Joseph Dufau, l’écarteur ressuscité

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Dans son édition du 13 juillet 1873, La Petite Gironde, relayant une information du Journal des Landes,  publiait une brève ainsi rédigée :
« Le malheureux écarteur Joseph Dufau, de Labastide-d’Armagnac, que les amateurs de courses ont applaudi aux Arènes landaises de Caudéran, vient d’être tué aux courses de Nîmes ; c’est celui qui, l’année dernière, eût la jambe cassée à une des dernières courses. « Joseph Dufau, dit le Journal des Landes, exerçait la profession d’écarteur en véritable artiste. Garçon actif, laborieux, il s’occupait également du commerce des grains et traitait des affaires d’une certaine importance. Il laisse une jeune veuve et huit enfants ». »

Mais 5 jours plus tard, un heureux démenti venait mettre un terme à la triste nouvelle :
« Nous avions annoncé, d’après le Journal des Landes, que l’écarteur Dufau avait été tué à Nîmes. Or, le même journal publie aujourd’hui une dépêche datée de Nîmes, et qui est ainsi conçue : « Dufau, écarteur landais, se porte bien. Vu hier. Le maire, Blanchard ». »

Le brave Joseph, dit Cocard, était ressuscité !

Les écarteurs landais à Nîmes en 1856

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Dès 1856, nos écarteurs remplissaient et faisaient vibrer les gradins des plazas languedociennes. En voici la preuve dans L’Éventail, « journal de la coulisse théâtrale », n° 631 du 5 octobre de cette année-là.

« Les écarteurs landais ont fait ces jours-ci leurs adieux à la population nîmoise, qui avait envahi de bonne heure l’amphithéâtre, malgré les appréhensions que faisait naître le ciel surchargé de nuages. Jamais ces hardis toréadors n’avaient déployé autant de force, d’adresse et de sang-froid dans leurs périlleux exercices. Aussi les applaudissements répétés éclataient de toutes parts, et une médaille d’argent a été décernée à l’un des écarteurs, le sieur Lalanne, au milieu des bravos de dix mille spectateurs. »