L’œuvre historique de Michel Le Grand, archiviste des Landes

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C’est en 1934, sur les presses des Editions Jean-Lacoste de Mont-de-Marsan, que celui qui est alors archiviste des Landes publie la première véritable étude historique sur les pratiques tauromachiques anciennes de notre région : Les courses de taureaux dans le Sud-Ouest de la France jusqu’au début du XIXe siècle, avec pour sous-titre : « Etude historique et documents ».

Travaillant dans les quatre dépôts d’archives des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde et du Gers, ainsi que dans bon nombre d’archives municipales de la région, il a collecté et transcrit de nombreux documents originaux et inédits sur les traditions taurines de l’Aquitaine.

En 1938, il compléta ses recherches par ce qu’il considère comme un appendice à son ouvrage, qu’il publia dans le Bulletin de la Société de Borda, p. 1-19, sous le titre : « Nouveaux documents sur les courses dans le Sud-Ouest jusqu’au XIXe siècle ».

« Les courses de taureaux et les courses landaises » (1889)

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Ces images ont paru dans le n° 850 du 14 septembre 1889 de la fameuse revue La Nature, dont le sous-titre était : « Revue des Sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie ». Il s’agissait en fait d’un journal scientifique hebdomadaire qui était à cette époque particulièrement bien illustré de gravures.

Le texte, signé de Daniel Bellet, a été écrit à l’occasion des courses qui se déroulèrent à Paris cette année-là lors de l’Exposition universelle. L’auteur y signale que les corridas s’étaient déroulées dans quatre plazas différentes (rue Pergolèse, rue de la Fédération, avenue de Suffren et quai de Billy), et que l’unique « établissement » des courses landaises se situait également à ce dernier emplacement.

Si l’auteur est bien renseigné sur la course espagnole et ses différents tercios, il l’est nettement moins sur sa cousine landaise… Sur son origine, il n’hésite ainsi pas à affirmer :  » Les bergers des Landes, vivant constamment au milieu de leurs troupeaux, ont affaire souvent à des bêtes rebelles et sauvages, contre lesquelles il leur faut savoir se défendre par l’adresse. De là est né ce qu’on nomme l’écart, qu’ils ont à chaque instant à mettre en pratique dans les pâturages, et dont ils sont tout naturellement arrivés à faire montre dans les courses organisées… » Il se lance ensuite dans un développement sur la ferrade qui se pratiquerait dans les Landes à l’identique des pampas d’Argentine ! Puis il décrit le travail de l’écarteur et du sauteur en piste, ce dernier s’aidant parfois d’une longue perche, sautant par-dessus la tête de la vache « comme il franchit les fossés dans ses Landes »…

Il est intéressant de noter que les gravures que nous reproduisons ont été réalisées, comme souvent à l’époque, d’après des photographies, et que celles-ci sont en particulier l’oeuvre d’un des pionniers de la photographie médicale, Albert Londe. Nous allons bien sûr nous employer à les rechercher…

Le 1er ouvrage consacré aux courses landaises (1905)

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Il s’agit de la fameuse Histoire des courses landaises depuis leur origine jusqu’à nos jours avec l’explication complète et détaillée de toutes les suertes tauromachiques. Elle est l’œuvre du célèbre Dr E. Moringlane, de Cazères-sur-l’Adour, qui en signe et date l’avant propos le 30 juillet 1902. La première édition ne verra le jour que 3 ans plus tard, en 1905, sur les presses de l’Imprimerie Pindat et Legrand, à Mont-de-Marsan. Elle est signée du pseudonyme que le Dr Moringlane avait choisi pour écrire ses chronqiues de revistero: « Clic-Clac ». Cet ouvrage sera réédité en 1993 chez Lacour à Lyon.

Le Dr Moringlane commence son texte par un credo dans lequel beaucoup de coursayres doivent se reconnaître:

« On naît tauromache comme on naît poète, et, dès ma prime jeunesse, c’est avec une passion toujours croissante que je suivis cet intéressant et noble jeu qu’est la Course landaise. Petit à petit mon enthousiasme devint une quasi religion, et bon nombre de mes compatriotes me donnent la douce consolation de penser qu’ils éprouvent le même sentiment que moi. »

« Gascogne et course landaise », par Robert Castagnon

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Publié en 1995 par la Chambre d’Agriculture du Gers, ce petit livret de 64 pages a pour auteur l’un des grands noms de notre jeu gascon, Robert Castagnon. Né en 1920, cet ingénieur agricole se passionna au lendemain de la guerre pour la course landaise et lui apporta un nouveau souffle. Il fut en particulier le créateur de deux compétitions qui sont encore parmi les moments les plus forts de la temporada : le Championnat de France des écarteurs (1956) (suivi en 1958 par celui de sauteurs) et la Corne d’or de Nogaro (1959). Après 48 ans de bons et loyaux services en faveur de notre sport, il fera sa despedida en 2000, à l’âge de 80 ans, et décèdera malheureusement 4 ans plus tard à la suite d’un accident de la circulation.
Dans cet ouvrage, Robert Castagnon disserte d’abord sur le « pays des Vascons » avant d’évoquer l’histoire de la course landaise, le bétail, les arènes, les toreros et enfin le déroulement de la course. Le tout est bien sûr largement illustré de photographies. De son texte introductif, je retiendrai ces mots : « Le pays de Gascogne est divers et changeant, et son unité apparente vient de sa langue, de son caractère et de son amour pour les jeux tauromachiques. L’ensemble de cette région dont la race se modifie et dont la langue se perd ne retrouve son unité que dans ce sport folklorique : la Course landaise ».

« Les arènes de Vic-Fezensac »

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C’est dans le n° 406 du Bulletin de la Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers daté du 4e trimestre 2012 qu’est parue cette étude sur l’histoire des arènes de Vic-Fezensac (p. 467-492). Elle est l’œuvre de Louis Lagravère, Michel Castex et Jacques Couzinet, avec l’aide de Jean-Claude Pallas. Des premières arènes en bois inaugurées en 1894 à celles en béton ouvertes en 1931 et récemment agrandies en 1998, les auteurs s’attachent à décrire les grands moments tauromachiques de la cité gersoise. A noter que lors de l’inauguration (provisoire) des 20-21 septembre 1931, les nouvelles arènes connurent deux grandes journées de courses landaises grâce à la présence en piste, pour chaque spectacle, de deux cuadrillas qui rivalisèrent entre elles : celle de Gérard avec ses 10 écarteurs et celle de Cantegrit, toutes deux dépendant d’ailleurs du ganadero Barrère. L’année suivante, le 15 mai 1932, l’inauguration officielle verra par contre uniquement une corrida