Mort pour la France : Tailleur (Pierre)

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Né le 3 février 1878 à Orthez (Pyrénées-Atlantiques), ce menuisier de son état porte le n° 1367 au recrutement à Pau. Arrivé au corps le 4 août 1914, il est affecté au 143e régiment territorial d’infanterie et obtient le grade de sergent le 28 mai 1915. Passé au 31e bataillon de chasseurs à  pied le 1er juillet 1917, il est évacué le 28 novembre 1917 et décède le 30 novembre 1917 à l’hôpital complémentaire 81 de Coulommiers (Seine-et-Marne), à la suite d’une maladie contractée en service commandé. Il est inscrit sur le livre d’or d’Orthez et son nom figure sur le monument aux morts de cette ville. Il est inhumé au carré militaire du cimetière communal de Coulommiers (Seine-et-Marne).

Comme beaucoup de ses collègues écarteurs vaillants et courageux durant ce conflit, il avait été cité à l’ordre de la brigade, ordre n° 66 du 5 octobre 1916 : « Très courageux, très dévoué, toujours volontaire pour l’accomplissement des missions périlleuses, s’est distingué pendant les attaques du 7 au 19 septembre 1916 en accompagnant des corvées de ravitaillement sous de violents bombardements ». Il avait été décoré de la croix de guerre, étoile de bronze.

La Course Landaise, dans son numéro de mars 1918, écrit : « L’écarteur landais Tailleur, trois fois cité à l’ordre de l’armée, est mort pour la Patrie en novembre 1917. Originaire d’Orthez, il suivit autrefois les novilladas d’Arthez, Amou, Orthez, Hagetmau, et suivit le troupeau Dubecq en 1905. »

Voici quelques éléments sur sa courte vie d’écarteur :
« Participant à quelques courses formelles chaque saison, Tailleur apparaît au classement des écarteurs avec 88F de gains pour 6 courses. En 1909, 121F pour 8 courses et une 60e place sur 146 toréadors recensés cette saison-là et l’année suivante, Tailleur est encore 66e sur 141 ».
Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 510 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

 

Mort pour la France : Méro (René Bertrand Barrouillet, dit)

Il est né le 1er août 1887 à Coudures (Landes), et porte le n° matricule n° 906 au recrutement de la classe 1907 à Mont-de-Marsan. Il est alors sans profession déclarée.

Il avait fait son service normal du 7 octobre 1908 au 25 septembre 1910 au 133e RI avec certificat de bonne conduite, et il est rappelé à l’activité en vertu du décret du 1er août 1914 (mobilisation générale). Arrivé au corps le 4 août 1914 (123e RI), il passe au 144e RI le 29 août 1914 puis au 6e RI le 25 juillet 1916. Il est porté disparu le 20 août 1917 à Louvemont (Meuse), date à laquelle son décès est fixé par jugement déclaratif rendu par le tribunal de Bordeaux du 25 janvier 1922. Il a été inhumé dans la nécropole nationale de Bras-sur-Meuse (55) (tombe 2131).
Au début des années 1910, il avait quitté et les Landes et la course landaise pour s’installer à Bordeaux comme cafetier. C’est ce qui explique que son nom figure sur le mémorial des morts de la Grande Guerre de Bordeaux (place du 11 novembre), ainsi qu’au livre d’or de la ville, et que son village natal l’ait oublié : son nom n’est porté ni sur le livre d’or de Coudures, ni sur le monument aux morts, ni sur la plaque à l’intérieur de l’église.

Voici quelques éléments sur sa carrière d’écarteur.

« Méro, de Coudures, se révèle en 1910 dans la cuadrilla dirigée par Mazzantini attachée au troupeau du ganadero Portalier ; remportant un premier prix et 2 deuxièmes, (…) il pointe à une honorable 20e place au classement. Ce bon parcours lui vaudra d’être engagé parmi les têtes de la cuadrilla de chez Passicos la saison suivante. Malheureusement, il devait disparaître sur le front lors de la grande guerre. »
On connaît donc encore très peu de choses sur cet écarteur. Il nous reste cependant l’image de ce très bel écart réalisé dans les arènes de Mont-de-Marsan et immortalisé par Bernède.

