Les écarteurs et sauteurs landais en Espagne en 1887

1887_lidia.jpg

L’une des illustrations accompagnant la série d’articles « Les courses de taureaux en Espagne et en France » (1891) parus dans le Bulletin de la Société de Borda en 1891 me posait problème. Elle représentait un « Saut des Landais à Madrid » réalisé par l’un de nos congénères, mais sans que l’on sache ni quand ni pourquoi. Je viens de trouver non seulement les réponses à mes questions, mais surtout la lithographie originale, et en couleurs, qui a été reproduite en noir et blanc en 1891. Elle est l’une des superbes gravures qui étaient livrées avec chaque numéro du petit journal taurin La Lidia. Celle-ci fait partie du n° 18 de la 6e année, daté du 1er août 1887, et s’intitule « Saltadores landeses » (sauteurs landais). Elle illustre le passage de la troupe d’écarteurs et de sauteurs dirigée par Paul Daverat (1er sauteur), qui participa cette année-là à une corrida à Zaragoza (le 1er mai 1887), puis le Jeudi de l’Ascension (9 juin 1887) à Madrid. La cuadrilla landaise se composait, autour de Daverat, de Louis Barrère (2e sauteur), le fameux « Zéphyr », de l’un des frères Nassiet (3e sauteur), et des écarteurs Victor Duffau, Emile Lapaloque et Johannès Candau. La course madrilène fut organisée par Emile Fortin, « président de la société taurine hispano-landaise ». A Zaragoza comme à Madrid, nos Landais intervenaient dans des corridas où toréait la vedette Angel Pastor, et exécutaient des sauts ou des écarts en début de sortie des taureaux. Les comptes rendus que nous en a laissés la presse taurine, en particulier madrilène, nous permettent de savoir qu’ils portaient un costume assez semblable à celui des matadors, mais avec moins de clinquants (con menos luces), qu’ils avaient sur la tête un béret brodé, qu’ils étaient chaussés de botas identiques à celles des artistes équestres ou des gymnastes, et surtout qu’ils arboraient de superbes moustaches, attribut qui ne pouvait se concevoir sur le visage d’un torero espagnol ! Leurs prestations, cependant, ne sont pas restées dans les annales de la tauromachie, ni d’ailleurs celle de leur compagnon de ruedo Angel Pastor… Mais nous en reparlerons, car cette incursion landaise dans le monde de la course espagnole ne fut pas du goût de tout le monde.

Cette image est disponible sur le site de l’hemeroteca digital de la Biblioteca nacional de España (http://hemerotecadigital.bne.es/issue.vm?id=0002015664&page=2&search=saltadores+landeses&lang=fr)

