7e étape : la vache en piste

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Voici la vache au centre de la piste. La légende est éloquente : « Dans l’attente d’un vaillant »… Et on la comprend mieux lorsque l’on voit que cette coursière ne semblait pas emboulée ! Pour les collectionneurs, il existe une carte avec ce même cliché, mais avec une légende différente et plus sobre : « Gabarret. Les tribunes des Arènes ».

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Toujours à Gabarret, avec des acteurs qui semblent s’être donné rendez-vous près des barrières…

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Belle vue des tribunes endimanchées d’Eauze, avec une vache peut-être sans corde et qu’on essaie de placer dans l’axe pour un départ côté loges.

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Toujours à Eauze, face aux superbes tribunes en arc-de-cercle. S’agit-il d’un écart à la sortie des loges, ou bien la vache est-elle cachée par les écarteurs? Toujours est-il que le second, rarement présent sur les cartes postales d’époque, est ici aux côtés de l’écarteur.

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Nous voici maintenant à Orthez, et le « debisayre » Jean Lalanne aurait bien du mal à commenter cette tentative d’encerclement de la vache par les écarteurs… C’est vrai qu’il est parfois dur de la placer ! Ou bien tentaient-ils de la faire rentrer dans sa loge…?

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Il y avait parfois beaucoup de monde au milieu de la piste, comme ici dans les toutes nouvelles arènes de Mugron. Le photographe a donné à cette image montrant un certain désordre une légende relativement positive : « Un beau lot d’écarteurs ». Sans doute s’agissait-il ici d’affronter une vache sans corde à laquelle chacun pouvait s’essayer…

Etienne MOUCHEZ, dit Pelioü

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Né à Campet-et-Lamolère le 8 février 1866 ; décédé à Dax le 13 octobre 1932

« Très bon écarteur de la fin du XIXe siècle, indifféremment nommé par son patronyme ou par son surnom. Dès 1885, il partage un premier prix à Montaut avec les étoiles Bellocq et Bras de Fer. L’année suivante, on le signale, à l’âge de 20 ans, dans une tournée en Provence, aux côtés de Beaumont et Casino notamment. Cette année-là, Mouchez décroche le deuxième prix aux fêtes de Mugron où Kroumir réussit son deuxième saut périlleux de l’histoire. En 87, il fait partie de la cuadrilla d’élite qui affronte les pensionnaires des ganaderos Lagardère et Bacarisse, au mois de janvier, à l’hippodrome de Paris, devant plus de 10 000 spectateurs. En 88, il triomphe au mois d’octobre à Dax. L’année suivante, Mouchez va se distinguer en remportant le premier prix des fêtes de Saint-Sever puis le deuxième de 140 f. à Saint-Vincent-de-Tyrosse, le 16 juin. Il remporte la course du 14 juillet à Dax et le prix de 140 f. et triomphe aussi aux fêtes de Mugron. En 90, pour sa présentation à Bordeaux, au début du mois de mai, il reçoit une formidable ovation. Lors de sa deuxième sortie dans la capitale girondine, le 16 mai, il triomphe devant Boniface et le grand maître Marin Ier. A Saint-Sever, son absence est déplorée par la presse. (…) En 91, début avril, à Bordeaux, Mouchez « toujours très correct et vaillant » et se révélant « comme un excellent camarade », accroche le troisième prix, après un bon travail face aux toros de Campion et Rodriguez et devant les redoutables Morica et Curiosa du ganadero Degos. Il travaille alors dans la cuadrilla du chef Nicolas qui devait se mettre en grève à Peyrehorade. L’année suivante, alors qu’il suit le bétail de Bacarisse et Lagardère, avec Bellocq comme chef de cuadrilla, (…) il s’octroie le premier prix de 200 f. des fêtes de la cité thermale. En 94, (…) le premier prix de 160 f. pour Mouchez « l’intrépide », aux fêtes de Pomarez. L’année suivante, il partage le premier prix des fêtes de Pontonx-sur-l’Adour avec Bras de Fer. (…) Mouchez « qui écarte sur le saut et sur la feinte » participe en octobre, à Bayonne, à une course hispano-landaise dans la cuadrilla de Félix Robert, le 6, puis au grand concours landais du 20. (…). En 98, (…) il subit en place d’Hagetmau une terrible cornada de la part de la Cereza de Bacarisse qui va lui occasionner une hémorragie dont il aura beaucoup de peine à se remettre. L’année suivante, pourtant, il se distingue à Saint-Geours-de-Marenne et à Arcachon pour l’Ascension. Par la suite, Mouchez qui appartient à la cuadrilla du ganadero Passicos signera encore quelques bons résultats. (…) En 1904, « le vieux maestro », « toujours désireux de plaire à son public », se distingue notamment à Béziers et à Bordeaux (…). En 1906, il décroche encore un premier prix et 3 deuxièmes ; mais le 12 août, en place de Mugron, la Palmiera de Portalier lui crève les deux yeux. Aveugle, à 40 ans, Mouchez se retire à Dax, regretté par l’ensemble des aficionados. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 419-421  (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Loges et tribunes: Nogaro (Gers)

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Les habitués de la Corne d’or auront de la peine à reconnaître la « place des arènes » de Nogaro, où les enfants des écoles gambadaient au milieu des barriques ! Aujourd’hui, de magnifiques arènes en dur y ont été construites, mais les arbres y sont toujours…

Je vous présenterai bientôt d’autres images de ces arènes jusqu’à leur version actuelle.