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 386 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

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18 octobre 1953 : l’hommage de Bascons à Cel-le-Gaucher

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J’ai la chance de posséder un exemplaire de ce petit carnet édité à l’occasion de l’inauguration du monument dédié à Marcel Canguilhem, dit Cel-le-Gaucher, le 18 octobre 1953, il y a tout juste 65 ans. Il rassemble une cinquantaine d’œuvres de l’artiste, des dessins essentiellement mais aussi quelques-unes de ses sculptures, qui donnent à voir tout l’éventail de sa production. On y découvre entre autres ses premiers dessins réalisés sur le front en 1917 avec sa main droite qu’il perdit en Orient le 15 septembre 1918. On y trouve bien sûr aussi certains de ses dessins liés à la course landaise et à son monde dont j’ai réalisé un diaporama :

https://fr.calameo.com/read/005336729e3e72dc26feb

Une course à Paris… en 1849

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Voici l’un des récits de courses les plus détaillés de la première partie du 19e siècle. Comme vous le verrez, l’auteur n’y parle pas de « course landaise », mais de « course basque ». Il est vrai que dans les premières décennies de ce siècle, et même si nous savons que, dans les années 1830-1840, des écarteurs landais commençaient à se faire un nom, comme les frères Darracq par exemple, les spectacles taurins étaient souvent assurés par des Navarrais, assimilés aux Basques. Ce fut notamment le cas à Mont-de-Marsan en 1845, lors de la venue du duc et de la duchesse de Nemours, et dont je vous ai déjà parlé (https://patrimoinecourselandaise.org/2018/04/07/une-course-a-mont-de-marsan-en-1845/), et l’on verra que le costume des acteurs ressemble terriblement à celui représenté sur la gravure montoise de 1845 qui illustre ce billet. La course dont il est question ici se passe quatre ans plus tard à l’hippodrome de Paris et constitue certainement le plus ancien spectacle tauromachique de la capitale. L’autorisation de l’organiser n’avait d’ailleurs pas été facile à obtenir, et il avait fallu mettre en avant l’argument (déjà…) de la tauromachie douce, opposée au spectacle sanglant qui avait cours de l’autre côté des Pyrénées. Le récit circonstancié de cette course, qui se déroula le 16 août 1849, est publié dans le feuilleton du journal La Presse du 20 août suivant. En voici quelques extraits :

« Le toril, composé de huit loges de planches décorées à la moresque, est placé sous l’orchestre : les taureaux y sont amenés dès le matin au petit jour, après l’opération difficile et périlleuse de l’emboulage, qu’on nous permette ce néologisme, mais nous ne connaissons pas de mot qui exprime l’action d’entourer de cuir en forme de boule les cornes d’un taureau.
L’arène est circonscrite hors du terrain des courses [de chevaux], dans le centre de la place où se font ordinairement les carrousels, les tournois et les grandes manœuvres équestres ; elle n’est pas composée de bois compacte, mais d’une claire-voie de madriers qui laissent pénétrer le regard tout en empêchant les bêtes de sortir. Des claies de même nature, posées de chaque côté du toril, conduisent l’animal dans le champ-clos ; ces barrières sont peintes en jaune et en blanc, comme le reste de l’Hippodrome. Çà et là des jours sont ménagés pour la retraite des hommes vivement pressés.
L’orchestre entonne un air espagnol, avec accompagnement de tambours de basque [= tambourins] et de castagnettes, le rideau de la coulisse s’écarte, et la quadrille s’avance vers le milieu de la place, la veste sur l’épaule, le béret sur la tête, bas blancs, culottes courtes et ceinture rouge, dans le léger et galant costume basque ; un seul des toreros a le gilet court et l’immense pantalon de velours des Catalans.
Arrivés dans l’enceinte où doit se passer la lutte, ils saluent, rangés tous sur la même ligne, puis jettent sur la barrière leur veste, qui pourrait les gêner, et se dispersent dans l’arène.
Tout autour, en dehors des barrières, se tiennent les servants de place de l’Hippodrome, armés de lances aiguillonnées pour repousser le taureau s’il essayait de franchir l’obstacle.
La porte d’une des loges est ouverte par le garçon de toril, qui s’abrite derrière le battant.
Le taureau sort secouant la tête, un peu contrarié par les boules auxquelles il n’est pas habitué, et fond sur le premier torero qu’il aperçoit. Le torero l’évite par un écart très bien fait et très rapide. […] Sept autres taureaux sont courus avec des chances diverses ; de beaux écarts sont exécutés ; des sauts à pieds joints par-dessus les cornes, des sauts de toute la longueur de la bête, pareils à ceux que l’on fait au cheval fondu, et très hardis, arrachent des applaudissements au public, qui jusque-là s’est montré un peu froid, s’attendant à quelque chose de plus poignant, de plus barbare, de plus périlleux, s’il faut le dire, car la commission dramatique a trop préjugé de sa sensibilité, et les exercices faits avec les cornes aiguës, comme aux répétitions, n’eussent pas été de trop pour l »mouvoir. On dirait vraiment quelquefois qu’il ne se rend pas compte du danger très réel encore, car le coup de tête d’un taureau, même désarmé, a une grande force, surtout lorsque l’animal est lancé, et, si l’on ne l’évite à temps, on court risque de contusions affreuses, de côtes enfoncées ou brisées, d’ecchymoses et de foulures.
Sans doute il y a loin de cette course basque aux brillantes descriptions de lord Byron, de Mérimée, d’Alexandre Dumas, et de celles où nous avons mis du moins de l’exactitude à défaut de talent, mais il faut songer que nos toreros français ne demanderaient pas mieux que de faire des choses aussi périlleuses que leurs confrères d’Espagne ; ce n’est ni le courage, ni l’adresse qui leur manquent, c’est la permission. »

