« Jean de Lahourtique » (Joseph DIRIS, dit)

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Né à Mont de Marsan le 5 avril 1870, Joseph DIRIS fut juge de paix à Amou, à Hagetmau, adjoint au Maire de Bretagne de Marsan, puis de Mont de Marsan, et enfin maire du petit village de Mant en Chalosse, où ses parents possédaient une propriété, « La Hourtique ». C’est à celle-ci qu’il emprunte le pseudonyme « Jean de Lahourtique » sous lequel il rédige, d’une plume alerte, des chroniques régulières pour le fameux journal montois La Course Landaise, dont il devient le directeur en 1910, avant de retrousser ses manches pour coller de plus près à la réalité de son sujet. Le vocabulaire imagé de ce Landais extraverti, la vivacité de son style, étayent la réputation grandissante de la revue taurine en plein essor, et lui valent le surnom, significatif et bien mérité, « d’apôtre de la Course Landaise ». Plusieurs arènes, comme celles de Mant et de Bascons, construites après sa mort, seront dédiées à ce chroniqueur plein d’esprit, orateur éloquent, qui mourut lors d’un banquet organisé pendant les fêtes de Dax, en homme public, comme il avait vécu.

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Les arènes « Jean de Lahourtique » de Bascons.

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Superbe portrait que celui-ci, représentant Jean de Lahourtique déjà âgé, moustache et cheveux blancs. Il fait partie des collections du Musée de la Course landaise de Bascons.

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Voici la caricature, ou plutôt le « portrait-charge » paru dans La Course landaise en 1911 sur son directeur dont l’encre ressemblait à du poison…

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Et enfin, un bas-relief réalisé par le grand artiste de Bascons, Cel le Gaucher.

CLIC-CLAC (Elie Moringlane, dit)

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Bernard, Elie MORINGLANE est né à Montaut le 27 octobre 1860, et décédé à Cazères-sur-l’Adour le 25 février 1923. Il était à la fois docteur en médecine et chroniqueur de course landaise.

Jean de Lahourtique, son ami, dresse un portrait tout empreint de « respect filial » du célèbre chroniqueur de Cazères dans L’Almanach de la Course landaise pour 1914, où l’on apprend qu’avant d’être la Tuile, le fameux journal taurin était appelé la Brique en raison e sa couleur particulière :

« Depuis le 19 mars 1905, jour où il fonda la petite feuille rouge que certains, plus osés parce que plus jeunes, qualifient de brique, Clic-Clac, avec une sérénité parfaite et une constance admirable, adresse à l’ami Pindat sa prose instructive, alerte et spirituelle. Avec l’autorité qui s’attache à son nom, avec cette compétence scrupuleuse que nul ne cherche à lui contester, Clic-Clac publia sur la course landaise, sur les écarteurs et sur les baquillas, des études sérieuses, documentées, qui dénotaient chez leur auteur une connaissance approfondie du sujet qu’il traitait. Son jugement sur les hommes, sur les choses qui se déroulent dans l’arène, était toujours marqué au coin du bon sens le plus équitable et le plus solide. Il disait la vérité même à ceux qui auraient préféré un autre langage.
Habitué depuis de longues années à manier avec dextérité et maîtrise le scalpel, il n’hésitait pas à fouiller profondément la plaie dont souffrait et souffre encore notre sport landais. Il semblait, parfois, prendre un malin plaisir à excursionner, bistouri en main, sur un terrain que les profanes considéraient comme inabordable. Lui, avec cette assurance mâle qu’il conserve devant les dangers, quelle qu’en soit la nature, il continuait son oeuvre d’assainissement taurin. Il étalait, au grand jour, sans souci et sans crainte des controverses, le mal tel qu’il l’avait trouvé, avec les conséquences fâcheuses qu’il en pourrait résulter. Son diagnostic était presque toujours celui qu’il avait indiqué. Sa vieille expérience le trompait rarement. Et dans les discussions que soulevaient quelquefois ses affirmations et ses dires, il mettait une coquetterie gasconne à rester toujours courtois et correct. »

Et voici la notice qui lui est consacrée par Bernadette Suau, dans l’ouvrage Mémoire des Landes, Mont-de-Marsan, Ed. Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 1991, p. 81 :
« Dès son adolescence qui s’est déroulée à Montaut (Chalosse), le jeune Moringlane s’est passionné pour la course landaise. Il s’était installé comme médecin à Cazères-sur-l’Adour, mais, toute sa vie, il s’intéressa à ce jeu typiquement landais. Avec son ami l’imprimeur Pindat, Moringlane fonda, en 1905, La Course Landaise, journal dont il resta le rédacteur en chef jusqu’à sa mort. Par la qualité de ses articles, il sut conférer à cette revue taurine une réputation justifiée. Technicien averti de la course landaise, le docteur Moringlane publia à Mont-de-Marsan, en 1905, l’Histoire des courses landaises depuis les origines jusqu’à nos jours, préfacée par P. Séris, lui-même auteur en 1889, d’une Etude sur les courses de taureaux en France. Médecin réaliste et humaniste, Clic-Clac fonda également la Société des Secours mutuels des toréadors landais. La même année (1906), F. Tassine, chef de musique à Mont-de-Marsan, composa une « Marche des écarteurs landais », intitulée La Cazérienne, en hommage au médecin de Cazères qui exerça aussi sa profession avec compétence et générosité, si bien qu’on l’a surnommé le « médecin des pauvres ». »

Et le voici croqué dans la fameuse Tuile en 1911.