Charles Despouys, dit « Le Montfortois » (1884-1951)

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En tant qu’ancien Montfortois moi-même, je ne pouvais que mettre en avant cet ancien compatriote, né à Montfort-en-Chalosse le 7 mai 1884 et décédé également à Montfort le 28 mars 1951! Voici ce qu’en dit Gérard Laborde:

« Le jeune Montfortois, petit-fils du célèbre teneur de corde Lamothe, tourne ses premiers écarts à Saint-Geours-d’Auribat protégé à la corde par Bop, un ancien écarteur, son patron boulanger chez qui il effectue son apprentissage. Débuts en formelle à 17 ans, à Bordeaux-Caudéran, le 25 avril 1901 où Le Montfortois, comme on le désigne alors, est sévèrement châtié par la terrible Mogone. Au mois de juin, toujours devant le rude bétail de Bacarrisse, il décroche le deuxième prix de 150 f. de la Saint-Jean, à Saint-Sever, battu seulement par Jean Fillang, la nouvelle étoile de l’époque. Durant ses deux premières saisons, Charles Despouys va triompher à 5 reprises devant les coursières de Cauna. Mais comme il se révèle être un écarteur sincère, attaquant la bête de loin, capable d’écarter ou de feinter des deux côtés, il va subir de graves blessures comme celle que lui inflige la Maravilla, en 1902, à Grenade-sur-l’Adour. L’année suivante, il est tête de cuadrilla chez Bacarisse tout comme chez Passicos, en 1904. Cette année-là, la Tabernera le blesse sérieusement à Bordeaux, ce qui ne l’empêche pas d’y remporter le deuxième prix de 115 f. et d’être au palmarès des fêtes de Dax avec un sixième prix de 160f.! En 1906, « Montfortois l’étoile grandissante va se produire pour la Madeleine » à Mont-de-Marsan. Il remporte aussi un énorme succès à Estang et est ovationné à Montaut après son travail devant la terrible Paloma sortie sans corde. Autre exploit : il affronte la Caputchina sans corde et cornes nues! (…) Lorsque Portalier reprend le troupeau à partir du 28 mai de cette année-là [1906], Despouys va rester tête de cuadrilla chez lui pendant trois années consécutives. Il est alors dans la plénitude de ses moyens, et malgré de nouvelles blessures comme celle infligée par la Cuerbita, à Dax, en 1907, il remporte 7 premiers prix cette année-là. En 1908, alors qu’il a été promu chef de sa cuadrilla, il remporte 6 premiers prix et avec 2926 f. de gains, celui que l’on nomme désormais par son patronyme de Despouys, pointe à la 3e place du classement. (…) En 1910, il signe chez Barrère dont il devient une tête de cuadrilla pendant deux ans. Malgré une nouvelle blessure que lui inflige Rayona, il s’octroie 3 premiers prix dont un avec un grand succès à Mugron ainsi que 8 deuxièmes prix pour 31 courses. (…) En 1912, Charles Despouys est au sommet de son art, ce qui fait écrire à Clic-Clac, le célèbre revistero de l’époque: « Despouys est actuellement le grand maître du classicisme et de l’art landais. Il est impossible de pousser plus loin le purisme car ce vaillant a perfectionné son jeu à l’extrême… ». Alexis Robert, le nouveau ganadero de Meilhan, l’engage comme chef. Despouys se distingue en remportant 13 premiers prix dont celui des fêtes de chez lui à Montfort-en-Chalosse et celui du 22 septembre à Bordeaux lors d’un concours opposant sa cuadrilla à celle de Giovanni attachée au ganadero Passicos (…). En 1913, 8 nouveaux premiers prix et surtout un quite salvateur à Dax, où, couché de tout son long sur son infortuné collègue Lafayette, gravement touché, Despouys le sauve d’une issue qui pouvait être fatale. Au mois d’octobre, il travaille, à Arles et Marseille, les vaches nouvelles que Paul Nassiet vient d’acheter. Il sera même blessé par l’une d’elles à Bordeaux, au cours du même automne. (…) En 1914, Charles Despouys intègre la cuadrilla « l’Élite landaise » qui regroupe sept des tout meilleurs de l’époque et qui propose aux organisateurs d’affronter le bétail des 4 grandes ganaderias de formelle. Puis, après quelques courses à Biarritz, en 1918, devant des vaches de Nassiet, il arrête sa carrière d’écarteur. En 1921, il est engagé comme teneur de corde par Lafitte, le ganadero d’Eauze. Si les deux premières années, ses prestations sont assez souvent maladroites, sa ténacité et sa bonne volonté vont lui permettre de se hisser à la hauteur des meilleurs spécialistes de cette fonction si délicate. Et, pendant une bonne vingtaine de saisons, il va faire profiter de son expérience la plupart de ceux qui seront les vedettes de l’entre-deux-guerres chez Lafitte dont il deviendra même le fondé de pouvoirs. De 1927 à 29, Despouys sera directeur de la ganaderia éluzate et c’est son nom qui paraîtra sur les affiches. En hommage : la médaille de bronze de la reconnaissance de la F.F.C.L. en 1967. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 144-145 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur). Voir aussi : La Course landaise, 11 juin 1967 : « Charles Despouys, écarteur de vérité », par Le Carillonneur

Le 26 octobre 1913, à l’occasion d’un Congrès taurin, le journal « La Course landaise », autrement appelé en raison de sa couleur « la Tuile », édita un certain nombre de cartes postales, ornées chacune du portrait d’un « torero landais », dont celui de Despouys.

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Voici un autre très beau portrait de Charles Despouys. Il parut en 1911 dans un journal taurin intitulé L’Echo de l’Arène.

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Et enfin, Voici une photo prise dans les arènes de Pomarez en 1905 et qui le représente en plein saut d’appel. C’est une image d’une exceptionnelle qualité, car même si l’instantanéité avait fait des progrès à l’époque, on a rarement l’occasion de voir des arrêts sur image aussi précis… Le second, par contre, ne reste pas vraiment dans l’axe!!!

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