Les arènes de Gabarret (40) (1914)

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Le samedi 24 mai 2014, a eu lieu la première des manifestations marquant le centenaire des arènes de Gabarret, situées sur le « placeau » ombragé qui leur sert d’écrin. Sous la houlette du président Philippe Talon et du ganadero Jean Barrère, une sympathique mayade à laquelle ont participé tous les enfants des écoles a marqué cette journée. De l’histoire de ces arènes à leur architecture et à l’analyse de la course landaise vue par Emmanuel Delbousquet, les échanges ont été particulièrement riches. Quant au repas servi à la ganaderia de Buros, il était excellent et particulièrement convivial (comme toujours avec le debisaïre Jean). On a pu cependant s’étonner de l’absence quasi totale du monde coursayre, et en particulier de la Fédération, aux divers actes de cette journée… Pourtant, sans les arènes, que serait la course landaise?

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©Photo F. Bordes

Subtilité de ces arènes de Gabarret : si les gradins et la porte principale datent effectivement de 1914, comme indiqué au-dessus de cette dernière à l’extérieur, les loges et les tribunes datent par contre de 1902, comme l’indique la date portée entre les loges 6 et 7. Il fallut quelques incidents, dont un nouvel écroulement des gradins en bois, pour que les forces s’unissent en faveur d’une construction en dur qui sera inaugurée le 26 juillet 1914.

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©Photo F. Bordes

Voici maintenant quelques images anciennes de cette plaza importante du Gabardan:

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Poésie : « Aux tauromachettes ».

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A l’aube de cette nouvelle saison coursayre, et au milieu d’événements atroces, un peu de poésie ne fait pas de mal. Voici un sonnet écrit le 31 juillet 1910 par Louis Lamaignère, le poète de Doazit qui signait VIN-CENT, et publié dans la « Tuile » du 23 octobre de la même année. Il sera complété demain par une aubade adressée à ces mêmes « tauromachettes » dont ma fille Camille fait partie. Mais se reconnaîtra qui voudra….

Tels les prés au printemps tapissés de fleurettes
Semblent soffrir à nous pour régaler nos yeux,
Ainsi vous paraissez, gentes tauromachettes,
En parterre attrayant sur les gradins joyeux.

La gamme des couleurs de vos fraîches toilettes,
Reflétant le soleil qui brille dans les cieux
Malgré nous nous émeut, et fait tourner nos têtes
Vers les multiples points du plus riant des lieux.

C’est que nous admirons ce qui plaît à nos âmes,
Dans l’arène le sport, à nos côtés les dames :
Ici, ce qui sourit ; là, ce qui fait rêver !

Et nous courons partout, avides de prouesses,
Peut-être moins encor que de vos gentillesses
Vers les lieux qui nous font gémir ou jubiler.

Après le sonnet de cette poésie de Louis Lamaignère, en voici « l’aubade » qui s’adresse à toutes les « coursayrettes » gasconnes qui ne vont pas manquer de garnir les gradins de nos arènes cette saison encore.

Gentes tauromachettes
Au minois si charmant,
Vous complétez les fêtes
En donnant l’agrément.

Que de charmes, bon Dieu !
Semés dans les travées !
L’on dirait qu’en ce lieu
Les beautés sont gravées

Vos grâces souveraines
Se jouant dans les ris
Chassent de nos arènes
La terreur des soucis.

Comme les toreros
Que votre équité pousse
Seraient-ils les héros
De l’envie ou la frousse ?

Quand des mains si mignonnes
Acclament sans répit
Passes plus ou moins bonnes,
Quels droits a le dépit ?

Pourquoi tenterait-on
De masquer la couardise
Sous des mots ou le ton
Outrageant la franchise ?

On est lâche ou bien brave ;
L’orgueil ne compte pas,
Et rien jamais ne lave
L’étoile tombant bas !

Oh ! continuez toujours,
Gentes tauromachettes,
A donner à nos fêtes
L’éclat de vos atours !

