Demain, à Saint-Sever, hommage aux écarteurs morts pour la France

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Pour ceux qui l’auraient oublié ou qui l’ignoreraient encore, voici le programme de demain des fêtes de Saint-Sever, particulièrement conçu autour de l’hommage aux écarteurs-sauteurs-ganaderos morts pour la France en 1914-1918

MARDI 26 JUIN – JOURNÉE LANDAISE

10 h Vernissage de l’exposition historique 14/18 (sur invitation)

11 h – 21 h Exposition historique 14/18 – sous les gradins des arènes (entrée libre)

19 h Repas coursayre – Esplanade de Morlanne

20 h Restitution des clés par la Classe – Esplanade de Morlanne

21 h Paseo de la mémoire – Arènes

Hommage aux écarteurs morts pour la France dans la Grande Guerre

Organisé par l’association Centenaire 14/18 Communauté Cap de Gascogne, avec la Fédération de la Course landaise, le musée de la course landaise, le comité des fêtes et le comité de la course landaise de Saint-Sever.

21 h 30 Concours landais à 4 troupeaux – Esplanade de Morlanne

Ganadérias Armagnacaise – Dal -Dargelos – Deyris

Entrée générale à 20 € / Gratuit jusqu’à 18 ans

Avec la participation de l’Harmonie d’Amou – Lou débisaïre : Éric Lesparre

À l’issue du spectacle, réception offerte par le club taurin – Paul Ricard

1603 : le plus ancien récit d’une course en Chalosse

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Ce récit se trouve dans une sorte de roman de chevalerie écrit par un gentilhomme gascon, Pierre de Sainte-Gemme, qui le publie à Lyon en 1603 sous le titre : « Le grand roy amoureux ». Une jeune fille, recueillie par un prince, lui fait le récit (en gascon !) de ses aventures, et lui décrit en particulier la Chalosse et surtout Saint-Sever. Elle lui raconte notamment une course de taureau de l’époque, ancêtre de nos courses landaises, qu’on y organisait, comme la semaine prochaine, à l’occasion des fêtes de la Saint Jean. On y voit la pratique de l’aiguillade, sur laquelle nous reviendrons prochainement, ainsi que celle de la « barre panade » qui correspond peut-être au saut à la garrocha. En voici la traduction textuelle réalisée par Michel Le Grand (« Nouveaux regards sur les courses dans le Sud-Ouest jusqu’au XIXe siècle », dans Bulletin de la Société de Borda, 1938, p. 2-4):

« On en était arrivé à ce jour, à cette heure, à ce moment où notre jeunesse, en souvenir de ce glorieux saint Jean (…), fait courir le taureau en signe de réjouissance. Déjà le consul Cosse avait ouvert la porte de l’étable au taureau furieux. Les jeunes gens de la ville, auxquels s’étaient mêlés des étrangers venus en foule à la fête, commencèrent à vouloir le piquer avec des aiguillades. Déjà les cris, les éclats de voix, les sifflements du public avaient effrayé l’animal. Qui le pique de côté, qui le fait avancer, qui lui fait sentir en le piquant au front un petit aiguillon au bout d’une gaule, qui fuit devant lui, qui va derrière, qui le laisse courir vers un autre, puis lui donne de l’aiguillon, qui joue avec lui à la barre volée. On court vers le taureau : un tel gagne un arbre ; cet autre, avec son béret posé au bout de l’aiguillon, fait des misères à la bête pour la détourner ; tous s’élancent pour délivrer un jeune homme que l’animal a étendu d’un coup de corne, et l’on s’amuse pour voir si le pauvre aura son pain et son fromage [comme récompense ou prime]. La bête a déchiré les chausses d’un des joueurs sans lui faire de mal et ce dernier s’enfuit en abandonnant sa gaule. »

 

 

Un événement tragique à Saint-Sever en 1862

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Voici l’article paru dans Le Constitutionnel des Landes le 21 octobre 1862. Grâce aux Archives départementales, j’ai pu retrouver l’identité de ce malheureux : il s’agissait de Pierre Lasoureille, un célibataire de Tilh, terrassier de métier. Son décès fut constaté le 12 octobre à quatre heures de l’après-midi, au lendemain même de son 31e anniversaire ! Il était en effet né le 11 octobre 1831… Y a-t-il eu une relation de cause à effet ? Nul ne le saura jamais… Il est vrai qu’à cette époque, les vaches n’étaient pas encore tamponnées et que de nombreux accidents endeuillèrent nos plazas landaises.

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8e étape : l’appel

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Dans ces temps anciens de la course landaise, l’appel de l’écarteur jouait un grand rôle, car les entraîneurs n’avaient pas encore le rôle qu’on leur connaît aujourd’hui. Le teneur de corde avait pratiquement seul la responsabilité de placer la vache et de la diriger dans le meilleur axe possible. L’appel de l’écarteur, par des sauts, des sifflets, des cris, des gesticulations diverses était donc important pour attirer l’attention de la coursière. Il l’était d’autant plus bien sûr lorsqu’il affrontait des vaches sans corde. On voit ici un face à face dans les arènes de Gabarret, où la vache semble avoir un peu de mal à partir sur l’homme.

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Voici un bel appel lors des traditionnelles fêtes de la Saint-Jean, à Saint-Sever.

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L’appel fait en outre l’objet d’une belle représentation picturale, œuvre de Gaston Rémy, qui orne la couverture de son ouvrage sur Les courses landaises publié en 1949.

Voici d’ailleurs, selon lui, quelques-uns des types d’appel que les écarteurs de son époque faisaient. On voit qu’il y avait de la diversité ! Dans l’ordre, un appel de Suisse, un appel à reculons de Mazzantini, et enfin un « appel disgracieux » de Martial (mon avatar !).

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