1887 : Les grandes Fêtes du Soleil à Paris

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Le paséo de nos écarteurs lors des courses de 1887, croqué par le dessinateur Pranischnikoff pour Le Monde illustré

Ces grandes Fêtes du Soleil furent organisées par le Comité de la Presse au profit des inondés du Midi. De graves inondations avaient en effet touché tout le sud-est et en particulier la basse vallée du Rhône en octobre-novembre 1886. Elles se déroulèrent les 16, 20 et 23 janvier 1887 et connurent, contrairement à celles de 1861, un énorme succès. Les journaux de la capitale « furent unanimes pour adresser à nos courses, à nos écarteurs, à nos troupeaux les plus brillants éloges. Le comité de la presse décerna à nos courageux compatriotes les plus riches récompenses » (P. Séris). Elles furent surtout pour Paul Daverat l’occasion d’un triomphe éclatant.
Voici ce qu’en dit Prosper Séris :
« Les fêtes du Soleil au profit des inondés du Midi ont appelé à Paris : écarteurs landais, ganaderias landaises, quadrilles provençaux, manades provençales. Nous pouvons le dire avec un légitime orgueil : les courses landaises ont brillé d’un magnifique éclat. Sans ce luxe de costumes, de manteaux, sans ce décorum qui est le caractère particulier des toréadors espagnols et provençaux, nos écarteurs ont su captiver l’attention des Parisiens. Dans leur costume simple et coquet, sans grand apparat, n’ayant pour défense que leur agilité, leur courage, leur sang-froid, ils ont vivement impressionné le public toujours prêt à s’enthousiasmer pour qui montre le mépris du danger. Paul Daverat, Joseph Marin, Barrère, Lapaloque, Mouchez, Casino, Nassiet, Banos, Chéri et celui que l’on appelle quelquefois le sympathique Lamothe, étaient du reste de taille à représenter dignement l’élément landais. Le bétail landais a eu lui aussi sa grande part d’ovations dans ce tournoi tauromachique ; hâtons-nous de dire que les ganaderias landaises, toutes admirablement organisées, ne pouvaient être plus dignement représentées que par celles de MM. Baccarisse et Lagardère. »

Dès le 4 janvier, Le Gaulois se fait l’écho de ces représentations tauromachiques qui se dérouleront à l’Hippodrome et  dont chacune comprendra une course landaise, une ferrade et une course provençale. Il présente sommairement ce qu’est la course de nos régions dont « le clou de la fête, c’est le coup du béret. L’écarteur jette son bonnet à terre et met son pied dessus ; la difficulté consiste à taquiner le taureau, à l’exaspérer et à se soustraire à ses représailles sans que le pied bouge de place »…
Il ajoute que « le comité a traité, pour les courses landaises, avec MM. Baccarisse et Lagardère. Le quadrille landais se compose de MM. Josef Marin, chef de quadrille, surnommé à bon droit « le premier toréador des Landes », un beau gars, bien râblé, aux reins cambrés et aux épaules larges ; Barrère, dit Le Zéphir, sauteur incomparable ; Nassier, sauteur sans perche ; Lapaloque, écarteur sans rival ; Mouchez, Beaumont, Casino, Banos, Chéri, Candeau, écarteurs ». Mais il manquait à cette troupe un nom important : « Et Paul Daverat, me direz-vous, le fameux écarteur-sauteur ? Que les dilettanti se rassurent : Paul Daverat en sera aussi. »

La première de ces représentations eut lieu le 16 janvier dans un hippodrome bondé. Le Gaulois décrit avec emphase le paséo : « Les provençaux sont costumés à peu près en toréadors madrilènes, chacun d’une couleur spéciale (…). Ils sont nu-tête, tandis que les Landais portent le béret. » Ceux-ci « ont l’apparence plus nerveuse ; leurs formes, dessinées par les costumes collants, ont des lignes plus affinées. Ils sont vêtus de couleurs chatoyantes. Josef Marin, le premier toréador des Landes, est un gars bien planté. Il est en veste et culotte écarlates. » (…) Après la prestation des Provençaux :
« voici que le quadrille landais entre dans la lice. Il s’éparpille autour d’un jeune taureau brun et nerveux. La bête est maintenue par une corde longue d’une vingtaine de mètres dont un écarteur tient l’extrémité. La méthode des Landais diffère de celle des Provençaux : la course landaise a plus que l’autre l’air d’un jeu paysan ; elle a moins d’élégance, mais plus de caractère ; moins de finesse, mais plus de brusquerie virile.
Les hommes se dérobent aux coups de corne par des bonds et des sauts périlleux. Josef Marin et Paul Daverat sont d’une agilité prodigieuse ».

