Jean de Lahourtique (J. J. Diris, dit)

Dans le prochain numéro de La Cazérienne, vous pourrez lire la notice biographique que j’ai consacrée à ce grand apôtre de la course landaise. En attendant, voici la plaquette éditée par la fameuse « Tuile », dont il fut rédacteur en chef puis directeur. Elle fut éditée en 1935, 4 ans après sa mort subite lors des fêtes de Dax. Elle est très rare, et je n’en ai trouvé qu’un exemplaire aux Archives départementales des Landes, que je vous présente ici :

Un maire tauromache : Raphaël Milliès-Lacroix

On aurait pu fêter ce mois-ci le 170e anniversaire de Raphaël Milliès-Lacroix. Il est en effet né à Dax le 4 décembre 1850, et il y décèdera le 12 octobre 1941.
Conseiller municipal en 1879, puis maire de sa commune en 1887, il devient conseiller général des Landes en 1899 et sénateur en 1897, siégeant parmi les rangs de la Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste. Il fut en outre nommé en 1906 ministre des Colonies dans le gouvernement Clemenceau. Il fut enfin vice-président du Sénat de 1929 à 1933, date à laquelle il ne se représenta plus aux élections, laissant son fils, Eugène, reprendre le flambeau.
Il est surtout connu pour avoir été révoqué de ses fonctions de maire en octobre 1894 par décret du président de la République Casimir Périer, pour avoir autorisé ouvertement, malgré l’avis contraire de l’autorité préfectorale, des courses de taureaux avec mise à mort. La population de Dax le réélit cependant maire dès l’année suivante. Voici la déclaration publique qu’il rédigea et publia à l’occasion de cette affaire (Archives dép. des Landes, 4 M 117).

« Jean de Lahourtique » (Joseph DIRIS, dit)

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Né à Mont de Marsan le 5 avril 1870, Joseph DIRIS fut juge de paix à Amou, à Hagetmau, adjoint au Maire de Bretagne de Marsan, puis de Mont de Marsan, et enfin maire du petit village de Mant en Chalosse, où ses parents possédaient une propriété, « La Hourtique ». C’est à celle-ci qu’il emprunte le pseudonyme « Jean de Lahourtique » sous lequel il rédige, d’une plume alerte, des chroniques régulières pour le fameux journal montois La Course Landaise, dont il devient le directeur en 1910, avant de retrousser ses manches pour coller de plus près à la réalité de son sujet. Le vocabulaire imagé de ce Landais extraverti, la vivacité de son style, étayent la réputation grandissante de la revue taurine en plein essor, et lui valent le surnom, significatif et bien mérité, « d’apôtre de la Course Landaise ». Plusieurs arènes, comme celles de Mant et de Bascons, construites après sa mort, seront dédiées à ce chroniqueur plein d’esprit, orateur éloquent, qui mourut lors d’un banquet organisé pendant les fêtes de Dax, en homme public, comme il avait vécu.

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Les arènes « Jean de Lahourtique » de Bascons.

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Superbe portrait que celui-ci, représentant Jean de Lahourtique déjà âgé, moustache et cheveux blancs. Il fait partie des collections du Musée de la Course landaise de Bascons.

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Voici la caricature, ou plutôt le « portrait-charge » paru dans La Course landaise en 1911 sur son directeur dont l’encre ressemblait à du poison…

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Et enfin, un bas-relief réalisé par le grand artiste de Bascons, Cel le Gaucher.

CLIC-CLAC (Elie Moringlane, dit)

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Bernard, Elie MORINGLANE est né à Montaut le 27 octobre 1860, et décédé à Cazères-sur-l’Adour le 25 février 1923. Il était à la fois docteur en médecine et chroniqueur de course landaise.

Jean de Lahourtique, son ami, dresse un portrait tout empreint de « respect filial » du célèbre chroniqueur de Cazères dans L’Almanach de la Course landaise pour 1914, où l’on apprend qu’avant d’être la Tuile, le fameux journal taurin était appelé la Brique en raison e sa couleur particulière :

