Couralet (Camille)

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On va bientôt fêter le 130e anniversaire de la naissance de Camille Couralet. Il est effectivement né le 30 décembre 1889 à Villeneuve-de-Marsan, qui va donner son nom aux arènes locales lors de leur centenaire en 2011. Voici un résumé de sa carrière.

« A Saint-Gor, le 31 mai 1908, Camille Couralet débute face aux coursières du troupeau Dubecq par son premier premier prix, sous la houlette du grand Henri Meunier. Dès cette première année, il va être l’une des têtes de cuadrilla (…) et le restera sans interruption jusqu’en 1913. Ses progrès rapides l’amènent parmi les 15 meilleurs dès l’année 1909. (…) En 1912, alors que Dubecq a renoncé, Couralet reste fidèle au troupeau racheté par le nouveau ganadero Alexis Robert. (…) 1913 va être son année de gloire : après une saison magnifique comptant 11 premiers prix dont celui de 260 fr. à Meilhan, village de résidence de la ganaderia de son patron et surtout celui de l’un des tout premiers concours landais jamais organisés dans l’histoire de la course landaise, le 8 juillet 1913, à Eauze, opposant 8 écarteurs sélectionnés, Couralet se hisse à la 2e place du classement avec 2955 fr. de gains. En 1914, il s’engagera dans les cuadrillas du Syndicat des toreros (…). Au retour de la grande guerre, ses qualités l’amènent à occuper la place de chef chez Lafitte en 1920, chez Ladouès en 1921 et 1923, chez Danthez en 1925, après un passage d’un an comme simple équipier dans la prestigieuse cuadrilla de chez Joseph Barrère, le maître ganadero de Buros en 1924. En 1926, on le retrouve à la tête de la cuadrilla attachée au troupeau Grit, successeur de Danthez (…). A partir de 1927, il va aider René Larrouture, qui a racheté ce troupeau, pour ses débuts en formelle. En 1931, il retrouve le ganadero Lafitte à qui René a vendu ses coursières et en 1933, alors qu’il est âgé de 44 ans, il met un terme à sa carrière. Sa moustache de poilu, sa verve et son intrépidité légendaire ont fait de Camille Couralet l’une des figures emblématiques de l’entre-deux-guerres. En 1945, à 56 ans, n’ayant pu résister à la tentation d’effectuer un écart, il est mortellement blessé dans ses arènes de Villeneuve-de-Marsan ».

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 108-109 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Pour compléter la biographie de Couralet, voici 3 dessins de Gaston Rémy tirés de sa brochure sur Les courses landaises. Camille était, comme on le voit, en fin de carrière…

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1889 : la Gran Plaza de Toros du Bois de Boulogne, à Paris

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Il n’y a pas que les arènes du Plumaçon et la Tour Eiffel qu’on inaugura en 1889, il y a 130 ans… C’est en effet le 10 août de cette année-là qu’on coupa également le ruban de l’arène du Bois de Boulogne, que j’avais simplement citée dans un ancien article (https://patrimoinecourselandaise.org/2017/03/03/les-courses-de-taureaux-et-les-courses-landaises-1889/ ).

