La « Grande Semaine landaise » à Paris en 1926 (suite)

La nouvelle grande semaine landaise fut organisée du 16 au 24 mars 1926, dans le même lieu qu’en 1925 (le Vel d’Hiv), avec le concours du journal Le Petit Parisien. A cette occasion, le quotidien fit paraître une série de dessins humoristiques intitulée « Conseils aux amateurs » que je vous présente ici. On en admirera l’humour…

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Après cette série, le journal publia un dernier dessin, œuvre d’un autre artiste, qui n’était pas trop gentille pour nos amis de l’administration fiscale…

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La « Grande Semaine landaise » à Paris en 1926

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On connaît bien la « Grande semaine landaise » de mai 1925 car elle a fait l’objet d’un grand article dans L’Illustration de l’époque, accompagné d’un texte du grand romancier régionaliste Joseph de Pesquidoux. J’en possède le programme ainsi que plusieurs photographies originales, et je vous en reparlerai bientôt. Ce qu’on sait moins, c’est que le succès qu’elle connut entraîna sa reconduction l’année suivante. Je viens d’en acquérir le programme que je vous livre ici bien volontiers. Comme vous le verrez dans le diaporama, il s’agit encore de la cuadrilla et du troupeau Barrère. Deux équipes, celle de Meunier et celle de Gérard, s’affrontaient en un concours amical, appelé « match landais ».

J’ai scanné ce programme et l’ai mais en mode diaporama auquel vous aurez accès en cliquant sur le lien ci-dessous.

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15 septembre 1923 : la mort du grand Giovanni

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Grâce à l’ami Christian Capdegelle, voici le compte rendu paru dans le « Midi-Taurin », le dimanche 23 septembre 1923, une semaine après la mort du grand Giovanni :
« Le brave et réputé torero landais « Giovanni » vient de mourir des suites de la blessure qu’il reçut à Manciet (Gers) le 9 septembre. « Giovanni » ce jour-là, au milieu des ovations de la foule venait d’exécuter une série d’écarts du plus grand mérite lorsque son pied glissa en effectuant le demi-tour dans sa dernière passe ; il tomba à 50 cm de la bête. Avant qu’on ait pu faire le quite la vache porta à l’écarteur un terrible coup de corne qui lui transperça la cuisse de part en part. Dégagé aussitôt par ses camarades qui se jetèrent sur l’animal pour le maintenir, « Giovanni » fut transporté à l’infirmerie des arènes où on lui fit un premier pansement. Son état s’améliorant il fut conduit le lendemain à Dax dans une clinique. On espérait le sauver. Une complication survenue a malheureusement fauché ses espérances et le brave Giovanni toujours plein de courage est décédé le 16 [en fait le 15] septembre. Il était d’origine italienne. L’aficion landaise le pleure. « Midi-Taurin » adresse aux siens ses condoléances émues. »

Des courses landaises à Paris en 1863!!!

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Jusqu’à maintenant, on savait que des courses avaient eu lieu à Paris en 1861 grâce au récit qu’en faisait Prosper Séris en 1889 dans son étude sur les courses de taureaux. On savait aussi qu’elles étaient loin d’avoir enthousiasmé les Parisiens…. Or je viens de trouver une nouvelle mention de courses parisiennes, ou plutôt versaillaises, sous le Second Empire, en décembre 1863. En voici le texte, tiré de la Revue d’Aquitaine de mars-avril 1864 :
« Au mois de décembre dernier, un essai de tauromachie fut tenté au Petit-Trianon. On avait fait venir dans ce but des vaches des Landes de Bordeaux. A un moment donné, les portes de l’ancienne vacherie s’ouvrirent et donnèrent passage à huit pauvres bêtes qui furent immédiatement attaquées par l’aiguillon des picadores. Au lieu de se retourner sur leurs agresseurs, elles se prirent à beugler et à fuir à toutes jambes. Mais comme la plaine était minée par les lapins, les malheureuses génisses s’’enfonçaient sans pouvoir se relever. Elles allaient être relancées à nouveau, lorsque l’’Empereur, qui ne tient pas à l’’implantation de ces spectacles dans les domaines de la Couronne, ordonna qu’’elles fussent vendues. La population de Versailles, dont les goûts sous ce rapport diffèrent complètement des nôtres, se montra, en cette occasion, médiocrement enthousiaste de ce genre de courses. »
Ce qui est étonnant, c’est que ce commentaire rejoint complètement les notations de Séris. Celui-ci se serait-il donc trompé d’année lorsqu’il écrivit ses souvenirs un quart de siècle plus tard? On peut avancer cette hypothèse, d’autant que je n’ai, pour le moment, trouvé aucune référence à des courses à Paris en 1861. L’enquête continue donc… On peut cependant noter au passage que ces courses de Versailles furent données en présence de Sa Majesté l’empereur Napoléon III, qui semblait n’avoir pas le même goût que son épouse en matière de tauromachie ! Adishatz!

