Mort pour la France : Castets (Jean Joseph Raphaël), dit « Château II »

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Jean Castets, journalier-carrier, est né le 24 octobre 1886 à Tartas (Landes). Il porte le n° 750 au recrutement à Mont-de-Marsan.

Il avait fait son service normal du 7 octobre 1908 au 26 avril 1909 au 12e RI sans certificat de bonne conduite (moins d’un an de service). Il avait été réformé le 26 avril 1909 pour tuberculose pulmonaire, mais reconnu bon pour le service armé par le Conseil de révision (session décembre 1914) (décret du 9 septembre 1914). Rappelé à l’activité en vertu du décret du 1er août 1914 (mobilisation générale), il arrivé au corps le 25 février 1915 et passe au 175e RI le 15 mai 1915 (C.E.O.). Il décède le 24 juillet 1915 à Seddul-Bahr (Presqu’ile de Gallipoli, dans les Dardanelles, Turquie) des suites de blessures.

Son nom figure sur le monument aux morts de Tartas et sur celui de Bégaar, ainsi que sur le Livre d’or de cette dernière commune.

C’est le frère cadet d’un autre écarteur, Charles Castets dit « Château I ». En ce qui concerne la carrière de Jean, voici ce qu’en dit Gérard Laborde :

« Écarteur honnête des débuts du XXe siècle. En 1909, Château II apparaît dans les palmarès de courses de moindre importance […]. Avec 876F de gains pour 20 courses, il termine l’année à la 28e place des 146 toreros en exercice. Aussi, en 1910, il sera une tête de la cuadrilla du ganadero René Passicos mais travaillera aussi dans celle du ganadero Darracq […]. Le 23 mai, il triomphe à Dax, raflant le premier prix de 70F. […] Après avoir travaillé les coursières de Barrère, en 1913, lors d’une dizaine de courses, il intégrera les cuadrillas du Syndicat des toreros l’année suivante. »

Éléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 95 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

 

Camiade (Bertrand)

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Grâce au travail de recherche très pointu d’un nouveau contributeur, Hervé Coudroy, instituteur à Gamarde, voici reconstituée la carrière de Bertrand Camiade, l’un des pionniers chalossais de la course landaise. Un grand merci à lui et à son réseau de fouineurs de l’Auribat que l’on retrouve sur leur très riche site (http://www.auribat.com/ ).
L’intérêt de cet article est aussi de fournir les scans de documents, qui nous donnent les noms de tous ces premiers vaillants de l’arène.

Bertrand Camiade, fils d’Arnaud Camiade et de Jeanne Dartiguelongue, cultivateurs, est né à Baigts (Landes) le 13 décembre 1817. En 1842, il y épouse Marie Rotger.
La famille arrive à Gamarde (Landes) vers 1845. En 1846, ils habitent au Pouyet de Coudosse ; en 1849, à Pascouaou ; en 1869-1882, à Leplante ; en 1894, au Marchand.
Les Camiade quittent Gamarde peu de temps après.

En 1847, Camiade, de Gamarde, remporte le 4e prix aux courses des fêtes d’Orthez.

camiade_1Mercure d’Orthez, 12 août 1847

Il est sélectionné pour la fameuse course de Magescq de 1852, face aux taureaux espagnols. Il prend la 4e place sur les huit écarteurs retenus et empoche un prix de 50 F.

« Le premier taureau paraît, personne ne se risque. Le second va sortir quand un écarteur en colère bondit hors des refuges et se plante devant la porte du toril. On ouvre la loge. Jean Chicoy fait une large feinte. Le monstrueux taureau file comme la plus douce des laitières (…) Les taureaux espagnols passent en effet, et avec tant de force, de noblesse et de droiture qu’en un instant Camiade, les deux Duvignau et Cizos sautent dans l’arène. La journée s’achève en triomphe. »

La même année, il se classe 3e à Orthez.

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Mercure d’Orthez, 29 juillet 1852

En 1853, il est encouragé à Dax.

