Vive Jacobina !

tetevache

Dédié au vaillant toréro Gérard que Jacobina blessa grièvement à Castelnau-Rivière-Basse [en 1934], voici un poème signé de « Don Pedro ».

La porte du toril s’ouvrit. Dans l’arène
Une vache apparut, belle et noble à la fois ;
Du monde entier, incontestable reine
Elle sème partout et la peur et l’effroi.
Soudain un torero s’avance devant elle,
Il semble la narguer : du geste, du regard ;
Il avance toujours, la siffle, puis l’appelle !
Alors n’y tenant plus, furieuse : elle part.
Cinq fois, d’un coup de rein, il évite la bête
Et la corne cinq fois frôle le boléro !
Vaincue, elle regarde, puis s’arrête.
Soudain dans un élan elle fonce à nouveau.
Cette fois surpris, gagné par la vitesse
L’écarteur n’a pas eu le temps de l’éviter :
Un choc terrible. Puis un cri de détresse
Et la foule debout cesse de respirer.
Tandis que sur le sol l’homme gît ; pas à pas
Elle rentre au toril : terrible et fière
Levant vers les gradins sa tête meurtrière
Et le peuple lui crie : « Vive Jacobina ! ».

GÉRARD (Gérard BOUEILH, dit)

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Il y a 120 ans naissait à Mont-de-Marsan, le 8 décembre 1899 exactement, Gérard Boueilh, l’un des grands noms de la course landaise de l’Entre-deux-guerres ; il décédera dans la même ville le 11 août 1960. Voici quelques éléments de sa biographie.

« L’un des tout meilleurs écarteurs de l’entre-deux-guerres. Dès l’âge de 13 ans, le jeune Gérard s’essaye à l’écart lors d’une novillada à Saint-Jean-d’Août. Cette prouesse sera suivie, après la grande guerre, par un apprentissage rapide sous la houlette avisée du maître Koran durant l’année 1921 pendant laquelle Gérard, après avoir débuté en mars, à Soustons, avec 7 écarts « qui laissaient présager en lui un écarteur d’avenir », subit une terrible tumade à Saint-Sever, en avril, avant d’exécuter « quelques écarts notoires » à la redoutable Biarrotte de Coran quelques jours plus tard à Dax ; puis il va remporter déjà 7 premiers prix (…). Un grand était né ! De taille moyenne, il n’était pas naturellement doué pour la défense, mais son intelligence et son application tenace vont lui permettre d’acquérir la vista nécessaire à l’épanouissement de tout bon torero. En 1923, il est sacré n° 1 (…). Ces résultats vont lui valoir d’être remarqué par Joseph Barrère, le plus grand ganadero de l’époque, qui l’engage comme chef de cuadrilla en [19]24 (…). C’est au cours de la dizaine d’années qui vont suivre que Gérard, chef inamovible jusqu’à la disparition de son patron Joseph Barrère en [19]33, va connaître sa période la plus faste. (…) Après son « divorce » avec Fernad Barrère qui avait succédé à son père, Gérard va signer, toujours comme chef, chez Lafitte en [19]35 où il ne travaillera que lors de 13 des 18 courses que devait donner son nouveau patron, décrochant quand même un premier prix et 2 deuxièmes.En [19]36, Gérard est chef chez Stetin et en [19]37 chez Germain Cantegrit où il se voit remettre 2 premiers prix. Après la mort de ce dernier, il ne quitte pas le troupeau que reprend Saint-Martin qui lui confie la place de chef dans la continuité ; en [19]38, 3 nouveaux premiers prix et 7 deuxièmes pour 19 courses et en [19]39, une victoire dans le concours de la Madeleine à Mont-de-Marsan. Pendant la deuxième guerre mondiale, on retrouve Gérard, toujours chef chez Saint-Martin en 1942 et 1943. Avec Joseph Koran et Le Suisse, Gérard restera l’une des figures majeures de la Course landaise dans l’entre-deux-guerres. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 221-223 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Il a fait l’objet de plusieurs croquis du dessinateur Gaston Rémy:

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Et il fut même croqué par Cel le Gaucher dans un superbe intérieur !

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