« Spectacles méridionaux : une course landaise » (1903)

nouv_ill_1

C’est ainsi que s’intitule un article paru dans Les nouvelles illustrées, n° 73 du 15 octobre 1903 (p. 82 et 83), et signé des initiales « G. S. ». Il fait suite à un autre article consacré à nos Landes et présentant le travail du résinier.

L’auteur y détaille les différentes phases de la course, depuis le paséo exécuté au son de Carmen (la célèbre Cazérienne n’est pas encore née) jusqu’à la dernière vache destinée aux amateurs courageux. Son intérêt réside surtout dans les images qui l’illustrent et qui sont l’œuvre d’un certain « J. Georges ». Celui-ci nous montre des arènes non localisées, et dont la particularité réside dans la grande porte située sous les tribunes, au centre des loges. C’est l’une des rares représentations d’une telle configuration, et cette singularité devrait nous (ou vous) permettre de l’identifier un jour…

On y voit aussi la traditionnelle montée à l’escalot qui permettait aux écarteurs d’aller chercher leurs prix et primes à la tribune officielle.

nouv_ill_5.jpg

Et enfin, quelques images de la course elle-même:

nouv_ill_4.jpg

nouv_ill_2.jpg

nouv_ill_3.jpg

La présentation des cuadrillas… en 1907

cuadrillas_1907.jpg

C’était il y a exactement 110 ans, dans La Talanquère !!! Voici la belle présentation des 3 grandes cuadrillas qui allaient se livrer une lutte acharnée durant la temporada 1907 : Dubecq, Barrère et Portalier. Les hommes de Joseph Barrère étaient un peu les « Américains » de l’époque, avec les Giovanni, Fillang, Lafau, Darracq et pour teneur de corde Kroumir II, dit Flam, que l’on reconnaît en haut à gauche à sa superbe moustache.

1887 : les grandes Fêtes du Soleil à Paris (suite)

1887_paseo.jpg

Pour compléter l’article que je leur ai déjà consacré (https://patrimoinecourselandaise.org/2016/02/21/1887-les-grandes-fetes-du-soleil-a-paris/), voici quelques éléments historiques supplémentaires sur les Fêtes du Soleil organisées à Paris, en janvier 1887, au profit des victimes des inondations catastrophiques du Midi.

Le journal Gil Blas fait ainsi, le 14 janvier, le compte-rendu de l’arrivée de nos Landais dans la capitale et surtout le portrait de leur chef, Joseph Marin :

« A la même heure, débarquait à la gare d’Orléans le quadrille landais.

Son chef, Josef Marin, petit, trapu, vêtu d’un costume noir sans prétention, coiffé du béret pyrénéen, est un homme de vingt-deux ans au visage basané, à l’œil noir, à la moustache fine.

Il n’est pas comme le Pouly toréador par tradition de famille, puisque, durant le premier semestre de l’année, il travaille en qualité de forgeur mécanicien dans une des principales usines de Bordeaux. Ses exercices consistent surtout dans le double bond périlleux, le coup du béret, le saut avec les pieds liés, etc. Il a engagé un précieux collaborateur, Paul Daverat, garçon de haute stature, larges épaules, à la figure mâle, dont les voltes téméraires feront tressaillir d’aise plus d’une Parisienne blasée.

Le quadrille landais, qui se compose en outre de Barrère, Banos, Chéri, Lapaloque, Nassiet, Lacroix, Firmin, Mouchez, Casino, etc., a élu domicile dans un hôtel de la rue Rochechouart. »

Le même quotidien publie, dans son édition du 18 janvier suivant, un compte-rendu de leurs premières prestations qui nous fournit notamment de précieuses indications sur le costume des acteurs, encore calqué sur celui des matadors et où l’on appréciera la variété des assemblages de couleurs :

« Deux courses landaises ont succédé à cette première course provençale, avec deux taureaux à cornes relevées: Escriba, taureau cendré, et Pelegrina, taureau noir. […] On m’excusera si je ne fais pas, comme en Espagne, le compte-rendu de cette course en vers. Elle présente encore moins d’analogie que les courses provençales avec les courses madrilènes; mais je serai aussi lyrique que possible. En dépit d’un taureau levantados, qui, à diverses reprises, a voulu et a même réussi à escalader la barrera, ou, pour parler français, la barrière intérieure, il y a eu divers exercices des plus réussis. Voici tout d’abord la composition du « quadrille » landais:

Josef Marin, chef du quadrille. Costume rouge, ceinture blanche, béret rouge.

