10 mars 1912 : inauguration des arènes de Pau (64)

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Il y a exactement 106 ans, étaient inaugurées des arènes aujourd’hui disparues, celles de Pau, et dont beaucoup d’entre vous ne connaissent certainement pas l’existence…
La Gazette des Eaux de ce mois de mars 1912 annonçait ainsi la naissance de ces arènes:

« La Société des Arènes de Pau a organisé, dans le quartier Bernadotte, un vaste amphithéâtre parfaitement organisé. Enfin la ville de Pau n’aura pas à envier ses rivales; nous aurons là de quoi organiser toutes sortes de fêtes, réunions sportives, voire même la pelote basque, avec un champ de 70 mètres où nous pourrons admirer l’élite des Pelotaris internationaux.
Nous sommes heureux de pouvoir annoncer l’inauguration des Arènes de Pau, le dimanche 10 mars, par une grande Course Landaise.
Le 31 mars, nouveau régal pour les amateurs de beau sport.
Les 7 et 8 avril, nous pourrons assister à deux journées de courses Portugo-Provençales avec cavaleria en plaza. »

Je vous présente plus haut la une de « la Tuile » consacrée à cet événement.
Ces nouvelles arènes, d’après le journaliste, étaient « les plus coquettes et les mieux comprises de toute la région, au point de vue solidité et commodité d’accès aux places ». Elles comprenaient trois loges : une pour le Comité d’honneur, la deuxième pour les invités et la troisième pour la Presse », ainsi que quatre classes de billets. Les réservées et les premières, couvertes et à l’abri du soleil, du vent et de la pluie, étaient séparées par les loges et occupaient, face au fronton, le fond de l’arène ; les gradins y étaient larges, les banquettes recouvertes par un tapis et les places numérotées. Les deuxièmes, à gauche de la porte centrale, étaient disposées côté ombre sur onze gradins. Les troisièmes, enfin, se situaient en face de celles-ci, et donc au soleil. Ces deux dernières classes étaient également numérotées.
L’intérieur de l’arène était peint aux couleurs jaune et rouge « qui lui donnent un cachet de grande plaza ». Ces arènes disposaient également de cinq « guichets distributeurs » de billets, disposés à droite et à gauche du portique d’entrée, et de deux buvettes à l’intérieur où l’on pouvait déguster des oranges et profiter de rafraîchissements sur les gradins. Le buffet était tenu par M. Coustet, du Café des Pyrénées. L’orchestre enfin, dirigé par M. Ph. Geoffroy, faisait face aux tribunes présidentielles : il était installé sur une haute estrade adossée au fronton. Avec cet équipement, Pau possédait « la plus coquette plaza de toute la contrée », dont la Direction affirmait qu’elle ne recevrait dans son enceinte « que des manifestations tauromachiques et de grandes attractions dignes de la ville Reine des Sports ».
La course inaugurale fut assurée par la cuadrilla de Joseph Barrère, qui réunissait les trois derniers champions annuels : Koran (1911), Henry Lacoste (1910) et Priam (1909).
Je connais 2 cartes postales représentant des courses landaises à Pau, mais je n’en ai aucune dans ma collection. Si quelqu’un les a en sa possession, je serais preneur d’un scan pour enrichir cette histoire. Merci d’avance. En attendant, voici une vue extérieure de ces superbes et imposantes arènes en bois aujourd’hui disparues.

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Un hymne à la tauromachie en 1888

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Je ne peux résister, en ce début de temporada, au plaisir de vous faire partager ces lignes écrites par un « nordiste », M. Barbier, et datées de Châtillon-sur-Loire le 8 septembre 1888, il y a 130 ans. Elles ont paru à la fin de l’article que ce personnage rédige sur « La tauromachie en France et en Espagne » dans le Bulletin local de la Société académique des Hautes-Pyrénées, t. 1, 1890, p. 44-48. La conclusion peut fournir un bon exercice de réflexion…
« Il me reste à dire deux mots de jeux fort en honneur sur le versant nord-ouest des Pyrénées. Je veux parler de la course landaise.
Ici, plus de taureaux, ce sont des vaches qu’on lâche dans l’arène; plus de scènes d’abattoir, comme de l’autre côté de la montagne; mais le danger pour l’homme n’en subsiste pas moins. La vache, dont l’allure est si différente de celle du taureau, est tenue en longue laisse. Une seule chose subsiste, c’est l’agilité de l’écarteur. Le Landais trompe la bête affolée, esquive ses attaques par des écarts serrés, des feintes de pied ferme, des sauts à pieds joints ou périlleux. La course landaise a donc plus d’un rapport avec la course provençale.
Ne faudrait-il pas voir, dans ces jeux, des exercices créés par une race qui, sous la double influence des coutumes provençales et des mœurs espagnoles, n’a pu satisfaire complètement ni aux unes, ni aux autres, par suite du milieu où elle a vécu et des différences de goûts et d’aptitudes, résultant de la fusion des races d’Orient avec celles d’Occident? Je serais assez porté à le croire.
Mais, en France comme en Espagne, dans les Landes comme sur les bords du Rhône, qu’elle ait pour origine un souvenir religieux ou un exercice chevaleresque, le combat avec les taureaux est toujours en grand honneur. Les fils continuent à aimer ce qui charmait leurs pères. Qu’on l’appelle course ou ferrade, la lutte tauromachique est un pieux hommage rendu à la mémoire des ancêtres. Et voilà pourquoi cet usage reste aussi vivace qu’aux temps antiques. C’est que, de tout temps, la tradition a été pour l’homme un dépôt sacré. Gardons-là donc cette tradition. Des Alpes aux Pyrénées, gardons-le précieusement cet héritage de nos pères; c’est le lien qui unit les fils aux aïeux, l’homme à sa patrie. »

