1886 : Le premier saut périlleux

balussaud_747.jpg

C’est le 3 août 1886, dans les arènes de Peyrehorade, qu’eut lieu un événement qui allait marquer durablement la course landaise : « ce jour-là, en effet, pour la première fois de mémoire d’homme, Charles Kroumir franchit le taureau en exécutant le saut périlleux ! » (Clic-Clac).

En fait, cette révolution (dans tous les sens du terme) fut la conséquence d’une banale rivalité entre deux écarteurs-sauteurs, Charles Kroumir et Paul Daverat. Lors de la 1e sortie, Kroumir répondit aux sauts de Daverat par un saut à la course, mais à la seconde il sentit qu’il devait se surpasser pour battre le champion, et c’est là qu’il réalisa ce fameux et tout premier saut périlleux de l’histoire de la course landaise. Le détail de cet événement fut narré en son temps par P. Séris, et je le publierai un jour en entier. Qu’il me suffise aujourd’hui de retranscrire ce que Clic-Clac en retint:

« La stupéfaction des amateurs fut grande, lorsqu’on vit pour la première fois, à Peyrehorade, le Kroumir tournoyer en l’air et retomber légèrement sur ses pieds. Pendant une demi-heure la course fut interrompue, le public ne cessant d’applaudir et de rappeler le Kroumir ».

C’était il y a 132 ans… Aujourd’hui le saut périlleux est devenu presque banal, et le saut périlleux vrillé devient un incontournable de la panoplie du sauteur. Autres temps, autres mœurs…

kroumir_saut_echo_1912.jpg

L’image que nous vous présentons ici pose un certain nombre de questions. En effet, elle a parfois été publiée dans ces dernières décennies comme étant la photo de ce premier saut périlleux réalisé en 1886 par Kroumir dans les arènes de Peyrehorade. Or voici le même document reproduit en première page d’un numéro de l’Echo de l’arène en 1912 (le 6 octobre précisément) avec une légende extrêmement détaillée qui localise les arènes, donne le nom du ganadero et même celui de la vache ! Alors, Peyrehorade ou Bordeaux ?

Une course à Peyrehorade… en 1793

course_hist

Il y a plus de deux siècles, alors que la réglementation est en train de se mettre en place, l’organisation de courses peut parfois prendre pour prétexte des événements très particuliers. Ce fut le cas en 1793 à Peyrehorade, où une simple « permission agricole » accordée à six jeunes soldats du lieu fut fêtée de la sorte. Dégagés de leurs obligations militaires pour la période des semailles (trois semaines maximum), ils décidèrent de célébrer ce retour temporaire dans leurs foyers par l’achat d’un bœuf pour « faire course ». Il est vrai que nous n’étions encore qu’au temps des jeux taurins dans les rues avec des bovins tenus à la corde. Ils se procurèrent « leur » bœuf dans la basse-cour du château de la dame Montréal, émigrée, et s’engagèrent à respecter les « propriétés nationales » à l’occasion de leur « récréation ».