Il faudra attendre encore 4 années supplémentaires avant que, dans les arènes de Saint-Esprit, qui était alors encore une commune landaise près de Bayonne, il faut le signaler, une première véritable corrida « à l’espagnole », avec mise à mort, puisse se donner en France.

Palmarès du championnat de France des sauteurs depuis 1958

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Le fameux saut dos à la vache de Gilbert, le 1er champion de France de l’Histoire

Année Champion de France Vice-champion
1958 Gilbert Laloubère Jeannot
1959 Non disputé
1960 Non disputé
1961 Non disputé
1962 Non disputé
1963 Non disputé
1964 Michel Agruna Henri Duplat
1965 Henri Duplat Michel Agruna
1966 Henri Duplat Michel Agruna
1967 Henri Duplat Michel Agruna
1968 Henri Duplat Michel Agruna
1969 Henri Duplat Jean-Pierre Bertin
1970 Non disputé
1971 Henri Duplat Michel Agruna
1972 Non disputé
1973 Michel Agruna Lesfauries
1974 Arthur Ribeiro Michel Dubos
1975 Michel Dubos Michel Agruna
1976 Michel Lafitte Arthur Ribeiro
1977 Michel Agruna Michel Dubos
1978 Michel Dubos Michel Agruna
1979 Arthur Ribeiro Michel Dubos
1980 Arthur Ribeiro Michel Dubos
1981 Michel Dubos Arthur Ribeiro
1982 Michel Dubos Arthur Ribeiro
1983 Arthur Ribeiro Balo
1984 Michel Dubos Jean-Philippe Labadie
1985 Michel Dubos Arthur Ribeiro
1986 Michel Dubos Arthur Ribeiro
1987 Michel Dubos Philippe Ducamp
1988 Arthur Ribeiro Michel Dubos
1989 Philippe Ducamp Laurent Martinez
1990 Philippe Ducamp Michel Deloi
1991 Michel Deloi Philippe Ducamp
1992 Claude Lagarde Philippe Ducamp
1993 Philippe Ducamp Jean-Philippe Labadie
1994 Philippe Ducamp Michel Deloi
1995 Michel Deloi Thomas Bijard
1996 Michel Deloi Thomas Bijard
1997 Sylvain Macia Anthony Roth
1998 Denis Coll Laurent Martinez
1999 Nicolas Vergonzeanne Laurent Martinez
2000 Nicolas Vergonzeanne Sylvain Macia
2001 Nicolas Vergonzeanne Guillaume Vergonzeanne
2002 Nicolas Vergonzeanne Guillaume Vergonzeanne
2003 Nicolas Vergonzeanne Guillaume Vergonzeanne
2004 Nicolas Vergonzeanne Guillaume Vergonzeanne
2005 Emmanuel Latase Guillaume Vergonzeanne
2006 Nicolas Vergonzeanne Emmanuel Latase
2007 Nicolas Vergonzeanne Emmanuel Latase
2008 Nicolas Gachie Guillaume Vergonzeanne
2009 Louis Ansolabehère Guillaume Vergonzeanne
2010 Dominique Larié Louis Ansolabehère
2011 Guillaume Vergonzeanne Fabien Napias
2012 Louis Ansolabehère Fabien Napias
2013 David Laplace Louis Ansolabehère
2014 Fabien Napias Dominique Larié
2015 Guillaume Vergonzeanne Fabien Napias
2016 Fabien Napias Etienne Grenet
2017 Fabien Napias Louis Ansolabehère
2018 Kevin Ribeiro Fabien Napias

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Kévin Ribeiro au-dessus de Manolite. © nicolas le lièvre