Les arènes de Narrosse (40)

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Qui l’eut cru ? Qui l’eut dit ? Qui savait (à part l’ami Gérard) que Narrosse, ce petit village de la banlieue dacquoise, avait eu de si belles arènes ? Quand furent-elles construites et quand furent-elles détruites ? Voilà de nombreuses questions encore sans réponse pour le moment.

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Voici une superbe nouvelle image de cette plaza disparue. On y voit une course qui, d’après une inscription au crayon au dos, se serait déroulée en 1924. On y retrouve cette superbe tribune officielle avec une tourelle extrêmement travaillée. On y distingue aussi le blason de la ville qui, semble-t-il, n’a plus cours aujourd’hui.

Jean-Charles Pussacq et moi avons contacté la Mairie de Narrosse pour en savoir plus, mais sans succès… J’ai par contre trouvé ce document qui nous en montre l’extérieur dans les années 1930. Ce dessin est l’œuvre d’une artiste, Yvonne Jean-Haffen, née à Paris en 1895 et décédée en 1993. Elle a participé à de nombreux salons ou grandes expositions à partir de 1927 et faisait partie de la Société nationale des Beaux-Arts. Elle aurait réalisé ce dessin vers 1936-1937. Il est actuellement conservé à Dinan (Côtes d’Armor), dans sa maison de la Grande Vigne transformée en musée.
Crédits photographiques : .

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© Claudine Pigot

La cuadrilla Larrouture, il y a 60 ans

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Tirée du livre du centenaire de la Mutuelle, cette belle photo de la cuadrilla Larrouture en juillet 1953. On y reconnaît :
– assis au 1er rang : Michel et Duvigneau ;
– debout au 2e rang : Gilbert, Forsans, Montfort et Jeannot ;
– derrière : Gilbert Dargelos et Turlasco.

Poutouton fils (Edouard Martin, dit) (1885-1954)

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Né à Aire-sur-l’Adour le 21 décembre 1885, décédé à Aire-sur-l’Adour le 24 août 1954.
Il a repris le pseudonyme de son père comme nom d’arène.
« En 1909, Edouard Poutouton, que l’on appelle aussi Poutouton fils, se signale au cours des premières courses formelles auxquelles il participe (…). Ses performances devant le bétail de Passicos en 1911 avec notamment un premier prix à Roquefort, lui valent d’être remarqué par son ganadero et d’être engagé comme tête de cuadrilla pour la saison suivante au cours de laquelle il est parmi les meilleurs (…). En 1913, Poutouton est engagé comme tête de cuadrilla par Alexis Robert, le ganadero de Mailhan, pour ce qui sera sans doute sa meilleure saison (…), et avec 1855 fr. de gains, il accède au 9e rang de la hiérarchie. En 1914, Poutouton s’enrôle dans les cuadrillas du Syndicat des toreros landais (…). Après la grande guerre, Poutouton reprendra le boléro en certaines occasions comme renfort dans diverses cuadrillas. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 462-463 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur) ; portrait par Gaston Rémy

Quand les taureaux couraient à Bordeaux en 1604, et étaient interdits à Bazas en 1628…

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Voici un extrait du journal de Jean de Gaufreteau, Chronique bordeloise, tome 2 (1600-1638) (p. 11-12) (édition de 1878), trouvé par Christian Capdegelle. Il nous décrit une course organisée dans les rues de Bordeaux en 1604, et surtout nous fournit une preuve de l’ancienneté de cette coutume pour les fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan et de la Saint Jean à Saint-Sever. Il pointe également que ce type de course se faisait avec des taureaux sauvages dans ces deux villes, alors qu’on se contentait de bœufs dans la capitale girondine… Nous avons conservé l’orthographe et la syntaxe d’époque.

« 1604. – Lure, premier jurat de Bourdeaux, fit courre les taureaux, aux jours gras de cette année, sur les fossés de Saincte-Eulaye, au devant de la maison où il se tenoit sur lesdits fossés. Ayant fait clore de charretes les advenues des rues de Caharnan, du Ha e[t] de la qui n’a point de bout, comme aussi de celles de la grand’rue Saincte-Eulaie e[t] de la ruette de la Plateforme, e[t] mesmes au droit de la Croix, despuis le couvent des Ursulines jusques au niveau des maisons de l’aultre costé, pour donner plaisir e[t] recreation au peuple, disoit-il. Mais est à noter : premierement, que ces taureaux n’estoyent pas des plus furieux ni semblables à ceux qu’on faict courre à Bazas le jour et feste de la Sainct-Jean, au Mont-de-Marsan à la Magdelaine, e[t] à Sainct-Sever à la Sainct-Jean aussi ; secundo, cette course se faisoit avec les chiens des bouchiers, car, en un mot, c’estoyent des bœufs ; tertio, c’est qu’une multitude de peuple, artisants e aultre populasse, tant hommes que femmes, s’estant plassés sur une muraille d’une maison appelée de Boutet, qui joignoit celle où est maintenant le couvent des Ursulines, ces gens chargerent tant cette muraille, qui estoit vielle e[t] menassoit ruine, qu’elle s’esbouilla toute. A cause de quoy, deux hommes y finirent leurs jours, e[t] plusieurs, de l’un de l’aultre sexe, furent estropiés e blessés griefvement ; ce qui fit destourner les yeux des assistants de la course des taureaux, pour voir cet aultre spectacle, qui fut grandement pitoyable. Les charretiers, à recognoistre leurs charretes, se batent. »

Dans le même ouvrage [tome 2 (1600-1638) (p. 157-158) (édition de 1878)], on trouve une mention concernant l’interdiction des courses que l’évêque de Bazas tenta d’imposer en 1628. Comme on le voit dans ce texte, cela faillit avoir des conséquences terribles pour lui-même et pour son frère…
« 1628. – Barraut, evesque de Bazas, cherche à empecher qu’on ne face courre le taureau ; le peuple se mutine et en fait sedition. Il court, à cause de ce, fortune de sa vie, et le comte de Barraut aussi, son frere, seneschal du Bazadois, qu’il avoit appellé pour tenir main forte à l’execution de l’arrest du Parlement et de l’ordonnance de M. d’Espernon. »

Une coursière magdalénienne?

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© Photo RMN, T. Le Mage; © Réunion des Musées nationaux, Paris 2008

D’une visite au Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye (qui, entre autres trésors, conserve l’original de notre petite « dame de Brassempouy »…), j’ai ramené cette image représentant un galet gravé figurant une tête d’aurochs. Il date du Magdalénien supérieur, c’est-à-dire vers -13 000 / -11 000 ans. Il a été trouvé dans la grotte de Gourdan, sur la commune de Gourdan-Polignan (Haute-Garonne) par le grand archéologue Edouard Piette, entre 1871 et 1875. Ne pensez-vous quand même pas que cet animal présente carrément le profil d’une de nos coursières qui animent nos courses toute la saison ?

Étonnant, non?