Technique : le saut à la course ou en longueur

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C’est le plus ancien des sauts pratiqués dans nos courses.

Voici ce qu’en disait Gaston Rémy dans son Histoire des courses landaises :

« Le saut à la course, c’est-à-dire à l’avancée de l’adversaire, est un saut en longueur, à peine haut pour que les pieds se voient engagés dans l’encornure, mais avec l’amplitude voulue pour que toute l’échine soit franchie. Cette passe est la plus habituelle et dans la série de tous ceux qui l’ont pratiquée, il est juste de mentionner Dargert pour reconnaître la perfection qu’il y a apportée et que continuent les André I et II comme Gilbert et de plus jeunes. »

De son côté, Clic-Clac, qui se réjouissait que l’on ait enfin intégré les sauts dans la course landaise pour en rompre la monotonie, décrit ainsi ce type de saut :

« Dans le saut à la course ou en longueur, l’homme placé à l’une des extrémités de l’arène, cherche à fixer sur lui l’attention de la vache placée à l’extrémité opposée. Il est aidé en cela par le teneur de corde. Dès que la vache l’a aperçu et s’est précipitée de son côté, l’écarteur à son tour et sans retard court à sa rencontre et calculant bien son affaire, bondit en hauteur pour livrer passage à l’animal juste au moment où il humilie pour porter le coup de tête. Cet exercice demande beaucoup d’audace, d’à-propos et d’élasticité musculaire ».

Voici une représentation de ce saut à la course ou en longueur dans la série de cartes de l’éditeur toulousain Labouche.

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Un grand parmi les grands : Daverat (Barthélemy, dit Paul)

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Paul Daverat fut à coup sûr l’une des grandes figures de notre course landaise du dernier quart du 19e siècle.

Voici la biographie qui est consacrée dans Mémoire des Landes à ce grand écarteur-sauteur, né à Laurède le 13 août 1855 et décédé dans ce même village chalossais le 13 janvier 1890.

« Fils d’agriculteur, préférant les escapades dans la nature aux salles de classe, il fut très tôt attiré par la course landaise, très en vogue à Laurède, à la suite des frères Darracq, maîtres dans l’art de la feinte. La course landaise avait alors un aspect beaucoup plus spontané que de nos jours. La réglementation en était plus vague. Paul Daverat est entré dans l’histoire pour ses dons exceptionnels de sauteur. Ils furent sans doute favorisés par cet apprentissage précoce mais surtout par des qualités physiques remarquables. Le 15 août 1877, il fit sensation dans les arènes de San-Sebastian en sautant sans élan et à pieds joints le quatrième toro de cette corrida. Sa célébrité devint alors internationale. Il fit plusieurs tournées en Espagne, lors de courses mixtes, espagnoles et landaises, encore en vigueur à la fin du XIXe siècle. Dans le midi de la France, on s’arrachait l’honneur de faire figurer son nom sur les affiches des fêtes. Avec la gloire lui vint la fortune (certains contrats atteignirent mille francs or !), mais il gaspilla tout cela dans une vie tapageuse et dissolue. Ses dons de sauteur lui servirent aussi à échapper aux gendarmes. Il reçut dans les arènes du Bouscat (Gironde) un coup de corne fatal qui termina sa carrière. Il perdit sa réputation et sa gloire. Sa carrière historique se terminait tristement. Il mourut à trente-quatre ans d’une grippe et fut enterré dans le boléro d’or que lui avait offert la reine d’Espagne. Laurède lui a élevé une statue en bas-relief, due au ciseau de Cel-le-Gaucher, en 1947. »
Notice de Jean-Pierre Laulom, extraite de Mémoire des Landes, Mont-de-Marsan, Ed. Comité d’études sur l’histoire et l’art de la Gascogne, 1991, p. 100-101

Paul Daverat, l’élégant…

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Cette superbe photographie illustre bien l’élégance légendaire de notre grand sauteur de Laurède. Elle apparaît semble-t-il pour la première fois sur la couverture de la célèbre Histoire des courses landaises de Clic-Clac, puis fut régulièrement reproduite dans la « Tuile ». Elle orne également l’article narrant l’exploit de Daverat devant un taureau à Saint-Sébastien en 1878, rédigé par l’un de ses amis et accompagnateurs, « Don Emilio » de Mugron (de son vrai nom Emile Pédedieu), et imprimé dans l’Almanach de la Course landaise pour 1912.