Quand les taureaux couraient à Bordeaux en 1604, et étaient interdits à Bazas en 1628…

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Voici un extrait du journal de Jean de Gaufreteau, Chronique bordeloise, tome 2 (1600-1638) (p. 11-12) (édition de 1878), trouvé par Christian Capdegelle. Il nous décrit une course organisée dans les rues de Bordeaux en 1604, et surtout nous fournit une preuve de l’ancienneté de cette coutume pour les fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan et de la Saint Jean à Saint-Sever. Il pointe également que ce type de course se faisait avec des taureaux sauvages dans ces deux villes, alors qu’on se contentait de bœufs dans la capitale girondine… Nous avons conservé l’orthographe et la syntaxe d’époque.

« 1604. – Lure, premier jurat de Bourdeaux, fit courre les taureaux, aux jours gras de cette année, sur les fossés de Saincte-Eulaye, au devant de la maison où il se tenoit sur lesdits fossés. Ayant fait clore de charretes les advenues des rues de Caharnan, du Ha e[t] de la qui n’a point de bout, comme aussi de celles de la grand’rue Saincte-Eulaie e[t] de la ruette de la Plateforme, e[t] mesmes au droit de la Croix, despuis le couvent des Ursulines jusques au niveau des maisons de l’aultre costé, pour donner plaisir e[t] recreation au peuple, disoit-il. Mais est à noter : premierement, que ces taureaux n’estoyent pas des plus furieux ni semblables à ceux qu’on faict courre à Bazas le jour et feste de la Sainct-Jean, au Mont-de-Marsan à la Magdelaine, e[t] à Sainct-Sever à la Sainct-Jean aussi ; secundo, cette course se faisoit avec les chiens des bouchiers, car, en un mot, c’estoyent des bœufs ; tertio, c’est qu’une multitude de peuple, artisants e aultre populasse, tant hommes que femmes, s’estant plassés sur une muraille d’une maison appelée de Boutet, qui joignoit celle où est maintenant le couvent des Ursulines, ces gens chargerent tant cette muraille, qui estoit vielle e[t] menassoit ruine, qu’elle s’esbouilla toute. A cause de quoy, deux hommes y finirent leurs jours, e[t] plusieurs, de l’un de l’aultre sexe, furent estropiés e blessés griefvement ; ce qui fit destourner les yeux des assistants de la course des taureaux, pour voir cet aultre spectacle, qui fut grandement pitoyable. Les charretiers, à recognoistre leurs charretes, se batent. »

Dans le même ouvrage [tome 2 (1600-1638) (p. 157-158) (édition de 1878)], on trouve une mention concernant l’interdiction des courses que l’évêque de Bazas tenta d’imposer en 1628. Comme on le voit dans ce texte, cela faillit avoir des conséquences terribles pour lui-même et pour son frère…
« 1628. – Barraut, evesque de Bazas, cherche à empecher qu’on ne face courre le taureau ; le peuple se mutine et en fait sedition. Il court, à cause de ce, fortune de sa vie, et le comte de Barraut aussi, son frere, seneschal du Bazadois, qu’il avoit appellé pour tenir main forte à l’execution de l’arrest du Parlement et de l’ordonnance de M. d’Espernon. »