« Gascogne et course landaise », par Robert Castagnon

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Publié en 1995 par la Chambre d’Agriculture du Gers, ce petit livret de 64 pages a pour auteur l’un des grands noms de notre jeu gascon, Robert Castagnon. Né en 1920, cet ingénieur agricole se passionna au lendemain de la guerre pour la course landaise et lui apporta un nouveau souffle. Il fut en particulier le créateur de deux compétitions qui sont encore parmi les moments les plus forts de la temporada : le Championnat de France des écarteurs (1956) (suivi en 1958 par celui de sauteurs) et la Corne d’or de Nogaro (1959). Après 48 ans de bons et loyaux services en faveur de notre sport, il fera sa despedida en 2000, à l’âge de 80 ans, et décèdera malheureusement 4 ans plus tard à la suite d’un accident de la circulation.
Dans cet ouvrage, Robert Castagnon disserte d’abord sur le « pays des Vascons » avant d’évoquer l’histoire de la course landaise, le bétail, les arènes, les toreros et enfin le déroulement de la course. Le tout est bien sûr largement illustré de photographies. De son texte introductif, je retiendrai ces mots : « Le pays de Gascogne est divers et changeant, et son unité apparente vient de sa langue, de son caractère et de son amour pour les jeux tauromachiques. L’ensemble de cette région dont la race se modifie et dont la langue se perd ne retrouve son unité que dans ce sport folklorique : la Course landaise ».

L’imprimerie Pradeu

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C’est dans la Course landaise de 1926 que j’ai trouvé cette publicité pour l’imprimerie Pradeu, à Dax. Je ne connais pas personnellement de documents provenant de cette maison, mais peut-être en avez-vous dans vos trésors???…

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Adishatz

« Les arènes de Vic-Fezensac »

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C’est dans le n° 406 du Bulletin de la Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers daté du 4e trimestre 2012 qu’est parue cette étude sur l’histoire des arènes de Vic-Fezensac (p. 467-492). Elle est l’œuvre de Louis Lagravère, Michel Castex et Jacques Couzinet, avec l’aide de Jean-Claude Pallas. Des premières arènes en bois inaugurées en 1894 à celles en béton ouvertes en 1931 et récemment agrandies en 1998, les auteurs s’attachent à décrire les grands moments tauromachiques de la cité gersoise. A noter que lors de l’inauguration (provisoire) des 20-21 septembre 1931, les nouvelles arènes connurent deux grandes journées de courses landaises grâce à la présence en piste, pour chaque spectacle, de deux cuadrillas qui rivalisèrent entre elles : celle de Gérard avec ses 10 écarteurs et celle de Cantegrit, toutes deux dépendant d’ailleurs du ganadero Barrère. L’année suivante, le 15 mai 1932, l’inauguration officielle verra par contre uniquement une corrida

Les courses à Bazas (33) en 1913

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Grâce à l’infatigable travail de Christian Capdegelle, voici la narration des événements qui marquèrent les 7 et 8 septembre 1913, dates des grandes réjouissances que la ville de Bazas avait programmées pour ses fêtes patronales. Dans Le Glaneur du 17 août, on annonçait fièrement :
« Le sport depuis quelques années a pris en France une extension considérable, tous les genres sont pratiqués et suivis avec une fièvre de plus en plus grande. Il est donc tout naturel que celui qui a trait aux courses landaises ou espagnoles passionne à son tour. Aussi les aficionados attendent-ils avec impatience les journées des 7 et 8 septembre prochain, qui amèneront dans nos arènes l’élite des toreros landais.
En effet les hommes composant la cuadrilla Passicos, sont susceptibles de contenter les plus difficiles. Nommer les Meunier Ier, les Guichemerre, Le Montois, les Lalanne, les Mazzantini, etc., c’est tout dire. Parler du troupeau nous paraît superflu, le ganadero dacquois possédant actuellement la ganaderia la mieux composée de la région landaise. Avec de pareils éléments est-il possible qu’une fête ne soit point réussie ? Poser la question c’est la résoudre. »