Les fêtes de la Madeleine vues par un Arcachonnais… en 1890

affiche_mdm

C’est grâce au travail de bénédictine de Camille, ma fille, que je peux vous proposer aujourd’hui cette pittoresque narration tirée de L’Avenir d’Arcachon (n° du 27 juillet 1890).
« Excursions et Fêtes – Fêtes de Mont-de-Marsan – Mon cher Rédacteur, J’arrive de Mont-de-Marsan où j’ai passé les trois jours de fêtes que les Montois organisent chaque année à l’époque de la Ste Madeleine leur patronne. […] Ayant une heure à disposer avant l’ouverture des courses de Taureaux, annoncées à grand bruit, et attendues avec une égale impatience par tous, j’en profitai pour parcourir la ville. […] Je suis attiré souvent par la vue de constructions pour la plupart récentes — La caserne du 34me régiment d’infanterie, le lycée que je connaissais déjà par de brillants succès, l’École normale des institutrices, l’école des jeunes filles, l’école des garçons en construction, et par les arènes vers lesquelles je dois me diriger l’heure est bien passée. J’entre un peu en retard, les hourras retentissent déjà de tous cotés. Les toréadors couverts d’or et d’argent étincelants de pierreries, sont aux prises avec un taureau qui écume de rage. Les tribunes sont au grand complet, les banquettes pleines de spectateurs enthousiastes, nous avons pris les 2 dernières places mon excellent ami et ciceronne [sic], M. Adolphe L. et moi. Dans la tribune d’honneur, je remarque M. le Préfet des Landes, la poitrine constellée de décorations ; M. le Maire de la ville, de vieux officiers tout dorés de galons, et à côté d’eux, et beaucoup plus beaux qu’eux, des groupes de dames dans leurs plus riches toilettes produisant çà et là l’aspect de nombreux et vivants bouquets de fleurs choisies. On se croirait transporté dans un des beaux amphithéâtres des Champs Élysées. L’œil est ravi. Je ne me lasse pas d’admirer. Dans l’arène, les luttes continuent, les écarteurs rivalisent d’adresse, les malheureux jouent leur vie cent fois, pour quelques pièces de cent sous. Pour ma part, je préférerais me trouver dans un train qui déraillerait lancé à toute vitesse. Et je suis là depuis 2 heures. Je commence à reconnaître que je ne suis pas sur un divan moelleux. Je m’étais promis de ne rien critiquer ; car j’ai appris depuis longtemps que la critique était souvent plus facile que justifiée. Je ne puis m’empêcher cependant de reconnaître que l’architecte des arènes a eu le tort d’oublier que le 19e siècle s’accommode peu de la rudesse des mœurs de nos ancêtres et que si les arènes de Nîmes et d’Arles sont en granit, les Montois surtout, du moins leurs invités, ne seraient pas fâchés d’y trouver dans les leurs un peu de velours. — Mais je suis sans rancune, et je reste assis encore 3 heures jusqu’à la fin, toujours dans une égale admiration. Vers six heures le clairon annonce la fin, les portes s’ouvrent, et des torrents humains s’écoulent par les différentes ouvertures. […] Le lundi même régal que la veille mais avec un peu de lassitude, semblait-il, surtout du côté des spectateurs.
Le mardi, toute la banlieue vient grossir la foule de la veille ; […] Aussi que de monde dans les arènes, quel bruit, quel tumulte, quels transports, que de sifflets, que de bravos, quelle bonne journée pour les vrais amateurs, si on avait su effacer du programme cette fameuse (surprise) annoncée sur toutes les affiches, je veux parler de la mort de cette pauvre bête assassinée si misérablement.

finis nos coronat opus [la fin couronne l’œuvre]

Les fêtes de la Madeleine en 1884

affiche_mdm.jpg

Le jour de l’ouverture des fêtes de la Madeleine 2017, je ne pouvais que vous montrer cette superbe affiche de 1884. C’est une lithographie qui fait partie des collections de la Bibliothèque nationale de France [ENTDN-1(CHERET,Jules/99)-ROULEAU] et elle est l’œuvre du célèbre illustrateur Jules Chéret. On y voit qu’à l’époque où la loi Gramont sévissait et où les mises à mort étaient interdites, on proposait au public des courses « hispano-portugaises » et landaises

Encore la bannière de Pomarez

Je vous l’avais promis, et grâce à l’ami Jean Pémartin et à la municipalité de Pomarez, voici en avant-première la photo de la bannière de 1894 restaurée. Vous aurez le plaisir de la voir lors de la journée d’inauguration des arènes rénovées, le 1er juillet, ainsi que toute la semaine qui suivra. Un grand merci à la grande cité coursayre. Et grâce à Francis Darmaillac qui m’a donné l’info, un grand merci aussi et un grand bravo à Sandra Lespy, la nièce de Rachou , brodeuse de boléros à Mouscardès, qui a réalisé cette superbe restauration.

bannière_pomarez   bannière_pomarez_rest

La bannière avant                                          La bannière aujourd’hui

Un superbe travail de restauration du patrimoine !

La bannière de l’harmonie de Pomarez

lussan_1

Je publie aujourd’hui à nouveau cette carte où l’on voit l’harmonie de Pomarez qui défile fièrement derrière le drapeau français. Elle est aussi précédée par sa bannière qui date, comme elle, de 1894. Or cette bannière existe encore ! et non seulement elle existe, mais elle fait l’objet d’une restauration. C’est grâce à l’ami Jean Pémartin que je l’ai appris et que je peux vous informer qu’elle fera l’objet d’une exposition entre le 1er et le 8 juillet prochain, à l’occasion de l’inauguration de la rénovation des arènes. Voici cette bannière dans son état actuel.

bannière_pomarez

Nous en publierons bien sûr une nouvelle photographie après sa restauration.