Le journal Le Matin en donna un compte-rendu plus circonstancié  le lendemain: .
« Course landaise » (1e partie)
« Les toreros provençaux ont disparu, cédant la place à la quadrille landaise. C’est un changement complet de spectacle. La vache, une bête de taille moyenne, tout en muscle et l’œil féroce, est retenue par une corde que tient un solide gaillard. De cette façon, elle est toujours ramenée en face de son ennemi, sur lequel elle fond du reste avec une énergie sans pareille. On assiste au triomphe de Joseph Marin, le chef de la quadrille, qui presque sans faire un mouvement l’évite avec un sang-froid extraordinaire. Puis Paul Daverat, un sauteur incomparable, se présente. L’animal pique sur lui, les cornes en avant. Déjà il baisse la tête, de ses naseaux il l’effleure, – l’émotion est à son comble – l’homme semble perdu. Mais, par un bond formidable, il a franchi la bête et il se relève gracieusement aux applaudissements frénétiques du public.
Ici un incident se produit, un écarteur a manqué son coup. La vache d’un coup de tête puissant l’a renversé, elle va le piétiner. Toute la quadrille s’élance, détourne l’attention de l’animal, et le jeune torero se relève étourdi. Ce n’est rien, du reste. L’écarteur regagne la barrière soutenu par un camarade, et, quelques secondes après, il se remet de sa chute et revient prendre sa place. »

Et voici le compte-rendu de la 2e partie de ces courses landaises du 16 janvier 1887 qui alternaient avec les courses provençales et la ferrade camarguaise.
« Les Landais succèdent aux Provençaux. Eux aussi pleins d’émulation, veulent remporter les prix destinés aux vainqueurs. Joseph Marin montre une audace folle. La vache rousse qui est amenée est mauvaise et nerveuse. Il l’évite presque sans faire un mouvement et chaque fois les cornes de la terrible bête l’effleurent sans le toucher. Paul Daverat, de son côté, multiplie les difficultés de ses exercices. C’est avec les pieds attachés qu’il exécute ses sauts incroyables par-dessus l’animal. Il prend la canne de notre confrère Charles Laurent et, s’en servant comme d’une corde, franchit la bête en faisant le saut périlleux. Des applaudissements frénétiques saluent son sang-froid et son adresse. Avec Le Pouli, il est le grand triomphateur de la journée. »

La deuxième course se déroule le 20 janvier dans une salle superbe où l’on remarquait une « affluence de jolies femmes et d’élégantes toilettes ». Le Gaulois note : « Quant aux Landais, Josef Marin est toujours le premier écarteur et Daverat le premier sauteur du Midi. »
La troisième et dernière, enfin, du 23 janvier, conclut avec succès ces spectacles tauromachiques. Le même journal s’en réjouit : « Après la représentation d’hier, qui a admirablement marché, sans un accroc, sans un accident, on peut dire que les courses de taureaux ont conquis leur droit de cité à Paris ».
Nos Landais y remportèrent des prix exceptionnels : une médaille d’honneur en or pour Paul Daverat, une épaulette aux armes de la ville de Paris, avec flots de rubans ornés de pierreries et une première médaille de vermeil pour Josef Marin, une quatrième médaille de vermeil pour Lapaloque, « écarteur sans rival », et des médailles d’argent pour Nassiet, Barrère, Banos, Chéri, Casino, Mouchez, et Lacroix. Marin reçut également une écharpe d’honneur de couleur rose, Daverat une rouge, Nassier une crème, Barrère une cardinal et Lacroix une « bleu gendarme ». Le chef de la cuadrilla fut aussi honoré d’un « diplôme de quadrille », et les ganaderos d’une bannière « en soie gris perle surmontée d’une étoile et de piques entrelacées ».
Le Gaulois narre les derniers instants festifs de ces courses : « La fête a été close par un défilé triomphal. Le public a maintes fois rappelé les toréadors, ne se lassant pas de les acclamer, de les accueillir par des applaudissements et des vivats frénétiques. Plusieurs assistants même les ont, à la mode espagnole, bombardés de fleurs et de cigares. »