Malheureusement, le 26 août 1913, à l’issue de la course de Saint-Jean-d’Août à Mont-de-Marsan, un terrible incendie décimait le troupeau de René Passicos. La cité girondine se voyait donc confronté à un très sérieux problème qu’elle arriva cependant à résoudre tant bien que mal comme le compte-rendu qui suit le montre bien.
« Les Fêtes des 7 et 8 septembre.
Une pluie malencontreuse a contrarié nos fêtes des 7 et 8 septembre. La première journée cependant fut favorable. Malgré la fâcheuse nouvelle de la destruction complète de la ganaderia de M. Passicos, les arènes étaient assez bien garnies, nos populations landaises ayant une véritable passion pour les corridas. Mis dans l’obligation de rassembler hâtivement un troupeau quelconque d’encornées, le Comité pouvait espérer que les toreros landais se dépenseraient un peu pour donner malgré tout satisfaction au public.
Mais nous ne sommes plus, malheureusement, au temps où l’amour de l’art tauromachique et l’amour-propre enfantaient des prodiges en stimulant le zèle des rois de l’arène. Sans quelques sacrifiés poussés devant la brute par les rois déchus qui n’osaient l’affronter et demandaient protection à la talanquère, la course n’aurait été qu’une monotone exhibition de vaches. Et quelles vaches !… Les prix suivants, qui ont leur éloquence, furent distribués : Le Montois, 35 points, 70 fr. ; Morlaës, 27 p., 55 fr. ; Meunier, 20 p., 40 fr. ; Tapioca, 25 p., 10 fr. ; Guichemerre, 12 p., 30 fr. ; Mazzantini, 7 p., 15 fr. ; Lalanne, 7 p., 15 fr. (Chacun des écarteurs ci-dessus a reçu, en outre, une indemnité de 10 fr., pour suppression de la deuxième course) ; Beaurevert, 7 p., 18 fr. ; teneur de corde, 25 fr. ; vachers, 20 fr. ; Roméo, 10 fr. et Bamboula 5 fr., à titre d’encouragement. – Au total, il a été distribué 410 fr. de prix.
L’Harmonie s’est fait entendre pendant la course et, en attendant la reprise, un lâcher de pigeons voyageurs a été fait par le Rouquet Bazadés.
Lundi, dès la première heure, la pluie fit sa désagréable apparition et tomba sans répit jusqu’au soir, entraînant la suppression de la corrida. »
Le Glaneur, dimanche 14 septembre 1913.

Une « école de toreros landais » et son « charriot-vache » en 1914

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Voici la machine imaginée par « Lucette » et illustrant l’article que cette collaboratrice publia dans L’Almanach de la Course landaise pour 1914 sous le titre : « Une école de toreros landais ».

Dans son rêve, cette école serait essentiellement pratique. Elle aurait pour cadre « un enclos quelconque, dans lequel on aura uniquement aménagé une voie ferrée, avec à la même hauteur de voie un double aiguillage, à droite et à gauche (voir fig.). Ensuite, la vache : un charriot roulant sur les rails, et mû par un trolley aérien, soit (plus simplement), par une poulie roulant sur un cable tendu en pente. » Grâce à des contrepoids, la vache pouvait être « aiguillée » à droite ou à gauche.

Ce charriot aurait aussi un chemin « fixe », comme une vache, et permettrait à l’apprenti écarteur d’acquérir à terme la « vista » lui permettant de rester sur la ligne et, au dernier moment, de choisir le côté de sa sortie. (…) La voie maîtresse de la piste serait cimentée (largeur 30 à 35 centimètres) et les bords sablés : par ce moyen, lorsque l’élève-écarteur sortirait de « la ligne », soit avec un pied, soit avec les deux, la preuve en serait convaincante, en examinant les traces laissées sur le sol sablé. » Quant à « la tumade », elle était « réglable, grâce à la variété des cornes (qui se dévissent). Elles sont un ressort à boudin souple : puis, un plus fort et avec les extrémités contondantes ; et graduellement, on doit arriver à la véritable corne emboulée ». Cette chère « Lucette » pensait vraiment à tout et souhaitait en conclusion que la Fédération taurine du Sud-Ouest s’occupe de son projet… Mais son rêve dut encore attendre quelques décennies avant de se réaliser !