8e étape : l’appel

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Dans ces temps anciens de la course landaise, l’appel de l’écarteur jouait un grand rôle, car les entraîneurs n’avaient pas encore le rôle qu’on leur connaît aujourd’hui. Le teneur de corde avait pratiquement seul la responsabilité de placer la vache et de la diriger dans le meilleur axe possible. L’appel de l’écarteur, par des sauts, des sifflets, des cris, des gesticulations diverses était donc important pour attirer l’attention de la coursière. Il l’était d’autant plus bien sûr lorsqu’il affrontait des vaches sans corde. On voit ici un face à face dans les arènes de Gabarret, où la vache semble avoir un peu de mal à partir sur l’homme.

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Voici un bel appel lors des traditionnelles fêtes de la Saint-Jean, à Saint-Sever.

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L’appel fait en outre l’objet d’une belle représentation picturale, œuvre de Gaston Rémy, qui orne la couverture de son ouvrage sur Les courses landaises publié en 1949.

Voici d’ailleurs, selon lui, quelques-uns des types d’appel que les écarteurs de son époque faisaient. On voit qu’il y avait de la diversité ! Dans l’ordre, un appel de Suisse, un appel à reculons de Mazzantini, et enfin un « appel disgracieux » de Martial (mon avatar !).

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Arènes : Pontonx-sur-l’Adour (40)

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©Photo F. Bordes

Nous étions nombreux hier sur les gradins des nouvelles arènes de Pontonx pour assister à la superbe prestation des « Générations nouvelles ». Voici un peu d’histoire sur cette plaza.

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Voici l’une des rares cartes où l’on aperçoit, à l’arrière-plan, dans le bouquet d’arbres, les anciennes arènes en bois de Pontonx. Notons que l’éditeur orthographia par erreur le nom de la commune « Pontoux » !!!
Pour ceux qui n’arriveraient pas à bien voir, voici le détail de l’image.

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C’est en décembre 1911 que le projet de construction d’une arène en béton armé voit le jour, remplaçant de trop coûteuses arènes de bois. Le cirque en fer à cheval de 2 800 places a été imaginé par M. Despruneaux, architecte à Mont-de-Marsan. Et c’est en janvier 1912 que ses plans ont été approuvés. L’entreprise Sabatier de Bordeaux a exécuté la construction des gradins.

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Voici une vue représentant la porte d’entrée caractéristique de cette plaza, imaginée dans un style néo-mauresque par l’architecte Despruneaux de Mont-de-Marsan, qui avait également réalisé l’année précédente les arènes de Villeneuve-de-Marsan.

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100 ans plus tard, les nouvelles arènes couvertes sont construites; elles ont été inaugurées le 30 novembre 2013 :

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Photo Sud-Ouest, © Dequier Loïc

Pour voir le projet original de réhabilitation de ces arènes et de leur transformation en « espace polyculturel » par l’architecte Sophie Courrian : http://youtu.be/gJ117CN1Dvs

 

La cuadrilla Passicos vers 1900

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Grâce à Gérard Laborde et à ses trésors, voici une des grandes cuadrillas d’avant la guerre de 1914. Il s’agit de celle attachée (au moins quelque temps) à la ganaderia qu’Edouard Passicos avait montée à partir de 1901. On sait qu’à cette époque, les écarteurs changeaient très régulièrement de cuadrilla car les ganaderos s’attachaient généralement les services de tel ou tel pour une année seulement. Je publierai dans des articles à venir quelques-uns des contrats que j’ai pu retrouver de cette époque.

L’intérêt de cette image est qu’elle comporte l’identification de certains des écarteurs formant cette cuadrilla. Au 1er rang, au centre, on trouve le cordier Hainx, avec à sa gauche Mouchès (ou Mouchez) dit Pelouï, puis Maxime et Picard; au 2e rang, au-dessus de ce dernier on reconnaît Giret.

Il est intéressant de noter ce que M. Passicos lui-même pensait de certains de ces hommes lors de leur première année de course, d’après ce qu’en rapporte Clic-Clac dans son Histoire des courses landaises :

« 1° Maxime.- Celui-ci, dit M. Passicos, je le prends pour le roi de l’époque tauromachique. Pour moi, il n’a pas de rival ; Maxime fait toujours un très joli travail ; il écarte toujours avec calcul et ne se dérange jamais. Il attaque indistinctement toutes les bêtes, et règle son travail selon ses aptitudes et les qualités de la vache. Son coup d’oeil est sûr et il est rarement pris.

2° Giret.- Je place au deuxième rang Giret, qui a un travail très suivi, quoique pas toujours parfait. (…)

7° Hainx.- Est devenu un très bon teneur de corde. Il a vite compris son métier. Tout en sauvegardant les hommes, il évite les coups de corde violents qui souvent troublent la beauté du jeu et faussent les vaches. »