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Réveil des Landes, 3 septembre 1853

En 1857, il fait partie des écarteurs landais invités dans les arènes de Nîmes pour la « course de vaches à la mode landaise ».

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Journal des Landes, 20 mai 1857

En 1861, il brille à Saint-Sever.

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La Chalosse, 30 juin 1861

En 1874, on le retrouve aux fêtes de Dax.

Camiade, de Gamarde, ne doit pas être confondu avec Victor Camiade, de Dax, natif de Clermont, qui débute sa carrière dans les années 1870.

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L’Adour, 5 septembre 1874

A plus de 60 ans, il se montre encore dans les courses.

A Montfort, en 1884…

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Le Dacquois, 2 juillet 1884

…en 1889…

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Le Dacquois, 3 juillet 1889

…à Dax, en 1890.

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Le Dacquois, 6 septembre 1890

Il décède après 1894.

Ce Camiade a également une notice dans le Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 75-76.

Mort pour la France : Priam (Eugène)

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Voici notre troisième héros de la Grande Guerre. Il s’agit d’Eugène Priam, cultivateur, né le 28 octobre 1881 à Renung (Landes). Il a le n° matricule n° 1700 au recrutement à Mont-de-Marsan en 1901. Il fait son service normal du 14 novembre 1902 au 19 septembre 1903 au 34e RI et en sort avec un certificat de bonne conduite. Il est placé en position de réserviste le 1er novembre 1905, puis rappelé au tout début du mois d’août 1914.
Il est tué à l’ennemi le 26 janvier 1915 au combat de Vassogne (Aisne), après avoir combattu depuis le 12 août 1914. Il est inscrit sur le livre d’or d’Eugénie-les-Bains, et son nom figure sur le monument aux morts de cette cité thermale sous le patronyme erroné de « Prian ».

Voici ce que La Course landaise annonce en mars 1916 :
« Nous avons à enregistrer aussi [avec celle de Daverat] la perte de Priam, torero landais, populaire par excellence, qui a figuré sur toutes les places de la région, originaire d’Eugénie-les-Bains (Landes). Priam fut toujours l’écarteur classique et laborieux que l’on aimait à revoir avec plaisir. Il est mort en brave, au champ d’honneur. »

Elle lui consacre un nouvel article dans son numéro du 1er décembre 1916, sous la plume d’un de ses compagnons de tranchée :

« La fin d’un champion !
Les lecteurs de la Tuile ont déjà appris la mort au champ d’honneur, d’un ancien champion de nos arènes landaises, le vaillant torero Priam. Voici quelques détails :
Priam appartenait à la 6e Cie du 18e Régiment d’infanterie. Au cours des derniers mois de 1914, il avait vaillamment fait son devoir et s’était battu comme il avait écarté, jadis, avec courage et conscience. On saura plus tard combien fut ingrate en ses débuts cette guerre de tranchées qui dure encore ; quelles fatigues, quelles souffrances et quelles privations durent endurer nos braves poilus en luttant contre un ennemi toujours terré, supérieur en nombre et qui tentait de les écraser sous l’accumulation d’un matériel de plus en plus puissant. Notre champion vécut ces heures héroïques avec la patience et l’abnégation qui, seules, pouvaient suppléer à l’insuffisance de nos moyens.
Toutes ces épreuves n’avaient point amolli son courage. Aussi, le 25 janvier 1915, lors de cette terrible ruée des hordes allemandes, se trouvait-il au premier rang parmi les défenseurs de la tranchée, sur le plateau de Paissy. Décidé, comme tous ses camarades, à repousser l’attaque de l’ennemi qui s’était fait précéder par un bombardement d’une violence inouïe, il trouva la mort dans ce combat féroce qui finit dans un terrible corps-à-corps : les positions furent conservées.
Aujourd’hui, grâce aux soins pieux d’un Aturin dont je tairai le nom pour ne pas froisser sa modestie, Priam dort son dernier sommeil au-dessous d’un des principaux éperons de ce plateau qu’il avait si vaillamment défendu. Il repose à côté d’autres fiers Landais des bords de l’Adour, tombés comme lui, à la même heure tragique, face aux Boches dont ils venaient de briser le sauvage élan. A 30 mètres d’une route bien connue des poilus des Landes et des Pyrénées, une petite croix indique la dernière demeure de celui qui, toujours égal à lui-même devant le danger, porta sur le champ de bataille les qualités qui l’avaient fait tant apprécier de notre aficion.
Priam est mort en héros : sa fin sublime, bien digne d’un champion, le couvre d’une auréole de gloire.
Pe-Re-Qui-Not
Aux Armées, le 8 novembre 1916. »

