Un engagement de sauteur il y a 100 ans

J’ai retrouvé le contrat d’engagement du sauteur Pierre Lageyre, le fameux « Faber », avec le roi de l’arène Giovanni, alors résidant à Bordeaux. Il concernait les années 1920 et 1921, et les clauses en étaient claires et simples…
« Entre les soussignés Giovanni Dionori, toréador, chef de quadrilla [sic], demeurant 7 rue Lombard à Bordeaux d’une part, et Monsieur Lageyre Pierre, sauteur [adresse laissée en blanc] d’autre part, il a été convenu et arrêté ce qui suit :
– M. Lageyre Pierre, sauteur, s’engage pour mille neuf cent vingt et mille neuf cent vingt et un à travailler dans toutes les courses, sauf blessure ou maladie, et à faire une moyenne de huit à dix sauts par journée, partout où Giovanni Dionori aura entrepris des courses.
– Pour cela, ce dernier s’engage à payer à M. Lageyre Pierre, sauteur, la somme de cent quatre-vingt francs pour une journée et la somme de trois cents francs pour deux journées.
Si M. Lageyre Pierre, sauteur, ne tenait pas son engagement, il sera redevable envers Giovanni Dionori, et à titre de dommages intérêts de la somme de trois mille francs.
Fait en double et de bonne foi à Mont-de-Marsan le [blanc] octobre 1919.
Lu et approuvé : Lageyre Pierre  
Lu et approuvé : Giovanni Dionori »

Voici les portraits des deux protagonistes (à la fin de leur carrière…) croqués par Gaston Rémy :

Les cuadrillas il y a 100 ans…

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A l’heure du mercato et de la recomposition des cuadrillas, un petit coup d’œil dans le rétroviseur pour voir quelle était la situation des cuadrillas au lendemain de la Grande Guerre.

La Tuile nous en fournit l’illustration. Elle nous présente les 3 grands chefs d’alors, 3 « rois de l’arène » d’avant-guerre :

1) Joseph Koran, qui dirigeait la cuadrilla attachée au nouveau ganadero d’Aignan Paul Ladouès ; on retrouvait à ses côtés Moreno, Suisse, Picard, Oscar, Bras-de-Fer, Candau et le cordier Eugène Kroumir, dit Flam ; il faut y rajouter le fameux Bamboula, chargé d’exécuter la suerte de Don Tancredo pendant les intermèdes ; Koran achètera des camarguaises à la fin de l’été et montera sa propre ganaderia en fin de cette saison 1920 ;

2) Giovanni l’Italien, attaché au grand ganadero Joseph Barrère qui réunira cette année-là son troupeau à celui de Portalier, avec Henry Meunier, Guichemerre, Montois, Mazzantini, Biscard, Despouys II et le sauteur Faber ; s’y rajoutera en cours de saison Lacoste II ;

3) et enfin l’écarteur de Villeneuve-de-Marsan Camille Couralet, attaché au nouveau ganadero d’Eauze Jean-Joseph Lafitte, avec Cantegrit, Lalanne, Minville, Morlaës, Sabon, le cordier Martial « plus deux éléments qui n’ont pas reparu depuis 1914″…

Voici la publicité du ganadero Lafitte à cette époque :

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