Aussi appelée « Plaza de la rue Pergolèse », elle connut essentiellement des corridas, mais le quadrille de Marin s’y produisit en 1892. Grâce à notre jeune amie coursayre (et historienne de l’Art) parisienne Adeline, qui s’est plongée dans tous les fichiers et répertoires de la capitale, en voici une photographie extérieure (Plaza de toros, 60 rue Pergolèse, Paris, Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Va­315 (2) Fol.). C’était un véritable monument de 300 m. de circonférence (polygone régulier de 30 côtés de 10 m., muni de 30 portes et d’une toiture mobile. Le diamètre de la piste était de 56 m. L’édifice comportait 11 rangées de gradins, 116 loges, 22 000 places, 40 stalles d’écurie et 6 corrales de 10 m². Son inauguration eut lieu, comme nous l’avons dit, le 10 août 1889, avec les plus fines lames d’Espagne, et elle n’eut, comme beaucoup de ces bâtiments construits pour les Expositions universelles ou internationales, qu’une vie éphémère. Sa fermeture intervint en effet le 6 novembre 1892. Voici d’ailleurs, toujours grâce à Adeline, ce que disait la presse de l’époque au sujet de cet événement.
« La Plaza de Toros. On vient de vendre, moyennant 15 000 francs environ, tout le matériel du fameux Cirque de la rue Pergolèse, où ont eu lieu, depuis 1889, des courses de taureaux, d’abord très suivies, puis finalement abandonnées par le public. Et maintenant ces arènes, les plus belles du monde au dire des Espagnols eux-mêmes, sont menacées d’une disparition totale et prochaine. A ce propos, voici, en quelques lignes, leur courte et lamentable histoire.
Vers la fin de 1888, une société d’éleveurs de taureaux espagnols, ainsi constituée : M. le duc de Veragua, M. le comte de Aresana, M. le comte del Vilar et M. le comte de Patilla, obtint du gouvernement français l’autorisation de donner pendant l’Exposition, des courses de taureaux sans effusion de sang. On voulut faire grand, puisqu’on était Espagnol. Les terrains pour lesquels on contracta des achats, des baux et des promesses de vente furent estimés à 4 400 000 francs. On y éleva la superbe construction que l’on connaît (MM. Courboul et Delaborde, architectes) et qui ne coûta pas moins de 5 millions de francs. Les travaux furent exécutés en quatre mois, sauf la coupole, qui ne fut construite qu’en 1890.
L’ouverture eut lieu le 10 août 1889. Depuis cette date jusqu’au 10 novembre de la même année, on encaissa 1 200 000 francs. La plus belle recette, celle du 12 septembre, s’éleva à 75 000 francs. En 1890 et 1891, les bénéfices furent moindres : la société espagnole laissa place à une société anonyme qui fut mise en faillite avec un déficit de 860 000 francs. Si les recettes étaient belles, les frais étaient énormes, chaque taureau coûtait 1 500 à 5 000 fr., et il était revendu après la course 250 francs à un boucher. Toutes ces bêtes provenaient des terres de M. le duc de Veragua qui pratique l’élevage du taureau de combat sur une grande échelle, s’il est permis de s’exprimer ainsi, et qui n’a pas moins de 3 500 têtes de ce bétail particulier. Les toreros se font payer bon prix. Angel Pastor et sa cuadrilla, composée de cinq hommes, coûte 3 500 francs par course. (…) Les autres prima spada étaient ainsi rétribuées : Cara-Ancha, 4 500 francs (par course, bien entendu) ; Mazzantini, 5 000 ; Lagartijo, 6 000 ; Guerrita, 6 000 : Espartero, 6000. Le cavalier en place recevait, pour lui seul, 1 000 francs par séance. Tout compté, les frais, pour chaque représentation, s’élevaient à 25 000 ou 30 000 francs.
Les habitants du quartier rappellent avec de gros soupirs ces jours de splendeurs. Malgré tout, ils ne veulent pas croire que l’on puisse se résoudre à démolir cet édifice, alors surtout qu’on tirerait à peine deux cent mille francs de ce qui a coûté cinq millions. »
Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique, n° 8, 30 avril 1893, p. 240-­242

Une catastrophe à Bordeaux en 1870

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Parmi les dernières courses du Second Empire, il faut signaler celles qui étaient prévues à Bordeaux au mois de juillet 1870, mais qui, malheureusement, ne purent avoir lieu en raison d’une terrible catastrophe : l’écroulement des gradins.
Voici ce que nous en dit La Petite Gironde, dans son numéro du 20 juillet 1870 :

