1850 : le premier saut à pieds joints

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Il fut semble-t-il réalisé par Joachin, de Saint-Sever, vers 1850, alors qu’à l’époque on ne pratiquait que le saut à la course. Voici ce qu’ajoute Clic-Clac au sujet de ce sauteur : « Ce célèbre toréador était parvenu à sauter les pieds liés, de face, de côté et même en arrière, tournant hardiment le dos au taureau »… Avis aux amateurs et aux professionnels : qui osera le refaire, de dos avec les jambes liées ? !

Sur cette gravure datant de 1887, il s’agit d’un autre type de saut, les pieds dans le béret. Aujourd’hui, nos sauteurs ont fusionné les deux traditions en une seule, les pieds dans le béret et les jambes liées.

L’œuvre historique de Michel Le Grand, archiviste des Landes

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C’est en 1934, sur les presses des Editions Jean-Lacoste de Mont-de-Marsan, que celui qui est alors archiviste des Landes publie la première véritable étude historique sur les pratiques tauromachiques anciennes de notre région : Les courses de taureaux dans le Sud-Ouest de la France jusqu’au début du XIXe siècle, avec pour sous-titre : « Etude historique et documents ».

Travaillant dans les quatre dépôts d’archives des Landes, des Pyrénées-Atlantiques, de la Gironde et du Gers, ainsi que dans bon nombre d’archives municipales de la région, il a collecté et transcrit de nombreux documents originaux et inédits sur les traditions taurines de l’Aquitaine.

En 1938, il compléta ses recherches par ce qu’il considère comme un appendice à son ouvrage, qu’il publia dans le Bulletin de la Société de Borda, p. 1-19, sous le titre : « Nouveaux documents sur les courses dans le Sud-Ouest jusqu’au XIXe siècle ».

1773 : la réglementation des courses de bœufs

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C’est le 30 mars 1773 que le maréchal duc de Richelieu, gouverneur de Guyenne, à la suite de plusieurs accidents, autorisa les courses de bœufs dans toute l’étendue de son gouvernement moyennant cependant certaines conditions qui en constituent le premier règlement.

En fait, il s’agissait pour lui à la fois de montrer son souci d’éviter les troubles à l’ordre public, mais également de ménager « le goût dominant des peuples de l’Armagnac ». Revenant sur les interdictions qu’il avait prises auparavant, il décide que dorénavant les communautés qui pouvaient prendre (financièrement s’entend) les précautions nécessaires à la bonne tenue des courses de bœufs seraient autorisées à les organiser et à les perpétuer. Il n’y en a d’après lui que quatre, qu’il liste : Tartas, Dax, Mont-de-Marsan et Saint-Sever. Elles devront « faire un cirque [=une arène] entouré de barrières suffisamment élevées et assez fortes pour arrêter les animaux qui voudraient sortir dudit cirque, courir dans la campagne et blesser les assistants ; il y aura des gradins qui entoureront le cirque pour placer les assistants, et aucune course ne pourra commencer qu’après en avoir obtenu la permission des officiers municipaux » qui dresseraient, comme nos commissions de sécurité actuelles, un procès-verbal de conformité. Si d’autres communautés souhaitaient intégrer ce club très fermé des villes de courses, il leur suffisait d’en faire la demande officielle et de prouver qu’elles étaient en capacité de se conformer à ces règles.

Un anniversaire cette année : le premier saut d’un taureau de corrida (16 août 1878)

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La scène se passe dans les arènes de San Sebastian, lors d’une corrida dont le grand Frascuelo était chef de lidia. En fait, elle devait se dérouler le 15 août, mais le mauvais temps l’avait fait reporter au lendemain. Parmi les spectateurs, quelques Landais dont le jeune Paul Daverat, originaire de Laurède. Il avait décidé le matin même qu’il sauterait l’un des toros de cette corrida, et avait obtenu pour cela l’autorisation du directeur de la plaza, du maire de la ville et surtout de Frascuelo qui lui aurait dit, selon certains témoins  : « J’accepte : tant que vous aurez les pieds par terre vous serez sous mon autorité, quand vous aurez les pieds en l’air, vous serez dans la main de Dieu ».

Paul Daverat décide de tomber la veste, le gilet et les chaussures au 4e toro ; il se retrouve alors au centre de la piste devant un terrible pensionnaire de la ganaderia du Marquis de Miraflores, de Colmenar Viejo, et sous les huées d’une foule déchaînée contre lui. La bête fonce alors et, au dernier moment, Daverat s’envole dans un saut à pieds joints exceptionnel. Après les insultes, il a droit à une explosion de vivats, et à une oreille remise en main propre par le matador Frascuelo… L’année suivante, à la date anniversaire, Paul Daverat reviendra dans ces mêmes arènes renouveler son exploit. Sa célébrité était faite.

Une course à Peyrehorade… en 1793

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Il y a plus de deux siècles, alors que la réglementation est en train de se mettre en place, l’organisation de courses peut parfois prendre pour prétexte des événements très particuliers. Ce fut le cas en 1793 à Peyrehorade, où une simple « permission agricole » accordée à six jeunes soldats du lieu fut fêtée de la sorte. Dégagés de leurs obligations militaires pour la période des semailles (trois semaines maximum), ils décidèrent de célébrer ce retour temporaire dans leurs foyers par l’achat d’un bœuf pour « faire course ». Il est vrai que nous n’étions encore qu’au temps des jeux taurins dans les rues avec des bovins tenus à la corde. Ils se procurèrent « leur » bœuf dans la basse-cour du château de la dame Montréal, émigrée, et s’engagèrent à respecter les « propriétés nationales » à l’occasion de leur « récréation ».