Paul Daverat, le séducteur…

Nous avions déjà noté que notre grand Paul Daverat avait une élégance naturelle exceptionnelle. Nous apprenons maintenant que c’était également un grand séducteur… En voici la preuve dans l’article que lui consacre Jean Fonclar dans la Revue générale : littéraire, politique et artistique, 5e a., 1887, p. 63-64.
« « Tout Paris » a battu des mains à l’agilité de Paul Daverat. Le grand écarteur landais a, sur les rives de l’Adour et tout alentour, une réputation prodigieuse. Point de ville, point de bourgade qui à ses « corridas de toros » ne veuille l’avoir. Et il n’est pas rare de voir fonctionner la « cuadrilla » Daverat et Hinx à côté des « cuadrillas Mazzantini », « Fernandez Valdemore » ou de quelque autre lourdaud espagnol que Madrid, Séville et Saint-Sébastien ont acclamé… de huées.
L’on ne sait peut-être pas que Daverat est un homme heureux… et à bonnes fortunes. Les femmes du pays sont fières de lui, et les dames, les grandes dames, ne dédaignent pas de lui sourire… au moins.
C’était en août dernier [1886], dans une petite ville d’eaux resserrée par les massifs pyrénéens. Les gradins des tribunes étaient ornés de quelques centaines de toilettes, et Daverat faisait merveille. Les bravos éclataient de toutes parts ; une jeune dame, « au teint bruni » d’Andalouse, se fait remarquer en lançant un cigare. Daverat se baisse et salue… presque avec élégance. Je sentis à côté de moi un petit trémoussement d’indignation ; je me retournai : c’était Rose, la jolie servante de l’hôtel, une Béarnaise de Coarraze, au fichu crânement enroulé sur le derrière de la tête, qui s’agitait. Je remarquai alors que les couleurs du fichu de Rosette et celles de la culotte de Daverat étaient d’un bleu d’une étrange ressemblance.
La fanfare municipale sonne quelques refrains discordants, et une autre vache (les Landais n’opèrent pas avec les taureaux !) fait son entrée dans le cirque : nouveaux sauts, nouveaux bravos. Cette fois, la dame jette son mouchoir, un mouchoir brodé ; Daverat s’incline. Je sens à côté de moi le trémoussement qui s’accentue, et les yeux de ma voisine brillent de courroux contre sa rivale à chapeau. Nouvelle course, nouveaux applaudissements. C’est le tour de l’éventail, et Daverat fait à l’inconnue sa plus gracieuse révérence. Aussitôt, d’un brusque mouvement, la fille de Béarn déroule son fichu et le lance au milieu du champ de courses… Je dois dire que Daverat ne bougea pas, et, de dépit, la petite Rosette quitta la place.
Le lendemain, la rumeur publique m’apporta que Daverat et la dame « au teint bruni » s’étaient rencontrés… par hasard, et qu’elle lui avait donné le bout des doigts à baiser… Simple bruit !
Huit jours après, nouvelle « corrida de toros ». La belle Espagnole n’était plus là, mais Rose s’y trouvait, en fraîche toilette, et cette fois sa main gantée faisait aller un bel éventail… que je reconnus. »