« CATASTROPHE A BORDEAUX. Voici quelques détails sur le lamentable événement que nous avons annoncé sommairement dans notre dépêche télégraphique d’hier. Des courses landaises étaient annoncées pour dimanche au Parc-Bordelais. Un cirque, entouré de balustrades, avait été disposé pour ce spectacle.
Les places étaient encombrées vers trois heures quand un mouvement d’oscillation, suivi d’un craquement, se fit entendre. Toute l’estrade des troisièmes et une partie des secondes s’affaissaient.
L’affaissement ne se fit pas perpendiculairement, ce qui aurait amené de bien plus grands malheurs encore. L’échafaudage s’écroula lentement par un mouvement en avant comme celui d’un navire que l’on lance, glissant sur sa cale.
En ce moment un cri immense déchira toutes les poitrines. Il faut renoncer à peindre l’effroyable confusion de cette scène déchirante. Les secours ne tardèrent pas à pouvoir être dirigés et quelques moments après la catastrophe, les trop nombreuses victimes étaient retirées des décombres et recevaient les premiers soins. Comment exprimer l’épouvante de la foule, son émotion et sa douleur ? Comment raconter les embrassements des parents, des amis se retrouvant sains et saufs après s’être cherché, en proie aux plus poignantes alarmes ? Comment dépeindre ces mères éplorées accourant par tous les chemins et interrogeant les flots presses de cette foule en deuil ?
On signale beaucoup d’actes de dévouement. Six morts sont déjà à la Morgue.
Le nombre des blessés est au moins de 120. M. Labbé, architecte du département, ajoute Le Courrier de la Gironde avait été appelé à examiner les baraques qui se sont effondrées, il aurait ordonné d’exécuter des travaux de soutènement qui n’ont point été faits. »

Le lendemain, Le Rappel précise que la tribune qui s’était effondrée était celle des places à 1 franc et qu’environ 700 personnes y avaient déjà pris place. Ce journal cite le nombre de 7 morts sur le coup, d’une centaine de blessés et de cinq personnes qui seraient décédées à leur domicile des suites de leurs blessures.

L’Echo Rochelais fournit le 23 juillet plusieurs renseignements supplémentaires:

« NOUVELLES DIVERSES. Terrible événement du Parc-Bordelais. Hier, à trois heures de l’après-midi, un événement terrible est venu jeter la consternation dans la foule immense et joyeuse qui se pressait au Parc pour jouir d’un spectacle nouveau, « les courses des vaches landaises ». Au moment où les écarteurs allaient accomplir leurs prouesses, une oscillation se produisit dans les tribunes des troisièmes ; un cri épouvantable se fit entendre, et 1.500 spectateurs environ furent précipités sur le sol, foulés, étouffés, meurtris, hachés.
Comme on le pense, l’émotion était à son comble, la terreur se répandait, horrible, dans la foule frémissante. Avec la rapidité de l’éclair, ces échafaudages furent enlevés, culbutés, et, spectacle affreux, on ne voyait qu’un horrible mélange
D’os et de chairs meurtries…
De lambeaux pleins de sang et de membres affreux.
Les parties voisines de l’arène étaient encombrées de blessés, de mourants et de morts. Deux cents personnes couraient affolées, contusionnées, et chaque pied d’arbre servait de lit de douleur à soixante personnes environ, plus grièvement blessées qqe les autres. Les secours ont été donnés avec plus de précipitation que de science. Toutes les voilures qui se trouvaient sur le lieu du sinistre ont été requises et utilisées, y compris celle de M. le préfet, qui l’a mise immédiatement à la disposition des blessés, en ordonnant de faire un service rapide et multiplié. Vers quatre heures, la foule a été admise à un spectacle navrant. Trois corps avaient été déposés dans une des salles de l’établissement de M. Jandin. Tristes, recueillis, tous sont passés dans celle chambre ardente sans reconnaître ni un parent, ni un ami, dans ces trois corps tout à l’heure encore remplis de vie. Après cette marche funèbre, les trois cadavres ont été transportés à la Morgue. Les causes de cet accident épouvantable seront débattues et découvertes dans l’enquête ouverte à cet effet. Dans tous les cas et d’avance, nous ne pouvons nous empêcher d’accuser d’incurie l’administration municipale, à qui incombe le soin de sauvegarder la sécurité publique. »

Comme quoi les commissions de sécurité ont toute leur légitimité à parfois être pointilleuses….