  1. Paul Daverat, premier sauteur. Costume bleu, béret bleu.
  2. Lapaloque, écarteur sans rival. Costume rouge, gilet jaune.
  3. Nassiet, sauteur sans perche. Veste noire, culotte blanche, béret rouge.
  4. Barrère, dit le Zéphir. Costume noir, béret bleu.
  5. Banos. Culotte verte, veste noire, béret rouge.
  6. Chéri. Bas bleus, culotte blanche, veste bleue.
  7. Casino. Veste noire, culotte bleue, béret rouge.
  8. Mouchez. Veste bleue, culotte blanche, béret rouge.
  9. Lacroix, teneur de corde.

Si Josef Marin est un remarquable chef de quadrille, Paul Daverat est un sauteur incomparable. Il est merveilleux d’agilité, d’adresse et de précision. Tour à tour il a fait le saut du taureau avec et sans élan, les pieds liés avec un mouchoir, ou tenant un mouchoir entre ses pieds joints — et cela sans manquer aucun exercice… C’est, avec le Pouly, le roi de la fête !

1887_saut_1.jpg

On a eu un moment d’émotion : l’un des hommes du quadrille a été renversé à terre par le taureau ; il y a eu quelques petits cris d’effroi. L’homme s’est relevé : il en a été quitte pour un léger saignement de nez et une dent, le pied du taureau l’ayant atteint. Il a continué la course jusqu’à la fin.

A une course suivante — pour liquider la partie incidents (ne pas lire accidents) — un autre homme du même quadrille a reçu un coup de cornes dans la partie postérieure de son individu. Il n’a pas paru s’en apercevoir. Ce que c’est tout de même que la force de l’habitude !

Les âmes sensibles peuvent donc se rassurer et les membres de la Ligue antivivisectionnistes peuvent dormir tranquilles ! Taureau embolados et hommes désarmés ne se sont pas fait de mal ! L’adresse et le courage l’ont emporté sr la force. […]

Le spectacle a repris avec une course landaise, avec Avelina qui appartient à la race des parados — pour continuer quand même à parler espagnol — c’est-à-dire à la famille des indolents. Mais avec Mazantini, taureau noir aux cornes blanches, nous avons assisté à une course hors pair. Paul Daverat a fait notamment, par dessus le taureau, une série de sauts en travers, puis de sauts périlleux droits des plus réussis. Cet homme est étonnant ! Il n’a pas une hésitation, et c’est à coup sûr qu’il escalade l’obstacle vivant qui est devant lui.

Nous avons vu, à cette course, les sauts avec perches. Trois sauts ont été ainsi exécutés presque en même temps, et sur le même bond du taureau, par trois des hommes du quadrille. On a applaudi à outrance ! […]

La dernière course landaise, avec Furiosa et Naranja a été moins réussie. Non pas que la quadrilla y ait été inférieure à elle-même; mais la dernière de ces bêtes, notamment, était par trop parados, c’est-à-dire indolente. Elle a carrément refusé de marcher. Ce fait, qui se produit parfois, a eu le don d’exciter l’hilarité des spectateurs.

De même le « cabestan », comme on l’appelle dans le Midi, c’est-à-dire le taureau dressé qui va chercher les taureaux et les entraîne au toril, après la course, a eu un succès de gaieté très marqué. On appelle ce taureau le Dompteur ou Mazagran. »

 

 

Palmarès de la Coupe Tauromachique de la ville de Dax (1955-2017) (écarteurs)

20160811_155005.jpg

A l’issue du 63e concours, voici le palmarès à jour de cette fameuse « Coupe tauromachique de la Ville de Dax » que tout écarteur rêve de gagner un jour.