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Adieu, Mon cher Gérard !

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Photo La Cazérienne, DR

C’est ainsi que nous communiquions avec beaucoup d’humour entre nous. Je l’appelais « Mon cher Gérard » et lui me répondait avec toute sa malice : « Mon cher François ». Nous nous étions bien sûr rencontrés, il y a maintenant longtemps, sur le terrain du patrimoine coursayre et nous nous croisions régulièrement dans les vide-greniers et autres brocantes de notre Gascogne. Nous avions sympathisé, puis échangé des infos, des documents, des histoires… Car Gérard était un conteur-né. Et la course landaise n’était pas sa seule passion : vous lui parliez rugby, vous lui parliez naissance de l’aviation, vous lui parliez patrimoine local de Dax ou de Pomarez, et il se lançait dans des histoires que vous n’osiez interrompre. C’était aussi un partageur, contrairement à d’autres collectionneurs ou passionnés. Il l’a prouvé avec ses ouvrages, dont il savait bien qu’ils ne seraient pas des best-sellers, mais qui lui permettaient de rencontrer des gens et d’échanger avec eux, que ce soit comme témoins ou comme acheteurs. Nous avions du coup, depuis plusieurs années et la naissance de ce blog, beaucoup de complicité, et l’un comme l’autre profitions des connaissances et des documents de chacun. Nous ne manquions pas, à l’issue de chaque concours de Dax, de rester les derniers sur les gradins, avec ma fille Camille, pour avoir les premiers commentaires à chaud et au calme avant de plonger dans l’antre bruyante de La Talenquère.
Landais, Pomarézien, Dacquois, pédagogue, cartophile, rugbymen, coursayre, sa vie a été tout ça à la fois et sa silhouette bonhomme et massive va cruellement nous manquer.
Camille et moi présentons toutes nos condoléances à son épouse, ses enfants et ses petits-enfants, et les assurons de toute notre sympathie dans ces moments douloureux.

Cel-le-Gaucher (1895-1949)

Voici la biographie qui est consacrée dans Mémoire des Landes à ce grand artiste.

« Cel-Le-Gaucher, pseudonyme de Marcel Canguilhem (Mont-de-Marsan, 12 décembre 1895 – Mont-de-Marsan, 16 juillet 1949). Sculpteur et dessinateur spécialisé dans la caricature et l’affiche.

Baptême du feu en 1914. Amputé de son bras droit à la suite de l’attaque de Sokol en Macédoine bulgare en 1918. Ayant subi l’éducation de sa main gauche, il reprit sa vocation de dessinateur et collabora à diverses publications régionales, et notamment à La Course landaise et aux Landes sportives. Il a écrit dans La Course landaise des articles qui témoignent de sa passion pour l’art tauromachique. Comme sculpteur, bien que handicapé, il a donné le monument qui commémore l’intervention française en Serbie en 1914-1918 et qui est érigé dans ce pays. Il a également exécuté le monument à la mémoire de Jean de Lahourtique (Diris) à Bascons (Landes), la plaque de bronze posée à l’extérieur de l’église de la Madeleine, à la mémoire de l’abbé Bordes, grand résistant landais, etc. Cel-le-Gaucher, fait chevalier de la Légion d’honneur en 1932, obtient la cravate de commandeur de l’Aigle blanc en 1938. Un collège d’enseignement secondaire de Mont-de-Marsan porte son nom. »

Notice de David Chabas, extraite de Mémoire des Landes, Mont-de-Marsan, Ed. Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 1991, p. 75-76

Voir aussi : Gabriel Cabannes, Galerie des Landais, t. 5, p. 35-45, photo ; t. 6, p. 281 ; t. 7, p. 240-241

Voici une des plus célèbres illustrations de Cel le Gaucher, celle d’un écart de Meunier, conservée au Musée de la Course landaise de Bascons.

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Voici le lien vers une très belle biographie réalisée par les élèves du Collège « Cel-le-Gaucher » de Mont-de-Marsan. Elle est plutôt centrée sur la période de la Grande guerre, dont il fut témoin et acteur, mais elle comporte un certain nombre de documents originaux très intéressants sur la vie de ce grand dessinateur. J’en ai extrait la photo de Cel lors de la remise de sa Légion d’honneur le 14 juillet 1932.

http://webetab.ac-bordeaux.fr/college-legaucher/index.php?id=7071

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La mémoire d’Emmanuel Delbousquet à Toulouse

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Emmanuel Delbousquet, poète et romancier français (1874-1909) mais surtout auteur du livre que tout coursayre se doit d’avoir lu (L’écarteur, paru à Paris, chez P. Ollendorff, en 1904, réédité 71 ans plus tard par les soins de David Chabas avec les illustrations de Bernard Nogaro, et enfin en 2004 à Pau par Princi negue) vécut dans sa jeunesse à Toulouse. Durant son bref séjour dans la ville rose, au petit séminaire de L’Esquile, il fonde en 1891 avec Louis Magre et Marc Lafargue la première revue poétique de l’école toulousaine, Les Essais de Jeunes, devenue L’Effort en mars 1896. Il collabore par ailleurs à La France de Bordeaux et au Télégramme de Toulouse. C’est en souvenir de son passage que cette plaque a été apposée en 1911 sur le mur du n° 2 de la rue Gatien-Arnoult, à l’angle de la place Saint-Sernin, là même où il avait habité.