 

Les courses à Bordeaux en 1872 (2)

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Je vous l’avais promis, et je tiens cette promesse ! Voici donc le compte-rendu de cette joute entre Landais et Espagnols, certainement l’une des premières de ces courses hispano-landaises qui deviendront très à la mode deux décennies plus tard. Et bien sûr, l’on y voit ce furent les Landais qui tirèrent largement leur épingle du jeu… A noter, au passage, la très bonne analyse du chroniqueur sur la différence entre bêtes espagnoles et landaises. On trouve cet article toujours dans La Petite Gironde, le 8 juin 1872 :

« Hier, aux Arènes-Landaises, il y avait moins de monde que dimanche ; on peut cependant évaluer à quatre mille le nombre des curieux. La journée a été fort triste : un accident est arrivé et les courses n’ont, rien valu : les banderilleros manquaient de sang-froid, et l’écarteur landais Tegnest a été fortement blessé. Nous n’hésitons pas à rendre le public responsable de ce regrettable accident ; ses exigences irréfléchies en sont la cause. Une seule chose peut lui servir d’excuse : son inexpérience des courses. Nous y reviendrons, mais procédons par ordre :
Les Espagnols ont d’abord fait une entrée assez grotesque; leurs costumes étaient non seulement fanés, mais sales ; leurs capas étaient de véritables guenilles. Trois cavaliers formaient la tête du cortège; ils étaient suivis de quatre pages, six lanceros et six banderilleros qui, seuls, sont demeurés dans l’arène.
Lorsque ces gens-là se sont trouvés en présence des taureaux landais, ils ont perdu, non leurs jambes, mais leur sang-froid. Grande, en effet, est la différence entre le fougueux taureau des ganaderias espagnoles qui n’a jamais couru et celui qui est rompu aux courses landaises : le premier, aveuglé par la colère, court en ligne droite sur la capa ; son élan est si fort, qu’il passe à côté du banderillero qu’il effleure, sans pouvoir modérer la rapidité de sa course et se détourner de la ligne droite. Autres sont les habitudes du taureau landais ; par suite de la fréquentation des arènes, il devient plus circonspect, plus dangereux, plus avare de courses irréfléchies ; il ne court plus sur l’homme que si ce dernier est décidé à l’attendre de pied ferme, « à 15, 20, 30 mètres de distance au plus ; » on est obligé d’employer la ruse (par exemple l’emmener dans un coin de l’arène) pour le faire partir de plus loin. Sauf de rares exceptions, sa course n’est jamais en ligne droite; même en courant, sa tête suit toujours les mouvements de l’écarteur ; ajoutons qu’il s’arrête court lorsqu’il arrive au but ; il fait plus : il se retourne brusquement et il se précipite de nouveau sur l’homme qui, ne se trouvant plus qu’à un pas des cornes, serait presque toujours pris sans le secours de la corde. Avec de pareils animaux, on s’explique donc l’utilité de cette dernière; elle est destinée à préserver l’écarteur de ce qu’on appelle « le second coup de tête ».
En présence donc de taureaux qui ne partaient pas franchement, les Espagnols, déconcertés, ont dû renoncer au simulacre de tuer le taureau ; ils n’approchaient même qu’en hésitant, pour lancer leurs capas et s’enfuir aussitôt ; s’ils plantaient des cocardes et des banderilles, ce n’était non plus qu’en courant et en coupant perpendiculairement la ligue suivie par le taureau ; en termes de courses, c’est ce qu’on appelle « écarter au coupé » ; ce genre d’écart, sans danger, est peu gracieux ; sur les arènes landaises, il n’est toléré que pour les novices. Les bêtes, de leur côté, voyant ces gens-là se tenir à distance, demeuraient longtemps sans bouger de place ; souvent même elles refusaient absolument de sortir du toril.
Le public, impatienté d’assister a un spectacle si peu récréatif, s’est mis à murmurer. Quelques cris : « Les Landais ! A la porte les Espagnols ! » se sont fait entendre. Pour le calmer, le banderillero Luis Aspiri a franchi deux fois une vache espagnole. Pour faire ce que l’écarteur Camiade avait exécuté dimanche sans nul secours, Aspiri s’est aidé d’une perche ; aussi, le public ne lui a-t-il pas tenu compte de sa tentative : les murmures ont redoublé ; les cris, les sifflets, les trépignements, disons plus : les hurlements étaient arrivés à leur paroxysme, et le directeur était sommé de faire apparaître les Landais, C’est alors que, pour complaire au public, et malgré le danger qu’il y a à écarter sans capa un taureau libre, l’écarteur Tegnest s’est dévoué. Son costume étant moins éclatant que ceux des Espagnols, pour attirer les regards du taureau, il a eu l’imprudence de se placer à quinze mètres environ de l’animal : le premier écart a été réussi, mais le second coup de tête l’a renversé.
En Espagne, comme dans le Gers et les Landes, il est d’usage que, lorsqu’un homme est pris,tous ceux qui se trouvent dans l’arène doivent courir sur le taureau pour le détourner ; ici, avant d’aller au secours de Tegnest, les Espagnols ont hésité, et ont ainsi laissé le temps au taureau de lui labourer le corps avec ses cornes. Ils avaient l’air presque satisfaits de l’accident.
La course s’est terminée aussi tristement qu’elle avait commencé; le public est parti fort mécontent ; mécontent aussi était le directeur des courses, d’avoir eu un homme blessé et un taureau écorné.
Dimanche prochain, courses landaises; espérons qu’elles ressembleront aux avant-dernières, et non à celles que nous venons de décrire. »