Une nécrologie…

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Parmi ses nécrologies, voici celle parue le 22 mars 1890 dans un périodique national, Le Monde illustré (34e a., n° 1721, , p. 192) accompagnée de la très belle gravure ci-dessus, réalisée d’après la photo que nous avons publiée plus haut.
« L’écarteur Paul Daverat.
L’un des héros des courses landaises, Paul Daverat, a succombé récemment. Doué d’un sang-froid extrême, en possession de tous les secrets de la course, il n’avait pas son pareil pour sauter par-dessus la bête, à pieds joints, et souvent les jambes nouées avec un mouchoir.
Daverat n’était pas seulement un sauteur hors ligne, il était encore un écarteur de premier ordre. Une impérieuse vocation l’avait poussé tout jeune dans la carrière qu’il avait embrassée, et dès le début il obtint des succès étourdissants. Dans les arènes des Landes, du Gers et des Basses-Pyrénées, il recueillit des applaudissements chaleureux.
En Espagne, à côté des plus célèbres, auprès de Frascuelo et de Lagartijo, il obtint, par l’originalité de son  jeu, les suffrages de l’assemblée. C’est aux arènes du boulevard Saint-Genès, fondées par lui à Bordeaux, l’été dernier, qu’il remporta ses derniers triomphes. A l’heure où la tauromachie commence à s’implanter dans les mœurs parisiennes, et où l’on prend goût à ce genre de spectacle, la physionomie du champion français intéressera particulièrement tous ceux qui sont friands des jeux périlleux de l’arène. »

Kroumir 1er (Charles Dunau, dit)

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Je vous ai récemment parlé de celui qui réalisa le premier saut périlleux, le célèbre Charles Dunau, dit Kroumir 1er. Il était né à Saint-Pierre-du-Mont le 21 novembre 1862, et son nom, comme ici sur ce document, est parfois orthographié par erreur « Dunoau » ou encore « Dunouau ».

« Dès 1880, Charles Kroumir fait partie des meilleurs feinteurs de sa génération. On le retrouve parmi les meilleurs de la cinquantaine d’écarteurs présents dans les arènes de Saint-Sever pour la Saint-Jean de 1886 mais aussi à la Madeleine. Le 3 août, à Peyrehorade, alors que la pique règne dans la piste, Le Kroumir tourne le premier saut périlleux de l’histoire au-dessus du toro Mazzantini du ganadero Lagardère ; la foule, debout, l’acclame pendant près de vingt minutes !!! Il renouvelle sa prouesse, huit jours plus tard, à Mugron où l’ovation populaire durera un quart d’heure !! Ses exploits vont lui permettre d’appartenir aux cuadrillas les plus célèbres de l’époque. En [18]87, il travaille à Paris devant plus de 10 000 personnes avant de se classer parmi les tout meilleurs aux fêtes de Dax puis de se faire « sérieusement culbuter » dans les arènes du Jeu de Paume à Biarritz. En [18]88, il se distingue à Bordeaux, puis à Aire et enlève le premier prix de 100 fr. en compagnie du grand Marin Ier pour le 14 juillet à Dax. En 1889, dans la plénitude de l’âge, Le Kroumir fait partie de la cuadrilla de l’élite des écarteurs landais qui va montrer la course landaise au monde entier dans le cadre de l’Exposition universelle à Paris. En [18]90, il retrouve les arènes de la rue Pergolèse dans la capitale avec un contrat de 250 fr. par course (…). En [18]91, il se met en vedette à Mont-de-Marsan, le 24 mai, lors de la venue du Président de la République Sadi-Carnot, avant de participer, avec la cuadrilla du Provençal Le Pouly, à une tournée triomphale en Espagne et au Portugal où Kroumir connaît des succès énormes à Madrid et Lisbonne. Il restera même dans la capitale portugaise et participera à des spectacles, seul, encadré par des cuadrillas du pays, soulevant les foules à chacune de ses exhibitions. Puis il fera un bout de chemin avec Félix Robert dans le Midi et même en Algérie. On le retrouvera ensuite dans la cuadrilla de Marin Ier et sera même sélectionné pour le concours tauromachique de Bayonne en 1896 avec les maîtres de l’époque. En 1901, à presque 40 ans, il remporte le troisième prix de la Madeleine.
En 1902, Kroumir s’essaye au rôle de teneur de corde et très vite il va devenir l’un des meilleurs sous les ordres du ganadero Dubecq. En 1903, lors d’une course à Dax, il touche pour sa prestation au bout de la ficelle, un prix de 50 fr., égal au second prix des écarteurs. Mais un jour de course de 1906, dans les arènes de Bordeaux, Kroumir Ier s’effondre : le maître du saut périlleux est tombé au champ d’honneur des écarteurs. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 260-261 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)