« Depuis le 19 mars 1905, jour où il fonda la petite feuille rouge que certains, plus osés parce que plus jeunes, qualifient de brique, Clic-Clac, avec une sérénité parfaite et une constance admirable, adresse à l’ami Pindat sa prose instructive, alerte et spirituelle. Avec l’autorité qui s’attache à son nom, avec cette compétence scrupuleuse que nul ne cherche à lui contester, Clic-Clac publia sur la course landaise, sur les écarteurs et sur les baquillas, des études sérieuses, documentées, qui dénotaient chez leur auteur une connaissance approfondie du sujet qu’il traitait. Son jugement sur les hommes, sur les choses qui se déroulent dans l’arène, était toujours marqué au coin du bon sens le plus équitable et le plus solide. Il disait la vérité même à ceux qui auraient préféré un autre langage.
Habitué depuis de longues années à manier avec dextérité et maîtrise le scalpel, il n’hésitait pas à fouiller profondément la plaie dont souffrait et souffre encore notre sport landais. Il semblait, parfois, prendre un malin plaisir à excursionner, bistouri en main, sur un terrain que les profanes considéraient comme inabordable. Lui, avec cette assurance mâle qu’il conserve devant les dangers, quelle qu’en soit la nature, il continuait son oeuvre d’assainissement taurin. Il étalait, au grand jour, sans souci et sans crainte des controverses, le mal tel qu’il l’avait trouvé, avec les conséquences fâcheuses qu’il en pourrait résulter. Son diagnostic était presque toujours celui qu’il avait indiqué. Sa vieille expérience le trompait rarement. Et dans les discussions que soulevaient quelquefois ses affirmations et ses dires, il mettait une coquetterie gasconne à rester toujours courtois et correct. »

Et voici la notice qui lui est consacrée par Bernadette Suau, dans l’ouvrage Mémoire des Landes, Mont-de-Marsan, Ed. Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 1991, p. 81 :
« Dès son adolescence qui s’est déroulée à Montaut (Chalosse), le jeune Moringlane s’est passionné pour la course landaise. Il s’était installé comme médecin à Cazères-sur-l’Adour, mais, toute sa vie, il s’intéressa à ce jeu typiquement landais. Avec son ami l’imprimeur Pindat, Moringlane fonda, en 1905, La Course Landaise, journal dont il resta le rédacteur en chef jusqu’à sa mort. Par la qualité de ses articles, il sut conférer à cette revue taurine une réputation justifiée. Technicien averti de la course landaise, le docteur Moringlane publia à Mont-de-Marsan, en 1905, l’Histoire des courses landaises depuis les origines jusqu’à nos jours, préfacée par P. Séris, lui-même auteur en 1889, d’une Etude sur les courses de taureaux en France. Médecin réaliste et humaniste, Clic-Clac fonda également la Société des Secours mutuels des toréadors landais. La même année (1906), F. Tassine, chef de musique à Mont-de-Marsan, composa une « Marche des écarteurs landais », intitulée La Cazérienne, en hommage au médecin de Cazères qui exerça aussi sa profession avec compétence et générosité, si bien qu’on l’a surnommé le « médecin des pauvres ». »

Et le voici croqué dans la fameuse Tuile en 1911.

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Adieu, Mon cher Gérard !

P39 Gérard Laborde

Photo La Cazérienne, DR

C’est ainsi que nous communiquions avec beaucoup d’humour entre nous. Je l’appelais « Mon cher Gérard » et lui me répondait avec toute sa malice : « Mon cher François ». Nous nous étions bien sûr rencontrés, il y a maintenant longtemps, sur le terrain du patrimoine coursayre et nous nous croisions régulièrement dans les vide-greniers et autres brocantes de notre Gascogne. Nous avions sympathisé, puis échangé des infos, des documents, des histoires… Car Gérard était un conteur-né. Et la course landaise n’était pas sa seule passion : vous lui parliez rugby, vous lui parliez naissance de l’aviation, vous lui parliez patrimoine local de Dax ou de Pomarez, et il se lançait dans des histoires que vous n’osiez interrompre. C’était aussi un partageur, contrairement à d’autres collectionneurs ou passionnés. Il l’a prouvé avec ses ouvrages, dont il savait bien qu’ils ne seraient pas des best-sellers, mais qui lui permettaient de rencontrer des gens et d’échanger avec eux, que ce soit comme témoins ou comme acheteurs. Nous avions du coup, depuis plusieurs années et la naissance de ce blog, beaucoup de complicité, et l’un comme l’autre profitions des connaissances et des documents de chacun. Nous ne manquions pas, à l’issue de chaque concours de Dax, de rester les derniers sur les gradins, avec ma fille Camille, pour avoir les premiers commentaires à chaud et au calme avant de plonger dans l’antre bruyante de La Talenquère.
Landais, Pomarézien, Dacquois, pédagogue, cartophile, rugbymen, coursayre, sa vie a été tout ça à la fois et sa silhouette bonhomme et massive va cruellement nous manquer.
Camille et moi présentons toutes nos condoléances à son épouse, ses enfants et ses petits-enfants, et les assurons de toute notre sympathie dans ces moments douloureux.