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce poète, sa famille et sur Doazit en général, je renvoie en particulier à la biographie réalisée par Philippe Dubedout (http://dzt-isto.chez-alice.fr/08_l_lam.htm) et au site sur Doazit  : http://dzt-isto.chez-alice.fr/index.html

Les anciennes arènes d’Arzacq (64)

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Dans les années 60, la société Lapie réalisa dans toute la France des prises de vues aériennes, dont certaines furent ensuite diffusées en cartes postales. Voici celle qui nous montre au 1er plan les arènes d’Arzacq telles qu’elles se présentaient alors, avec la forme caractéristique de nos arènes de course landaise. Une image d’archives aujourd’hui… La commune d’Arzacq-Arraziguet dispose en effet maintenant de superbes arènes rénovées et couvertes, dites « Arènes du Soubestre », inaugurées les 25-26 mars 2006 et conçues par le cabinet Dubedout Architectes de Pau. Mais nous en reparlerons.

L’incendie des arènes de Bayonne en 1919

Le 14 septembre 1919, les arènes de Bayonne étaient victimes d’un incendie allumé par une foule en colère. Deux semaines plus tard, le grand magazine illustré Le Miroir publiait en pleine page un reportage photographique en deux parties : la partie haute reproduisait deux images des arènes lors d’une corrida antérieure au sinistre. Que s’est-il donc passé pour que l’on en soit arrivé à une telle extrémité?

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Même si les témoignages ne donnent pas tous la même version, on est à peu près certain qu’il s’est agi d’un problème d’organisation. Les six taureaux portugais qui devaient être lidiés ce jour-là se sont retrouvés bloqués en gare à la frontière. Il a fallu envoyer en extrême urgence deux camions pour les récupérer, et un seul d’entre eux a pu s’acquitter de sa tâche et ramener à temps 3 des bichos aux arènes. L’autre ne revint jamais, et le public qui garnissait entièrement les gradins des arènes Lachepaillet, frustré de cette simple demi-corrida, laissa au bout d’un certain temps échapper toute sa colère. Le résultat en fut la destruction totale du bâtiment… Ré-ouvertes le 5 septembre 1920, les nouvelles arènes reconstruites et agrandies furent inaugurées en août 1921.

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Les premières courses landaises à Paris (1857)

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Les documents sur les premières courses qui permirent aux Parisiens de découvrir notre sport landais sont rares. Voici l’un d’eux: il s’agit d’une critique ma foi fort positive, que l’on trouve sous la plume d’Edmond Martin, dans le journal Le Tintamarre, le dimanche 18 octobre 1857. Elle nous confirme que, dès cette époque, le terme de « courses landaises » existait, alors que certains ne le datent que des courses parisiennes de 1887-1889.

« Les courses des vaches landaises en liberté ont produit jeudi [15 octobre], à l’Hippodrome, un effet prodigieux. L’animal s’est précipité avec une impétuosité furieuse dans l’arène. L’un des écarteurs n’a pu éviter à temps les cornes de Tartarine ; il a été lancé à environ sept pieds de hauteur, et, grâce à sa souplesse et à son sang-froid, il est tombé sur le sol avec la légèreté d’un clown. Il a eu ses vêtements déchirés, et il en a été quitte pour une très légère blessure à l’oreille, ce qui ne l’a pas empêché de recommencer. Un de ses camarades a éprouvé peu après le même sort : il a été jeté en l’air, mais il ne s’est fait aucun mal ; ses vêtements ont été fendus en plusieurs endroits.
Les courses landaises, grâce à ce nouveau genre d’intérêt, ne peuvent manquer d’attirer une foule extraordinaire à l’Hippodrome. On ne dira plus que ce spectacle n’offre pas assez d’émotions.
Nous ne doutons pas de l’effet prodigieux qu’ont produit ces courses ; mais, malgré son éloquence, M. Arnault ne nous persuadera jamais que, grâce à ce nouveau genre d’intérêt (les deux blessés), elles ne peuvent manquer d’attirer une foule extraordinaire. »