Nous possédons un témoignage circonstancié sur la mort tragique et subite du grand Kroumir en cette journée du 30 septembre 1906. Il est paru dans L’Avenir d’Arcachon du dimanche 7 Octobre 1906 qui nous fournit les détails sur cet événement, et en particulier sur les troubles qui s’ensuivirent et sur les conséquences qui en résultèrent.
« Arènes Landaises – Un teneur de corde, M. Dumau [sic] dit Kroumir Ier, dont nous avons souvent applaudi l’habileté et le sang froid dans les Courses Landaises données par le ganadero Dubecq aux Arènes Arcachonnaises des avenues St-Ferdinand et Nelly-Deganne, vient de mourir subitement. Les détails qui suivent sont empruntés à un confrère de Bordeaux : « La course landaise donnée dimanche aux arènes de la Benatte suivait son programme sans incident. Il y avait environ 3.000 spectateurs sur les bancs du cirque. Vers cinq heures entrait dans l’arène la « Paméla » tenant le dixième numéro. Très vive, elle sortit du toril et pénétra cornes baissées. La corde était tenue par M. Charles Dumau [sic], dit « Kroumir », âgé de quarante-quatre ans. A peine la bête avait-elle franchi la talenquère, que Kroumir tomba la face en avant sur le sable. Le malheureux venait de succomber subitement aux suites d’une affection cardiaque dont il souffrait depuis longtemps. On fit rentrer « Paméla » pendant qu’on s’empressait autour de Kroumir, qui fut emporté dans la chambre de secours. Mais tous les soins furent inutiles, il était mort. M. Rodriguez, directeur des arènes, se présenta alors devant le public et lui fit connaître le triste événement, demandant s’il devait faire continuer la course. Beaucoup de spectateurs, la presque unanimité des places à prix élevés, se retirèrent fort émus. Mais – et cela est malheureux à constater – ceux des places secondaires protestèrent, réclamant la continuation du spectacle, criant : « Continuez ou nos vingt sous ! ». Comme les écarteurs ne reparaissaient pas, les bancs furent en partie arrachés et jetés dans l’arène. L’un d’eux blessa même le gardien de la paix Ricard. Il faut dire que le service d’ordre n’était assuré que par quinze gardiens et deux gendarmes, qui forcément étaient impuissants à maintenir les manifestants. A un certain moment, une bande d’individus aux allures suspectes sauta sur la piste et tenta d’allumer un tas de bois. La police intervint et les mit en fuite. Cependant, on avait téléphoné à la Permanence et, vers six heures, M. Dollié, officier de paix, arrivait avec plusieurs brigades d’agents. Énergique comme toujours, il fit vivement évacuer les tribunes, dans lesquelles des individus se mirent – pourquoi ? – à hurler l’ « Internationale ». Enfin, à six heures un quart, la place était nette, mais dans les rues Chevalier et de la Bénatte, la foule se pressait criant, mais cependant se tenant à distance respectueuse des chevaux des gardes municipaux qui venaient d’arriver. M. Merly, commissaire du dixième arrondissement, et M. Monet, commissaire du quatrième, avaient la direction du service d’ordre. Ils ont dû se multiplier pour empêcher qu’une émeute ne se produisit. Un de nos confrères, M. Lassime, du Nouvelliste, a été blessé au bras et à une jambe en descendant les degrés de la tribune dans laquelle il se trouvait, une planche ayant cédé sous ses pieds. Nous espérons que cet accident n’aura pas de suites fâcheuses. A sic heures et demie, le public était refoulé dans les rues avoisinantes, et le quartier reprenait son aspect habituel. » – Après les incidents regrettables qui se sont produits dimanche, incidents qui se renouvellent à presque toutes les courses espagnoles ou landaises qui se donnent dans ces arènes, M. Rodriguez a abandonné la direction de la plaza de Bordeaux. »

