Avis de recherche: Amou ?

Pemartin_Amou_route-de-Nassiet_Nene-Laffitau
Collection Néné Lafittau, Amou

Grâce à l’ami Jean Pémartin, et surtout à la confiance et l’amabilité de Néné Lafittau, je peux vous montrer aujourd’hui ce document assez exceptionnel d’une course de village (ou de quartier) dans l’Entre-deux-guerres semble-t-il. Il n’est pas daté ni vraiment localisé, sinon qu’on pense que cela se passerait du côté d’Amou, et peut-être route de Nassiet… Qui pourrait nous aider à identifier cet endroit où il y avait énormément de monde pour l’occasion ? Merci d’avance aux fins limiers !

Une course à Saint-Vincent-de-Tyrosse… en 1899 !

sport-univ-illustre_142_1899-04-08_Page_1.jpeg

Il faut parfois se méfier de certains titres d’articles et ne pas hésiter à se plonger dans des articles anodins pour trouver des documents nouveaux. C’est le cas de ces clichés assez exceptionnels, en raison de leur ancienneté, qui sont parus dans un numéro de la revue Le Sport universel illustré daté du 8 avril 1899. L’auteur, un certain F. Révil, les a publiés à la fin de son article intitulé « Ferrade et muselade en Camargue », dans lequel il y avait effectivement peu de chances qu’on les y trouve. En réalité, il y fait une comparaison entre courses camarguaises et landaises et en profite pour montrer les clichés que lui-même a pris à « Saint-Vincent-de-Tiros » [sic]. C’était bien sûr avant la construction des arènes en ciment, et je vous montrerai bientôt d’autres photos prises dans ces anciennes arènes en bois. Si vous regardez bien, nos écarteurs ont revêtu des costumes typiques des courses provençalo-landaises ou lando-provençales… et si vous regardez encore mieux, notamment la première image ci-dessous, vous vous apercevrez que nos écarteurs affrontaient encore des vaches aux cornes nues et bien pointues !

st-vincent-de-tyr_1898_sport-univ_2

st-vincent-de-tyr_1898_sport-univ_3.jpg

st-vincent-de-tyr_1898_sport-univ_4

st-vincent-de-tyr_1898_sport-univ_1

 

Un plaidoyer toujours d’actualité ?

baron-tapie_1.jpg

Il est parfois bon de relire les auteurs anciens… Voici ce qu’écrivait Prosper Séris dès 1889 dans son Etude sur les courses de taureaux :

« Le but que doivent poursuivre aujourd’hui les organisateurs de toute course landaise, c’est de donner à ces courses plus de décorum par la tenue sévère des arènes, par la correction et l’observation des règles dans le travail, parfois un peu fantaisiste, de certains écarteurs. »

Et il pointait entre autres une pratique contre laquelle on a essayé (avec un certain succès il faut quand même le dire) de réagir depuis une vingtaine d’années et qui était une plaie à une certaine époque :
« Trop souvent nous voyons le refuge garni de spectateurs ou d’amateurs, bruyants et empressés, semblant donner des conseils ou des encouragements aux écarteurs qui n’en ont pas besoin. Excès de zèle, mes amis ! Vous accaparez l’écarteur qui n’appartient qu’à la course, au moment où il pourrait, peut-être, se produire utilement ; votre présence donne lieu, parfois, à des discussions passionnées qui nuisent au spectacle.
Place nette, voilà la règle. Il faut que l’écarteur pressé de franchir la talenquère jouisse de sa liberté entière d’action. On ne doit tolérer dans les couloirs que les personnes strictement de service. »

Qu’on se le dise !

En fait, dans les cartes postales anciennes, il est assez rare que nous voyions beaucoup de monde dans la contre-piste, sauf peut-être à Cazaubon où le canotier semble fleurir… Mais peut-être que Prosper avait été écouté !