GÉRARD (Gérard BOUEILH, dit)

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Il y a 120 ans naissait à Mont-de-Marsan, le 8 décembre 1899 exactement, Gérard Boueilh, l’un des grands noms de la course landaise de l’Entre-deux-guerres ; il décédera dans la même ville le 11 août 1960. Voici quelques éléments de sa biographie.

« L’un des tout meilleurs écarteurs de l’entre-deux-guerres. Dès l’âge de 13 ans, le jeune Gérard s’essaye à l’écart lors d’une novillada à Saint-Jean-d’Août. Cette prouesse sera suivie, après la grande guerre, par un apprentissage rapide sous la houlette avisée du maître Koran durant l’année 1921 pendant laquelle Gérard, après avoir débuté en mars, à Soustons, avec 7 écarts « qui laissaient présager en lui un écarteur d’avenir », subit une terrible tumade à Saint-Sever, en avril, avant d’exécuter « quelques écarts notoires » à la redoutable Biarrotte de Coran quelques jours plus tard à Dax ; puis il va remporter déjà 7 premiers prix (…). Un grand était né ! De taille moyenne, il n’était pas naturellement doué pour la défense, mais son intelligence et son application tenace vont lui permettre d’acquérir la vista nécessaire à l’épanouissement de tout bon torero. En 1923, il est sacré n° 1 (…). Ces résultats vont lui valoir d’être remarqué par Joseph Barrère, le plus grand ganadero de l’époque, qui l’engage comme chef de cuadrilla en [19]24 (…). C’est au cours de la dizaine d’années qui vont suivre que Gérard, chef inamovible jusqu’à la disparition de son patron Joseph Barrère en [19]33, va connaître sa période la plus faste. (…) Après son « divorce » avec Fernad Barrère qui avait succédé à son père, Gérard va signer, toujours comme chef, chez Lafitte en [19]35 où il ne travaillera que lors de 13 des 18 courses que devait donner son nouveau patron, décrochant quand même un premier prix et 2 deuxièmes.En [19]36, Gérard est chef chez Stetin et en [19]37 chez Germain Cantegrit où il se voit remettre 2 premiers prix. Après la mort de ce dernier, il ne quitte pas le troupeau que reprend Saint-Martin qui lui confie la place de chef dans la continuité ; en [19]38, 3 nouveaux premiers prix et 7 deuxièmes pour 19 courses et en [19]39, une victoire dans le concours de la Madeleine à Mont-de-Marsan. Pendant la deuxième guerre mondiale, on retrouve Gérard, toujours chef chez Saint-Martin en 1942 et 1943. Avec Joseph Koran et Le Suisse, Gérard restera l’une des figures majeures de la Course landaise dans l’entre-deux-guerres. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 221-223 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Il a fait l’objet de plusieurs croquis du dessinateur Gaston Rémy:

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Et il fut même croqué par Cel le Gaucher dans un superbe intérieur !

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« Les courses landaises. Souvenirs et croquis d’un revistero », par Gaston Rémy (1949)

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J’ai eu la chance de trouver la première édition de ce grand classique de notre sport landais, imprimée sur les presses montoises de Jean Lacoste en juin 1949. Elle est superbement illustrée de dessins à la sanguine, contrairement aux éditions suivantes (2e édition en 1957, 3e édition en 1987) où ils sont en noir. Elle est introduite par une préface de l’imprimeur en personne, grand ami de Gaston Rémy, qui termine ainsi sa présentation :

« Je l’ai retrouvé, fidèle des arènes de la Chalosse et de l’Armagnac, tandis qu’il s’appliquait à saisir le mouvement exact de la course des vaches ou du saut des écarteurs, dont il s’est fait l’illustrateur bénévole. De cette étude attentive et persévérante, inspirée par la passion du jeu landais, est né le présent recueil, véritablement original par le texte, les croquis et aussi la verve gasconne qui l’anime. Puisse le public landais, bon juge, reconnaître les mérites d’un artiste de chez nous, dont le crayon et la plume ont la fierté de participer à l’exaltation de tout ce qui touche notre petite patrie ».

Quant à Gaston Rémy lui-même, il commençait son « Avant-propos » par ces mots : « On n’a pas assez parlé des courses landaises, surtout en bien, car elles sont trop décriées »…

Voici la couverture des éditions postérieures, qui représente une course sur la place de Montfort-en-Chalosse (on reconnaît un bout de la façade des écoles, au second plan), et dont l’original se trouve d’ailleurs encadré dans la mairie de Montfort.

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8e étape : l’appel

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Dans ces temps anciens de la course landaise, l’appel de l’écarteur jouait un grand rôle, car les entraîneurs n’avaient pas encore le rôle qu’on leur connaît aujourd’hui. Le teneur de corde avait pratiquement seul la responsabilité de placer la vache et de la diriger dans le meilleur axe possible. L’appel de l’écarteur, par des sauts, des sifflets, des cris, des gesticulations diverses était donc important pour attirer l’attention de la coursière. Il l’était d’autant plus bien sûr lorsqu’il affrontait des vaches sans corde. On voit ici un face à face dans les arènes de Gabarret, où la vache semble avoir un peu de mal à partir sur l’homme.

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Voici un bel appel lors des traditionnelles fêtes de la Saint-Jean, à Saint-Sever.

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L’appel fait en outre l’objet d’une belle représentation picturale, œuvre de Gaston Rémy, qui orne la couverture de son ouvrage sur Les courses landaises publié en 1949.

Voici d’ailleurs, selon lui, quelques-uns des types d’appel que les écarteurs de son époque faisaient. On voit qu’il y avait de la diversité ! Dans l’ordre, un appel de Suisse, un appel à reculons de Mazzantini, et enfin un « appel disgracieux » de Martial (mon avatar !).

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