1886 : Le premier saut périlleux

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C’est le 3 août 1886, dans les arènes de Peyrehorade, qu’eut lieu un événement qui allait marquer durablement la course landaise : « ce jour-là, en effet, pour la première fois de mémoire d’homme, Charles Kroumir franchit le taureau en exécutant le saut périlleux ! » (Clic-Clac).

En fait, cette révolution (dans tous les sens du terme) fut la conséquence d’une banale rivalité entre deux écarteurs-sauteurs, Charles Kroumir et Paul Daverat. Lors de la 1e sortie, Kroumir répondit aux sauts de Daverat par un saut à la course, mais à la seconde il sentit qu’il devait se surpasser pour battre le champion, et c’est là qu’il réalisa ce fameux et tout premier saut périlleux de l’histoire de la course landaise. Le détail de cet événement fut narré en son temps par P. Séris, et je le publierai un jour en entier. Qu’il me suffise aujourd’hui de retranscrire ce que Clic-Clac en retint:

« La stupéfaction des amateurs fut grande, lorsqu’on vit pour la première fois, à Peyrehorade, le Kroumir tournoyer en l’air et retomber légèrement sur ses pieds. Pendant une demi-heure la course fut interrompue, le public ne cessant d’applaudir et de rappeler le Kroumir ».

C’était il y a 132 ans… Aujourd’hui le saut périlleux est devenu presque banal, et le saut périlleux vrillé devient un incontournable de la panoplie du sauteur. Autres temps, autres mœurs…

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L’image que nous vous présentons ici pose un certain nombre de questions. En effet, elle a parfois été publiée dans ces dernières décennies comme étant la photo de ce premier saut périlleux réalisé en 1886 par Kroumir dans les arènes de Peyrehorade. Or voici le même document reproduit en première page d’un numéro de l’Echo de l’arène en 1912 (le 6 octobre précisément) avec une légende extrêmement détaillée qui localise les arènes, donne le nom du ganadero et même celui de la vache ! Alors, Peyrehorade ou Bordeaux ?

Un anniversaire cette année : le premier saut d’un taureau de corrida (16 août 1878)

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La scène se passe dans les arènes de San Sebastian, lors d’une corrida dont le grand Frascuelo était chef de lidia. En fait, elle devait se dérouler le 15 août, mais le mauvais temps l’avait fait reporter au lendemain. Parmi les spectateurs, quelques Landais dont le jeune Paul Daverat, originaire de Laurède. Il avait décidé le matin même qu’il sauterait l’un des toros de cette corrida, et avait obtenu pour cela l’autorisation du directeur de la plaza, du maire de la ville et surtout de Frascuelo qui lui aurait dit, selon certains témoins  : « J’accepte : tant que vous aurez les pieds par terre vous serez sous mon autorité, quand vous aurez les pieds en l’air, vous serez dans la main de Dieu ».

Paul Daverat décide de tomber la veste, le gilet et les chaussures au 4e toro ; il se retrouve alors au centre de la piste devant un terrible pensionnaire de la ganaderia du Marquis de Miraflores, de Colmenar Viejo, et sous les huées d’une foule déchaînée contre lui. La bête fonce alors et, au dernier moment, Daverat s’envole dans un saut à pieds joints exceptionnel. Après les insultes, il a droit à une explosion de vivats, et à une oreille remise en main propre par le matador Frascuelo… L’année suivante, à la date anniversaire, Paul Daverat reviendra dans ces mêmes arènes renouveler son exploit. Sa célébrité était faite.