1955 : MICHEL I
1956 : FORSANS et LAFFITAU
1957 : LABOURDETTE
1958 : MAXIME
1959 : GANTOIS
1960 : FORSANS et LABOURDETTE
1961 : RAMUNTCHO
1962 : LEY
1963 : GERARD (Saqueboeuf)
1964 : DUFAU Ferdi
1965 : RAMUNTCHITO
1966 : RAMUNTCHO
1967 : RAMUNTCHITO
1968 : FORSANS
1969 : NOGUEZ
1970 : FORSANS
1971 : PIERROT (Larrère)
1972 : RAMUNTCHITO
1973 : MARC-HENRI
1974 : RAMUNTCHO
1975 : RAMUNTCHO
1976 : RAMUNTCHO
1977 : RAMUNTCHITO
1978 : RAMUNTCHITO
1979 : RAMUNTCHITO
1980 : MOUCHET
1981 : RAMUNTCHO
1982 : MARC-HENRI
1983 : LAPLACE Didier
1984 : BORDES
1985 : RAMUNTCHITO
1986 : DESCAZAUX
1987 : RACHOU
1988 : RAMUNTCHO
1989 : RACHOU
1990 : DUCASSOU
1991 : BERGAMO
1992 : RACHOU
1993 : BIDAUBAYLE
1994 : DESCAZAUX       1995 : DUSSAU
1996 : DUSSAU
1997 : LAUREDE
1998 : DUSSAU
1999 : GOEYTES
2000 : DUSSAU
2001 : DE ROVERE
2002 : LARRIEULE
2003 : VERGONZEANNE
2004 : DE ROVERE
2005 : LAPOUDGE
2006 : LAPOUDGE
2007 : CORRIHONS
2008 : DUNOUAU
2009 : LAPOUDGE
2010 : NOGUES
2011 : VINEY-THOMAS
2012 : VINEY-THOMAS
2013: LATAPY Rémi
2014: DUNOUAU
2015: DUTHEN                    2016 : MARTY                       2017 : NAVARRO

Etienne MOUCHEZ, dit Pelioü

 x_mouchez

Né à Campet-et-Lamolère le 8 février 1866 ; décédé à Dax le 13 octobre 1932

« Très bon écarteur de la fin du XIXe siècle, indifféremment nommé par son patronyme ou par son surnom. Dès 1885, il partage un premier prix à Montaut avec les étoiles Bellocq et Bras de Fer. L’année suivante, on le signale, à l’âge de 20 ans, dans une tournée en Provence, aux côtés de Beaumont et Casino notamment. Cette année-là, Mouchez décroche le deuxième prix aux fêtes de Mugron où Kroumir réussit son deuxième saut périlleux de l’histoire. En 87, il fait partie de la cuadrilla d’élite qui affronte les pensionnaires des ganaderos Lagardère et Bacarisse, au mois de janvier, à l’hippodrome de Paris, devant plus de 10 000 spectateurs. En 88, il triomphe au mois d’octobre à Dax. L’année suivante, Mouchez va se distinguer en remportant le premier prix des fêtes de Saint-Sever puis le deuxième de 140 f. à Saint-Vincent-de-Tyrosse, le 16 juin. Il remporte la course du 14 juillet à Dax et le prix de 140 f. et triomphe aussi aux fêtes de Mugron. En 90, pour sa présentation à Bordeaux, au début du mois de mai, il reçoit une formidable ovation. Lors de sa deuxième sortie dans la capitale girondine, le 16 mai, il triomphe devant Boniface et le grand maître Marin Ier. A Saint-Sever, son absence est déplorée par la presse. (…) En 91, début avril, à Bordeaux, Mouchez « toujours très correct et vaillant » et se révélant « comme un excellent camarade », accroche le troisième prix, après un bon travail face aux toros de Campion et Rodriguez et devant les redoutables Morica et Curiosa du ganadero Degos. Il travaille alors dans la cuadrilla du chef Nicolas qui devait se mettre en grève à Peyrehorade. L’année suivante, alors qu’il suit le bétail de Bacarisse et Lagardère, avec Bellocq comme chef de cuadrilla, (…) il s’octroie le premier prix de 200 f. des fêtes de la cité thermale. En 94, (…) le premier prix de 160 f. pour Mouchez « l’intrépide », aux fêtes de Pomarez. L’année suivante, il partage le premier prix des fêtes de Pontonx-sur-l’Adour avec Bras de Fer. (…) Mouchez « qui écarte sur le saut et sur la feinte » participe en octobre, à Bayonne, à une course hispano-landaise dans la cuadrilla de Félix Robert, le 6, puis au grand concours landais du 20. (…). En 98, (…) il subit en place d’Hagetmau une terrible cornada de la part de la Cereza de Bacarisse qui va lui occasionner une hémorragie dont il aura beaucoup de peine à se remettre. L’année suivante, pourtant, il se distingue à Saint-Geours-de-Marenne et à Arcachon pour l’Ascension. Par la suite, Mouchez qui appartient à la cuadrilla du ganadero Passicos signera encore quelques bons résultats. (…) En 1904, « le vieux maestro », « toujours désireux de plaire à son public », se distingue notamment à Béziers et à Bordeaux (…). En 1906, il décroche encore un premier prix et 3 deuxièmes ; mais le 12 août, en place de Mugron, la Palmiera de Portalier lui crève les deux yeux. Aveugle, à 40 ans, Mouchez se retire à Dax, regretté par l’ensemble des aficionados. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 419-421  (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)