Le jury

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La tourmente qui secoue parfois le sable de nos arènes est loin d’être nouvelle… Voici le témoignage personnel que rapporte Clic-Clac sur ce sujet brûlant :

« J’étais un jour Président du Jury et les fêtes étaient terminées, lorsqu’on vint m’annoncer qu’un écarteur qui ne brille pas précisément par la modestie, était furieux contre moi et avait même proféré des menaces. Comme je n’ai pas l’habitude de m’émouvoir facilement, j’allai le trouver et il faut avouer que je fus assez fraîchement reçu. Je tins tête et je dis au toréador : « Vous avez touché 90 fr. et vous prétendez avoir fait cinquante écarts ; eh bien, devant tout le monde, je vais vous prouver que vous avez menti et que nous vous avons donné beaucoup plus que vous ne le méritiez. » Je tire de ma poche mes notes des deux jours de course et je lui dis brutalement : « Vous savez que nous connaissons la course et tous ses trucs ; inutile de nous monter le coup n’est-ce pas ? Combien avez-vous fait d’écarts dignes d’être marqués ? » Sans la moindre réflexion il me répondit vivement : « Monsieur, j’ai fait vingt-un écarts. » Je me pris à sourire et lui tendis mon papier où étaient en effet marqués les vingt-un écarts qu’il avait annoncés. Sa confusion fut grande et son silence facilement obtenu ; le farceur espérait, en criant beaucoup, se faire allonger un louis de plus. Ça ne réussit pas. »

Et il ajoute avec malice : « Vous ririez bien, si je vous disais que j’ai vu un jour, en pleine Chalosse, un jury composé de trois borgnes !!! Eh bien, ça n’allait pas plus mal pour cela ».

Pour illustrer ce commentaire, une belle (et rare) image de la distribution des prix à Samadet, avec l’écarteur sur l’escalot et le jury à la pitrangle.