Voici ici deux représentations de saut, un périlleux et un pieds dans le béret croqués par Pranischnikoff pour Le Monde illustré.

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Voici comment Le Monde illustré commentait la prestation de nos Landais à Paris :

« Les toréadors landais sont en même temps des gymnastes extra-ordinaires. Quand l’animal retenu par une longue laisse, à cause de l’étendue de la piste, se précipite sur l’un d’eux, par un demi-tour, par une génuflexion oblique, celui-ci échappe à la poussée de l’animal lancé à fond de train. (…) Un autre fait le saut périlleux en passant presque entre les cornes. Mais ce qu’il y a de plus étonnant dans le quadrille conduit par M. Joseph Marin, ce sont les sauts à pieds joints de Paul Daverat. Le taureau franchi, il retombe sur le mouchoir où il avait posé ses pieds avant ce bond extraordinaire. »

Nous publions ici deux autres des sauts dessinés par Parischnikoff pour ce journal, avec en particulier une belle posture du sauteur, jambes liées par le mouchoir, citant la bête.

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 Voici comment Le Gaulois du 17 janvier 1887 commençait son compte-rendu des courses de la veille :

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 En illustration, un écart vu par Parischnikoff pour Le Monde illustré.

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Voici enfin un dernier commentaire, qui nous fournit de précieux renseignements sur la plaza parisienne et le bétail que l’on y envoya. Il est tiré de L’Univers illustré, 30e a., n° 1662, du 29  janvier 1887.
« Les courses de taureaux à l’Hippodrome.
En dépit de toutes les critiques, le succès des courses de taureaux organisées à Paris au profit des inondés Midi a été considérable. L’aspect même de l’Hippodrome était curieux au plus haut point. L’arène avait été garnie d’une double palissade en planches très épaisses. La première, surmontée d’une triple rangée de cordages, confinait aux loges. Entre les palissades, un long couloir dans lequel se réfugiaient les toréadors poursuivis de trop près. En face des loges d’honneur l’orchestre ; à gauche, l’entrée réservée aux toréadors ; à droite, la porte du toril, copiée exactement sur celle des arènes de Madrid. Le toril avait été construit sur l’emplacement des anciennes écuries de l’Hippodrome. Il était composé de quatre boxes. Dans les deux premiers se trouvaient les taureaux de la Camargue ; dans les deux autres, les génisses des Landes. Parmi ces animaux, Bolta [ ?], qui a tué un homme à Dax, l’an dernier, et le taureau Mazzantini, redouté de tous. Une obscurité relative régnait dans le toril, qui n’était éclairé que par deux becs de gaz. Le toril était séparé de l’arène par un long couloir, que l’on faisait difficilement franchir aux bêtes. (…)
Viennent ensuite les Landais, ayant à leur tête Paul Daverat, Josef Marin et Lapeloquez [sic pour Lapaloque]. Josef Marin est en costume rouge et or. Paul Daverat porte un costume de velours bleu soutaché d’or. (…)
Les quadrilles landaises avaient à combattre cinq génisses : la Feillouquina, la Pamela, la Capuchina, la Dora, la Désirée et le fameux taureau Mazzanitni. Ce dernier a couru dimanche sans être tenu en laisse, selon la coutume du pays, et les spectateurs ont pu voir avec quelle précision, quelle ardeur, les Landais l’ont écarté ou franchi. La Feillouquina et la Capuchina méritent une mention spéciale. La première procède par bonds, par saccades brusques, et, si elle n’était pas tenue solidement en laisse, elle franchirait toujours la barrière à la suite des toréadors. La Capuchina, au contraire, est fort réservée. Elle ne beugle pas, ne rue pas, ne frappe pas le sol avec impatience ; calme, elle choisit son adversaire, et soudain s’élance quand il est à portée. Sa manière de se défendre est toute spéciale. »

