Biscard, Despouys II et le sauteur Faber ; s’y rajoutera en cours de saison Lacoste II ;

3) et enfin l’écarteur de Villeneuve-de-Marsan Camille Couralet, attaché au nouveau ganadero d’Eauze Jean-Joseph Lafitte, avec Cantegrit, Lalanne, Minville, Morlaës, Sabon, le cordier Martial « plus deux éléments qui n’ont pas reparu depuis 1914″…

Voici la publicité du ganadero Lafitte à cette époque :

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Couralet (Camille)

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On va bientôt fêter le 130e anniversaire de la naissance de Camille Couralet. Il est effectivement né le 30 décembre 1889 à Villeneuve-de-Marsan, qui va donner son nom aux arènes locales lors de leur centenaire en 2011. Voici un résumé de sa carrière.

« A Saint-Gor, le 31 mai 1908, Camille Couralet débute face aux coursières du troupeau Dubecq par son premier premier prix, sous la houlette du grand Henri Meunier. Dès cette première année, il va être l’une des têtes de cuadrilla (…) et le restera sans interruption jusqu’en 1913. Ses progrès rapides l’amènent parmi les 15 meilleurs dès l’année 1909. (…) En 1912, alors que Dubecq a renoncé, Couralet reste fidèle au troupeau racheté par le nouveau ganadero Alexis Robert. (…) 1913 va être son année de gloire : après une saison magnifique comptant 11 premiers prix dont celui de 260 fr. à Meilhan, village de résidence de la ganaderia de son patron et surtout celui de l’un des tout premiers concours landais jamais organisés dans l’histoire de la course landaise, le 8 juillet 1913, à Eauze, opposant 8 écarteurs sélectionnés, Couralet se hisse à la 2e place du classement avec 2955 fr. de gains. En 1914, il s’engagera dans les cuadrillas du Syndicat des toreros (…). Au retour de la grande guerre, ses qualités l’amènent à occuper la place de chef chez Lafitte en 1920, chez Ladouès en 1921 et 1923, chez Danthez en 1925, après un passage d’un an comme simple équipier dans la prestigieuse cuadrilla de chez Joseph Barrère, le maître ganadero de Buros en 1924. En 1926, on le retrouve à la tête de la cuadrilla attachée au troupeau Grit, successeur de Danthez (…). A partir de 1927, il va aider René Larrouture, qui a racheté ce troupeau, pour ses débuts en formelle. En 1931, il retrouve le ganadero Lafitte à qui René a vendu ses coursières et en 1933, alors qu’il est âgé de 44 ans, il met un terme à sa carrière. Sa moustache de poilu, sa verve et son intrépidité légendaire ont fait de Camille Couralet l’une des figures emblématiques de l’entre-deux-guerres. En 1945, à 56 ans, n’ayant pu résister à la tentation d’effectuer un écart, il est mortellement blessé dans ses arènes de Villeneuve-de-Marsan ».

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 108-109 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Pour compléter la biographie de Couralet, voici 3 dessins de Gaston Rémy tirés de sa brochure sur Les courses landaises. Camille était, comme on le voit, en fin de carrière…

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