Pierre LAFFAU (Jean ARJO, dit)

 

Né le 5 juillet 1871 à Mont-de-Marsan ; décédé en 1937

« Premiers écarts à Mazerolles, à l’âge de 15 ans. Deux ans plus tard, il débute avec l’excellent troupeau de seconde de Moncoucut-Gaillat et en 1890, il est récompensé parmi les cinq meilleurs des fêtes de Morlanne. Ses prestations, et notamment son premier prix à Viella, lui valent d’intégrer les cuadrillas qui vont suivre le troupeau d’élite de Barrère à partir de [18]92. En [18]95, premier grand triomphe devant le « bétail terrible » du ganadero de Lapeyrade : Laffau remporte le premier prix de 200 fr. des fêtes d’Orthez. Il récidive l’année suivante et apparaît désormais dans les premiers noms sur les affiches ; il est le type de l’écarteur « travailleur, d’une endurance remarquable » et « brillant aussi devant les vaches nouvelles ». Il est même retenu pour participer au concours tauromachique de Bayonne. En [18]98, il s’illustre à Bordeaux, en [18]99 à Habas, il est qualifié de « toujours aussi laborieux ». (..) En 1903, et pendant les six saisons suivantes, Laffau est l’une des têtes de la cuadrilla attachée au ganadero Joseph Barrère. (…) En 1906, Laffau, celui que l’on surnomme « le feinteur à répétition » est parmi les douze meilleurs écarteurs sélectionnés pour le premier concours de l’histoire organisé par le journal La Talanquère. (…) [Il] signe toujours comme tête de cuadrilla chez Portalier en 1910 (…) puis chez Dubecq en 1911 pour la dernière saison du ganadero d’Estibeaux et chez Alexis Robert où il se met souvent en évidence. (…) En 1914, alors qu’il travaille au sein d’une cuadrilla du Syndicat des toreros, à Castelnau-d’Auzan, Laffau est percé par Rayona qui venait de perdre un tampon sur le dos de Darracq, quelques instants auparavant ; cette blessure ne l’empêchera pas de remporter un premier prix de 200 fr., à Gabarret, au mois de juillet. Après la grande guerre, alors qu’il travaille le bétail de Lafitte, Laffau, alors âgé de 50 ans, fait paraître une annonce dans le journal La Course landaise ainsi libellée : « Lorsque mon ganadero n’a pas de course, les organisateurs peuvent m’engager dans n’importe quelle arène devant n’importe quel troupeau. Je m’engage à faire de 12 à 15 écarts ou feintes pour un jour de course et entre 25 et 30 pour 2 jours« . Puis, pendant quelques années, il travaillera chez des ganaderos de seconde et il fera même quelques piges en formelle chez René Larrouture en 1927 ».

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 285-286 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur) 

MARTIAL II (Martial LOLLE-LARBANÈS, dit)

Il y a tout juste 100 ans, un jeune sauteur des Hautes-Pyrénées débutait dans notre sport landais… Il s’agissait de Martial Lolle-Larbanès, dit Martial II. Né à Maubourguet le 25 février 1898, il décèdera à Mont-de-Marsan le 3 juin 1962. Voici quelques éléments de sa courte carrière qui se termina de façon dramatique.

« En 1921, il exécute son premier saut au Houga, au-dessus d’une vache de Joseph Coran. Dès l’année suivante, il entre comme sauteur dans la cuadrilla de Joseph Barrère à qui il restera fidèle tout au long de sa carrière, aux côtés de Mazzantini, Giovanni et autre Meunier, sous la protection du teneur de corde Martial I. Pendant quatre ans, Martial II se fait un nom en pratiquant presque exclusivement le saut à la course avec de grands succès comme en 1923, au Houga, au-dessus de l’inoubliable Paloma, acquise par Barrère l’année précédente. (…) Peu à peu, il néglige le saut pour l’écart. Après des débuts difficiles, son endurance, sa sincérité et son cran vont lui permettre de triompher 5 fois en 1927 (…). En 1933, Martial II est toujours parmi les meilleurs (…). Mais en 1934, à Eauze, Colita met fin à sa carrière en lui infligeant un terrible coup de corne dans le bas-ventre. »
Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 373-374 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Le dessinateur Gaston Rémy a croqué, avant qu’il ne mette fin à sa carrière, sa course d’élan très dynamique :

Il y a 100 ans… une vache éprise de liberté !

Grâce à l’ami Christian Capdegelle, qui nous prépare une œuvre monumentale sur l’histoire de la tauromachie à Casteljaloux et qui dépouille toute la presse locale, voici un nouveau fait-divers dont nos coursières ont été les protagonistes.
« Vache errante. – Depuis plusieurs jours une vache de course du troupeau du ganadero Barrère, de Gabarret, a quitté son troupeau et erre à travers les bois ; vendredi dernier, elle s’était jointe, au troupeau de la ferme de Doucine, propriété de M. Maubourguet, de Houeillès, située près de Sauméjan. Une fillette de 10 ans, voyant que cette bête ne leur appartenait pas, voulut la chasser, mais cette dernière lui donne une « tumade » qui la porta à terre, et lui fit plusieurs contusions à la figure.
Malgré les recherches des bergers de M. Barrère, ils n’ont pas encore pu la capturer.
On vient de la signaler au lieu de Saurines, commune de Saint-Martin-de-Curton, la gendarmerie de notre ville va se rendre sur les lieux et procèdera à une battue en règle afin d’éviter d’autres accidents. »
La Petite Gironde, vendredi 17 juin 1921.

