Caprice de femme, caprice de vache…

tetevache1

La course landaise va parfois se nicher dans des recoins inattendus… Voici où je l’ai découverte, dans un ouvrage consacré en 1900 à la psychologie féminine, et même plus précisément dans un chapitre intitulé « Formes de la volonté féminine : le caprice » !

« Mais le caprice leur est naturel, et il serait faux de se figurer qu’il est de leur part systématique et voulu. Non, c’est très innocemment que leur vouloir est plein de surprises et d’imprévu. Un écarteur landais, expliquant à un curieux les courses landaises, s’écriait : « Un taureau, voyez-vous, est moins dangereux : on finit toujours par le connaître… Une vache, on ne la connaît jamais. » Peut-être n’était-ce qu’une malice. Mais si le fait est vrai, disons que la vache landaise n’est pas plus à blâmer pour ses coups que la jolie femme pour ses caprices ; la cause est, de part et d’autre, la soudaineté des impressions. »

Je vous en laisse juge !

Psychologie de la femme : études de psychologie féminine / par Henri Marion,… ; [publié par M. A. Darlu], Paris, A. Colin, 1900, p. 232-233

Les tampons des cornes

tetevache

Ce n’est qu’à la suite de nombreux et dramatiques accidents que l’on imagina de mettre des tampons aux cornes des bêtes pour protéger les acteurs des courses landaises. Au départ, dans le dernier tiers du 19e siècle, ce n’était cependant qu’une pratique réservée au bétail le plus dangereux. Don Casanova, dans son Historique de la ganaderia Dubecq, nous fournit des renseignements très précis sur l’évolution de cette protection et les tâtonnements de sa mise au point.

Vers 1882, la vache Calva avait tué un écarteur amateur en place de Pontonx. « A la suite de ce tragique événement, on lui mit des tampons en plomb : ce fut la première vache tamponnée de la ganaderia Dubecq. L’usage de ces tampons ne donna pas satisfaction : le plomb, matière peu résistante, se déformait lorsque la bête frôlait les talenquères, ou bien se perforait peu à peu sous la poussée de la corne.

Dubecq père se décida alors pour les tampons en acier, taraudés à l’intérieur de façon à pouvoir se visser sur l’arme de la bête. Mais dans la pratique, ce système fut reconnu défectueux en ce sens que le choc de l’acier était très dur et le tampon vissé risquait d’occasionner la rupture de la corne lorsque la vache donnait la coup de tête de côté ou heurtait un obstacle quelconque : refuges, talenquère, etc.

Le tampon en bois, renfermé dans une gaine de cuir, ne présentant pas les mêmes inconvénients, fut adopté plus tard : c’est le seul d’ailleurs, dont on fasse usage aujourd’hui. »

Aujourd’hui, les tampons réalisés en chatterton sont plus « souples » mais les tumades sont toujours aussi rudes pour les écarteurs…

Le saut à la canne

saut_canne_1887_5.jpg

Les types de sauts réalisés lors des courses landaises au 19e siècle présentaient beaucoup plus de variétés qu’aujourd’hui, même si Nicolas Vergonzeanne et Louis Ansolabehere ont apporté ces dernières années quelques nouvelles figures. On pouvait ainsi voir par exemple des sauts en passant dans un cerceau, par dessus un chapeau tenu des deux mains ou bien encore comme ici par dessus une canne pliée en demi-cercle. Ce dessin représente Paul Daverat exécutant ce type de saut à Paris en 1887, lors des Fêtes du Soleil en faveur des inondés du sud-est.

Dans les années 1930, Gaston Destouroune, dit Mazzantini II, qui a été honoré en 2011 lors du pèlerinage de Bascons, remit à la mode ce type de saut comme il le fit pour le saut périlleux. On le voit ici « croqué » par Gaston Rémy dans cet exercice difficile.

mazzantini_remy_3.jpg

Le « paré »

dessin_ptt.jpg

Avant l’invention de la feinte en 1831, la figure qui s’exécutait jusqu’alors s’appelait le « paré » . Voici la description que Prosper Séris en fait :

« A l’époque déjà lointaine des Lamothe on n’écartait pas comme on écarte aujourd’hui. On plantait bien des lances, mais on ne faisait pas de feinte et on ne sautait pas. Pour devenir écarteur, il fallait d’abord être doué d’une grande force, car le jeu consistait à attendre la bête lancée à toute vitesse, à lui poser les mains sur le frontal et à détourner vivement sa tête en effaçant un peu le corps. »
Et il ajoutait :
« Avec les vaches landaises, dont nous voyons encore quelques types aux environs de Pouy, ce jeu peut sembler facile, mais il serait impossible, ou du moins extrêmement dangereux de le tenter avec le bétail espagnol que nous avons adopté.
On appelait ce genre d’écart : le paré. »

Les arènes de la Place Saint-Roch à Mont-de-Marsan (40)

mdm_st-roch

Avant la construction des arènes du Plumaçon, la Place Saint-Roch fut l’un des lieux privilégiés des courses landaises à Mont-de-Marsan. A partir de 1852, des arènes permanentes y furent installées, et ce n’est qu’à la suite de leur incendie le 19 juillet 1878 que l’on décida d’une construction en dur à Plumaçon, qui vit le jour 11 ans plus tard. Désormais, il ne fut plus question sur cette place que d’arènes démontables, édifiées uniquement pour l’occasion, mais l’on put continuer ainsi longtemps à venir y applaudir écarteurs et sauteurs. En voici la preuve avec l’une des cartes de la série « Landes. Courses landaises » éditée par Neurdein (ND) vers 1910. Elle n’est pas localisée mais l’on reconnaît la maison surélevée avec son toit balcon, que l’on retrouve en haut sur la carte de la place Saint-Roch, à l’extrême droite. Toute cette série (de 9 cartes à ma connaissance, n° 57 à 65) a donc été réalisée sur cette place, où l’on voit sur certains clichés un autre bâtiment reconnaissable : l’Hôtel du Cheval blanc.