1850 : le premier saut à pieds joints

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Il fut semble-t-il réalisé par Joachin, de Saint-Sever, vers 1850, alors qu’à l’époque on ne pratiquait que le saut à la course. Voici ce qu’ajoute Clic-Clac au sujet de ce sauteur : « Ce célèbre toréador était parvenu à sauter les pieds liés, de face, de côté et même en arrière, tournant hardiment le dos au taureau »… Avis aux amateurs et aux professionnels : qui osera le refaire, de dos avec les jambes liées ? !

Sur cette gravure datant de 1887, il s’agit d’un autre type de saut, les pieds dans le béret. Aujourd’hui, nos sauteurs ont fusionné les deux traditions en une seule, les pieds dans le béret et les jambes liées.

Un anniversaire cette année : le premier saut d’un taureau de corrida (16 août 1878)

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La scène se passe dans les arènes de San Sebastian, lors d’une corrida dont le grand Frascuelo était chef de lidia. En fait, elle devait se dérouler le 15 août, mais le mauvais temps l’avait fait reporter au lendemain. Parmi les spectateurs, quelques Landais dont le jeune Paul Daverat, originaire de Laurède. Il avait décidé le matin même qu’il sauterait l’un des toros de cette corrida, et avait obtenu pour cela l’autorisation du directeur de la plaza, du maire de la ville et surtout de Frascuelo qui lui aurait dit, selon certains témoins  : « J’accepte : tant que vous aurez les pieds par terre vous serez sous mon autorité, quand vous aurez les pieds en l’air, vous serez dans la main de Dieu ».

Paul Daverat décide de tomber la veste, le gilet et les chaussures au 4e toro ; il se retrouve alors au centre de la piste devant un terrible pensionnaire de la ganaderia du Marquis de Miraflores, de Colmenar Viejo, et sous les huées d’une foule déchaînée contre lui. La bête fonce alors et, au dernier moment, Daverat s’envole dans un saut à pieds joints exceptionnel. Après les insultes, il a droit à une explosion de vivats, et à une oreille remise en main propre par le matador Frascuelo… L’année suivante, à la date anniversaire, Paul Daverat reviendra dans ces mêmes arènes renouveler son exploit. Sa célébrité était faite.

Georges Garbay (1879-1919)

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Né à Campet-Lamolère le 21 avril 1879, décédé à Mont-de-Marsan le 6 juin 1919

« Bon sauteur des débuts du XXe siècle. A la fin du mois d’août 1900, à Saint-Jean-d’Août, le sauteur Garbay est récompensé par un prix de 40 fr., équivalent de celui de Candau, l’écarteur classé à la 4e place. L’année suivante, à Saint-Sever, il est à créditer du même prix ; puis, alors qu’il suit le troupeau du nouveau ganadero Passicos, il effectue, le 22 septembre, à Bordeaux, « de bons sauts », à la course et pieds joints. En 1902, il se fait remarquer à Orthez où « il est vu pour la première fois » (…). En 1903, lorsque les ganaderos s’attachent une cuadrilla par contrat, Garbay est engagé par Passicos en compagnie de Maurice, un autre sauteur débutant. (…) En 1904, bonnes prestations en mars à Bordeaux ; aussi il fait partie de la cuadrilla qui va travailler dans le Midi notamment à Béziers, le 17 avril. L’année suivante, sous la direction de Marin Ier, et toujours face au bétail de Passicos, Garbay triomphe dans le Midi, notamment à Marseille, les 30 avril et 7 mai. Puis, il est dans le quadrille d’Aramis, qui est en résidence à Arles avec lequel il va de succès en succès, assurant entre 15 et 20 sauts par sortie. (…) En 1908, il est dans la cuadrilla de Meunier qui travaille le bétail de Campan et Dupey. En 1909, lorsque le fils Passicos remonte la ganaderia dacquoise, Garbay participera à 20 courses (…). Les deux années suivantes, on le retrouve chez Dubecq (…). En 1912-1913, Garbay va être le sauteur attitré d’Alexis Robert, nouveau ganadero en formelle. En 1914, il travaillera au sein des cuadrillas du syndicat des toreros.

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 216 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)