1648 : interdiction des courses du taureau dans le diocèse d’Aire-sur-l’Adour

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En janvier 1648, sur les instances du procureur général au Parlement de Bordeaux, Louis XIV publiait des « lettres patentes » portant interdiction de la course du taureau dans tout le diocèse d’Aire-sur-l’Adour. En fait, il essayait ainsi de faire respecter la prohibition que l’évêque d’Aire avait, l’année précédente, édictée par mandement et sous peine d’excommunication ! D’après ces lettres, il semble évident que l’interdiction épiscopale n’ait eu aucun effet sur les populations gasconnes et n’ait en rien abouti à son but : faire disparaître de son diocèse « la coustume et agitation des taureaux ». L’un des intérêts, et non des moindres, de ce texte est qu’il nous cite un certain nombre de villes et villages qui pratiquaient « ordinairement » ce type de course à l’époque : il s’agit de Saint-Sever, Mont-de-Marsan, Montaut, Hagetmau, Grenade, Cazères et Castandet (le texte ajoute sans plus de précision « et autres »). Le Parlement lui-même avait essayé d’abolir cette « pernicieuse coustume », mais (je garde l’orthographe de l’époque) « il a toutesfois esté impossible de la suprimer, mais au contraire il semble que quelques-uns du peuble, confirmés dans leur irréligion et endurcis dans leur obstination (…) ayent faict revivre ladicte course en plusieurs desdictes villes et bourgs où elle avoit esté délaissée, et en d’autres ils ont faict courir plus grand nombre de taureaux qu’il n’en couroit avant lesdictes deffences ». Certains taureaux auraient même été lachés pendant les messes ou les prêches de l’évêque, et seraient rentrés dans les églises jusqu’à l’autel ! On y apprend également que l’on nommait chaque année des « officiers » qui formaient la « compagnie de la course du taureau » et dont le rôle était en particulier de faire des collectes d’argent auprès de la population pour l’organisation de ces réjouissances. Enfin, ces lettres signalent que ce type de course a été définitivement « déraciné » de la ville de Bazas depuis 1626. Ce ne fut pas le cas dans nos contrées, où cette interdiction eut aussi peu d’effet que les précédentes…

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