La suite nous est contée 2 mois plus tard :
« Une battue d’un nouveau genre. – La capture d’une vache de courses. – Il y a trois mois environ, nous signalions qu’une vache de courses du troupeau Barrère errait dans notre région ; elle avait même blessé une fillette à Sauméjan. Depuis déjà quelque temps elle était signalée dans la commune de Beauziac. C’est pourquoi, dimanche dernier, un groupe de braves travailleurs avait organisé une battue en règle. Munis de fourches et de gourdins, ils partirent pour cette chasse à courre d’un genre nouveau. S’était joint à la battue MM. Henri Lataste et son fils, métayer à Péchin ; Jean Lataste et son fils, métayer à Labarchède ; Boutevin, métayer à Be(r)nède, tous de la commune de Beauziac.
Après avoir retrouvé la bête, ils n’ont pu la capturer qu’après une poursuite de quinze kilomètres.
Au lieu de La Fille, près de Saint-Michel-de-Castelnau, elle put enfin être saisie, et M. Henri Lataste l’a terrassée en la prenant par les cornes, mais il fut blessé à la poitrine. Le cornupède a été ligoté et mis hors d’état de nuire, et tenu à la disposition du ganadero M. Barrère qui en a été avisé.
Nous félicitons ces intrépides citoyens de leur courage. »
La Petite Gironde, vendredi 19 août 1921.

Encore un grand merci à Christian Capdegelle pour l’envoi de ces anecdotes. N’hésitez pas à nous en faire parvenir d’autres (mais toujours avec des références précises).

Les courses hispano-landaises à Pomarez

A la grande époque des courses hispano-landaises, que j’ai évoquées dans le n° 176 de La Cazérienne de juin 2019 et dans un article de ce blog (https://patrimoinecourselandaise.org/2018/02/10/les-courses-hispano-landaises-1/ ), Pomarez a été l’une des plazas qui en a accueilli plusieurs. Voici certainement l’une des plus vieilles affiches concernant ce type de spectacle dans « La Mecque » des courses landaises. Elle concerne les courses des 13 et 14 août 1899 et est conservée aux Archives départementales des Landes sous la cote 4 M 120. La partie des « courses espagnoles » était assurée par la cuadrilla du grand matador-écarteur-ganadero landais Félix Robert; quant à celle des courses landaises, on note seulement que le bétail provenait de sa propre ganaderia et de celle de Lagardère. Le nom des écarteurs n’est pas cité, mais les frères Nassiet ne devaient pas être loin.

Un engagement d’écarteur il y a 100 ans

L’écarteur Moreno

Il y a quelques jours, je vous ai présenté le contrat du sauteur Faber avec Giovanni. Voici maintenant celui de l’écarteur Moreno pour la même saison 1920-1921, il y a tout juste cent ans :

« Entre les soussignés Monsieur Giovani [sic] Dionori, chef de cuadrilla de toreros landais demeurant à Dax, et Monsieur Edmond Souleyreau, « dit Moreno », torero landais, demeurant dans la même localité, il a été arrêté et convenu ce qui suit :
– M. Edmond Souleyreau s’engage à dater de ce jour quatre novembre mil neuf cent vingt jusqu’à la même époque en mil neuf cent vingt et un à ne travailler que dans les courses où M. Giovani l’aura engagé, sauf autorisation spéciale pour aller ailleurs ; M. Moreno s’engage également à exécuter, sauf blessure dûment [sic] constatée, un minimum de dix-huit écarts ou feintes par journées de courses.
– M. Giovani Dionori, de son côté, s’engage à lui donner, pour pouvoir faire usage de son nom, la somme de deux mille francs de gratification payable dans le courant de l’hiver mil neuf cent vingt et mil neuf cent vingt et un ; un accompte [sic] de six cents francs sur les deux mille est payable en signant le présent engagement ; M. Giovani Dionori consent en outre à faire un partage égal de la somme nette qui reviendra aux principaux toreros de la cuadrilla dont les noms suivent : Giovani, Guichemerre, Montois, Mazzantini et Moreno.
Fait en double et de bonne foi le quatre novembre mil neuf cent vingt.
Lu et approuvé : Dionori Giovanni
Lu et approuvé : Edmond Souleyreau

N. B. : Il reste entendu que tous les engagements avec les toreros cités ci-contre seront les mêmes que le présent à tous les points de vues.
Lu et approuvé : Dionori Giovanni
Lu et approuvé : Edmond Souleyreau »