La présentation des cuadrillas… en 1907

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C’était il y a exactement 110 ans, dans La Talanquère !!! Voici la belle présentation des 3 grandes cuadrillas qui allaient se livrer une lutte acharnée durant la temporada 1907 : Dubecq, Barrère et Portalier. Les hommes de Joseph Barrère étaient un peu les « Américains » de l’époque, avec les Giovanni, Fillang, Lafau, Darracq et pour teneur de corde Kroumir II, dit Flam, que l’on reconnaît en haut à gauche à sa superbe moustache.

L’hiver de nos coursières

La couverture du dernier numéro de La Cazérienne titre avec humour « Cornes de brume » pour évoquer la saison hivernale de nos vaches de course.

Grâce à l’amabilité de Jean-Charles Pussacq, qui m’a confié l’ensemble de ses archives pour reproduction et valorisation, voici une belle image de ses vaches dans la Barthe pendant l’hiver 1975. On voit qu’elles pouvaient se refaire une belle santé avant d’attaquer une nouvelle saison !!!

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Jean-Charles Pussacq m’avait aussi signalé qu’il avait sur son blog une série de photos de son élevage pendant le terrible hiver 1985. Voici quel était son commentaire introductif :
« Le public ne voit souvent de la course landaise que le beau côté des choses, c’est-à-dire les courses elles-mêmes, les spectacles… mais il ne se doute pas qu’en amont et en aval il y a tout un travail long et fastidieux, des journées harassantes où la loi des 35h passe pour une vaste rigolade, et parfois des déconvenues et des moments bien difficiles. L’hiver 1985 peut-être rangé parmi ces moments difficiles de la vie d’une ganaderia. Un hiver long et rude qui a donné beaucoup de soucis. En effet cette année-là un froid intense quasi Sibérien s’est abattu sur les Landes, 20 jours de neige et de glace, des températures descendant jusqu’à -21°. Soigner le bétail dans ces conditions fut difficile. Les prairies étant recouvertes de neige, il fallut approvisionner constamment les mangeoires en fourrage… mais c’est surtout le problème de l’eau qui donna des soucis. L’eau était gelée et il fallait constamment casser la glace pour que les bêtes puissent s’abreuver.
Le Grand Beyrie ressembla durant trois semaines à la plaine de Moscou, et l’on s’en souvient encore aujourd’hui. »

Son blog présentait quelques photos de ce terrible hiver dans la barthe du Cassou, mais il a désormais malheureusement disparu de la planète internet. J’en avais heureusement copié une image, que je vous offre aujourd’hui:

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Léon Guichemerre (1887-1983)

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Né à Yzosse le 13 juin 1887, décédé à Soustons le 7 octobre 1983.

« Premiers écarts à Tilh, en 1904. Pour sa première course formelle avec la cuadrilla Meunier attachée aux ganaderos Dubecq et Portalier, le « jeune et talentueux » Léon Guichemerre, tout juste âgé de 19 ans, conseillé par l’ancien Joseph Camiade, remporte le premier prix de 160 f. des fêtes de Saint-Justin, le 9 juillet 1906, suivi bientôt d’un autre et d’un deuxième prix sur les 7 courses auxquelles il va participer lors de cette première saison ; c’est le début d’une grande carrière pour cet homme taillé en Hercule, doué d’une endurance peu commune et surtout doté d’un caractère entier. Dès l’année suivante, Guichemerre devient l’une des têtes de la cuadrilla et le restera jusqu’à la fin de la ganaderia Dubecq. Après trois saisons de formation auprès des plus grands, il va se hisser au plus haut de la hiérarchie. (…) [En 1911] 19 premiers prix sur 27 courses (…). En 1912, changement de troupeau : Guichemerre signe chez René Passicos et avec 23 premiers prix pour 29 courses (…), il devient le n° 1. (…) En 1914, Léon Guichemerre fait partie des 7 vedettes qui constituent la cuadrilla de l’Elite landaise. Au lendemain de la grande guerre, il signe chez Ladouès avec Coran et Giovanni entre autres, et alors qu’il s’engage par contrat à réaliser 16 écarts par course, il en effectue pas moins de 77 le mardi des Fêtes de Dax ! Puis, après deux dernières saisons avec Joseph Barrère qui a remonté la ganaderia de Lapeyrade en 1920, Léon Guichemerre remise le boléro d’écarteur sous la pression familiale.
Très vite, il va s’intéresser au métier de teneur de corde et on va le retrouver au bout de la ficelle avec des troupeaux de seconde zone, notamment avec celui de René Larrouture qui a monté une cuadrilla de vieilles gloires en 1925-1926. Ses bonnes prestations lui valent d’être engagé, en 1927, dans la cuadrilla de formelle de Joseph Barrère comme entraîneur et apprenti cordier. Et lorsque Kroumir II, le maître des cordiers du premier quart du XXe siècle, se retire, Léon Guichemerre effectue des débuts officiels tonitruants. « Sachant d’emblée changer de côté à bon escient, marcher pour mieux brider, pour être moins brutal », il est ovationné pour son travail aux arènes de Mestade à Aire, en septembre 29. Mais en 1934, après la première année du fils Barrère à la tête de la ganaderia, Guichemerre décide comme de nombreux écarteurs de la cuadrilla de signer chez Lafitte qui reprend le troupeau de Coran en 1935 puis chez Stétin l’année suivante. Pendant la guerre 39-45, il tient la corde des coursières de Saint-Martin et lorsque Pierre Maigret reprend le troupeau de Habas, Guichemerre lui restera fidèle jusqu’en 48 avant de rejoindre Larrouture pour ses quatre dernières saisons (…). »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008),  p. 237-239 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

La superbe photographie que nous vous présentons est issue des archives du ganadero Dubecq. Voici la carte à son portrait qui fut diffusée par La Course landaise à l’occasion du Congrès taurin du 26 octobre 1913 :

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Les arènes de Mont-de-Marsan en 1914

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Dès l’entrée en guerre de la France et la mobilisation générale, au début du mois d’août 1914, toutes les manifestations festives furent bien évidemment supprimées. Les courses landaises prévues ne se déroulèrent donc pas durant tout ce premier été de guerre, mais comme on le voit sur cette image, certaines arènes trouvèrent une reconversion originale. En effet, il fallut trouver rapidement des solutions pour accueillir, le plus souvent de façon temporaire, les dizaines de prisonniers allemands qu’on souhaitait bien sûr éloigner du front. C’est ainsi que dès le début du mois de septembre 1914, la plaza de Mont-de-Marsan fut réquisitionnée pour abriter ces nouveaux hôtes. On voit que l’escalot eut une nouvelle utilité en permettant un accès plus facile entre la piste et les gradins. Il y eut plusieurs vues réalisées à cette occasion pour immortaliser l’évènement. Trente ans plus tard, il y eut d’autres photographies de soldats allemands assistant à une corrida dans nos arènes, mais ils y étaient alors en vainqueurs…