 

 

Le premier ouvrage landais sur la tauromachie (1889)

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C’est en 1889 qu’est publiée sur les presses de l’imprimerie Jocou de Dax la brochure de Prosper Séris : « Tauromachie. Étude sur les courses de taureaux », la première du genre dans nos régions. Elle aborde les trois grandes catégories de la tauromachie d’alors, les courses landaises, la course espagnole et la course provençale, mais donne la place de choix à notre sport gascon (45 p. sur 80). Son objectif principal est de faire connaître l’histoire et la tradition de nos courses, afin qu’elles ne se transforment pas en un spectacle clinquant et sans âme. Séris voyait en effet se développer une certaine dérive, liée en partie à l’engouement croissant pour les corridas. Voici ce qu’il en disait dans son avant-propos :

« Nous sommes chaud partisan de tout ce qui peut leur donner le luxe, le décorum qui leur manque ; mais nous sommes résolument adversaire de tout ce qui pourrait changer les principes mêmes de la course. Le jour où nos écarteurs tenteraient de leur donner l’allure des courses provençales, par exemple, le jour où ils s’écarteraient de la correction dans les écarts que l’on exige dans les Landes, où ils lui enlèveraient ce qui en constitue le caractère de danger, de hardiesse qui lui est propre, la course landaise serait perdue [en italique dans l’édition originale] ».

2e étape : la mise au toril

Une fois arrivées dans les arènes, les vaches étaient comme aujourd’hui distribuées dans les loges.

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Voici une superbe image prise dans les arènes d’Orthez, avec au 1er plan le vacher accompagné de sa fameuse « bretonne » (la « pigue » en gascon), toujours présente aujourd’hui dans une loge ou le camion, prête à intervenir pour aider à rentrer ses congénères les plus récalcitrantes.

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Parmi les illustrations de l’étude de Dufourcet et Camiade parue dans le Bulletin de la Société de Borda en 1891, dont nous reparlerons dans la rubrique « Bibliographie », on trouve cette superbe photo des vaches arrivées dans les anciennes arènes de Saint-Sever, vers 1890. On y distingue le vacher accompagné de sa « bretonne » qui porte une cloche.

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Une photo (inédite je crois) trouvée récemment dans une revue taurine espagnole intitulée Pan y toros, n° 47 du 22 février 1897. Elle illustre, avec une autre image que je présenterai bientôt, un article signé « Saint-Jean » ayant pour titre : « Las corridas landesas ». Elle est située dans les arènes de Bordeaux (mais lesquelles ?) et on y voit le vacher près d’une coursière en train de manger en pleine piste.

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Pour s’y retrouver, les noms des vaches (le plus souvent à consonance espagnole) étaient inscrits à la craie ou parfois, comme ici, et cette fois-ci dans les nouvelles arènes de Saint-Sever , sur de beaux panneaux. On peut y lire « Capitana », « Carabinera », ou encore « Farolera ».

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1e étape : l’arrivée des vaches

Pendant tout le 19e siècle et jusqu’à l’Entre-deux-guerres, les ganaderos ne possédaient pas de camions comme aujourd’hui. Voici ce qu’en dit Gaston Rémy, dans son livre Les courses landaises. Souvenirs et croquis d’un revistero:

« Sans moyens de transport du bétail, les déplacements se faisaient à pied, de nuit, le long des routes et la colonne était encadrée de deux placides vaches laitières dont la marche agitait une sonnaille caractéristique. »

En voici un témoignage photographique des années 1910.