Quant à la carrière dans le monde la course landaise de celui qu’on surnommait souvent « le bûcheur », voici les éléments tirés du dictionnaire de Gérard Laborde :
« Dans les années 1903-1904, Eugène Priam débute face aux rudes coursières du troupeau de seconde zone de Mocoucut-Gaillat de Geaune, qui valaient bien celles des grands ganaderos de l’époque. Les bonnes dispositions qu’il manifeste lui valent d’être engagé par le ganadero Passicos pour une tournée dans le Midi, avec notamment une belle course pour Pâque à Béziers. Durant ces premières années, Priam devait garder son indépendance vis-à-vis des cuadrillas organisées, en contrat avec les ganaderos de formelle. En 1905, on va le retrouver souvent face au bétail de la ganaderia finissante de Bacarisse. Après ce rude apprentissage, le grand ganadero Joseph Barrère, à qui il restera fidèle tout au long de sa carrière, va l’engager dans sa cuadrilla. Sous les ordres de Giovanni, Jean Fillang, Meunier, puis de Koran, successivement, Priam figurera sur les affiches dans les têtes de la cuadrilla de 1907 à 1913. En 1906, Priam, le torero d’Eugénie-les-Bains se révèle au grand public en remportant 3 premiers prix […] ainsi que 6 deuxièmes prix pour seulement 16 courses effectuées. […] En 1909, Priam est sacré n° 1 avec 3205F de gains provenant notamment de 17 premiers prix pour les 28 courses auxquelles il a participé ! […] En 1914, il va travailler au sein des cuadrillas que le Sybdicat des toreros landais propose aux organisateurs de courses; à son actif, un premier prix sur huit courses.

Éléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 464-465 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

25 août 1953 : naissance de la Fédération française de la Course landaise

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Encore une commémoration en cette année 2018 : c’est celle de la création de notre Fédération, il y a 65 ans tout juste ! Cette naissance eut lieu, comme celle du Challenge Landes-Béarn quelques semaines auparavant, à Dax, et plus précisément dans les salons de l’Atrium. Elle fut constituée lors de l’assemblée générale des Comités des Fêtes des Landes, du Gers et du Béarn. Les statuts y furent adoptés à main levée, et le bureau désigné qui élut pour premier président Jacques Milliès-Lacroix.

Mort pour la France : Marquestaut (Henri, parfois Henry)

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Le deuxième de nos héros se nomme Henri Marquestaut. Boulanger de son état, il est né le 26 décembre 1883 à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) et recruté à Bayonne (classe 1903 n° 384). A l’instar de Lacoste I, il réside à Mont-de-Marsan lors de son recrutement.

Comme beaucoup d’autres, il est rappelé à l’activité le 2 août 1914 par suite de la mobilisation générale. Il  arrive au corps le lendemain (49e régiment d’infanterie), et meurt sur le terrible champ de bataille de Craonnelle (Aisne) le 20 septembre 1914.

Son nom figure sur le monument aux morts de sa ville natale.

Quant à sa carrière en course landaise, voici quelques éléments de sa biographie:
« Écarteur de second rang des débuts du XXe siècle. On le découvre à l’affiche de la course de bienfaisance donnée pour la cuadrilla de chez Passicos, le 16 octobre à Dax. En 1909, où il n’a travaillé que lors de 18 courses formelle, Marquestau empoche 525F de gains et pointe quabd même à une honorable 34e place sur 146 &carteurs recensés cette saison-là. En 1910, 245F pour 12 formelles et toujours dans le premier tiers du classement ».

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 367 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)