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Voici également le récit qu’en fait Jean-Charles Pussacq sur son blog:

« Bien avant la guerre de 1945, les vaches de course partaient du lieu où elles vivaient jusqu’à la place de course à pied. Le troupeau était conduit par 2 ou 3 vaches dont la conciliante bretonne portant à son cou la « toumbe », une grosse cloche, et accompagnées également par les chiens et l’âne qui portait les cordes. Le troupeau ainsi composé voyageait de préférence de nuit. Il arrivait 2 à 3 jours avant les courses et les vaches étaient attachées dans une étable proche de l’arène. »

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Voici une superbe image provenant des dossiers que Jean-Charles Pussacq m’a communiqués. C’est un document qui avait été retrouvé par sa sœur, Marie-Thérèse Beaumont, et qui provenait des archives de son beau-père. Nous y voyons un groupe de vaches de courses paisiblement installé sur la place de Geaune vers 1900, peut-être en attente d’un départ vers une nouvelle destination dans le Tursan. Pas de barrière, ni de clôture, mais le vacher ne devait pas être très loin…

Noël Giret (1875-1946)

Né à Mont-de-Marsan le 25 octobre 1875, décédé à Saint-Jean-d’Août le 7 octobre 1946.

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« Très bon écarteur de la fin du XIXe siècle et des débuts du XXe. Se risquant au maximum, les triomphes mais aussi les blessures vont jalonner sa carrière. En 1893, Noël Giret a le poumon perforé par la Maravilla de Dubecq, le 17 juillet à Barcelonne-du-Gers. En 1894, il travaille dans la cuadrilla du chef Candau. En 96, après une bonne prestation à Pau, il décroche le deuxième prix de 100 f. derrière son chef de cuadrilla mais à égalité avec le grand maître Marin Ier, à l’occasion de l’inauguration des arènes de Saint-Jean-d’Août. En 97, Giret enlève, à Samadet, un premier prix de 170 f. devant le bétail de Bacarisse, avant de fournir « le plus grand nombre d’écarts mais pas très serrés » à Labastide-d’Armagnac. Cette année-là, il triomphe pour les fêtes de Dax. (…) En 1901, il va connaître une grande saison: premier prix à Saint-Jean-d’Août et Bordeaux, troisième à Amou avec une somme de 120 f. et à Mugron où « ses écarts élégants » lui rapportent 130 f. En 1902, Giret remporte le premier prix de 200 f. du concours du 4 mai, à Bordeaux, opposant les troupeaux Bacarisse et Passicos, puis celui de 80 f. à Grenade-sur-l’Adour. Il triomphe aux fêtes de Dax où ses 121 écarts (44 le dimanche, 25 le lundi et 63 le mardi) lui valent le premier prix de 400 f. (…) En fin de saison, il sera « fortement bousculé » à Toulouse.En 1903, alors qu’il est l’une des têtes de la cuadrilla Monacot, attachée au ganadero Passicos, Giret est sérieusement blessé par la terrible Rayona à Bordeaux, lors de la première course du printemps avant de s’octroyer le deuxième prix lors de la course suivante. Face au bétail de Dubecq, il empoche le deuxième prix, le 26 avril, à Mont-de-Marsan mais le 2 mai, à Auch, il subit « une terrible cornada qui le laisse évanoui ». Pour les fêtes de Peyrehorade, effectuant pas moins de 56 écarts le lundi, Giret, « d’un courage remarquable et impressionnant » plein de « souplessse et d’habileté », remporte le premier prix de 200 f. (…) En 1905, Giret subit une très grave blessure à Saint-Justin. En 1907, les ganaderos Campan et Dupey l’engagent comme teneur de corde. L’année suivante, il intègre la cuadrilla du ganadero Dubecq pour les 11 courses de la saison.En 1909, il est engagé par les fils Passicos qui ont remonté la ganaderia (…). En 1911, il signe chez Portalier où il sera tête de cuadrilla pendant 3 ans (…). En 1914, Giret va travailler dans les cuadrillas du Syndicat des toreros dont il devait être par ailleurs président.
Après la Grande guerre, il ne quittera pas le monde de la course en tenant la corde pour des ganaderos de seconde zone et notamment chez Darnaudet dans les années 1920. »

Eléments biographiques tirés du Dictionnaire encyclopédique des écarteurs landais de Gérard Laborde (Editions Gascogne, 2008), p. 230-232 (avec l’aimable et amicale autorisation de l’auteur)